Notre quête

Aucune nostalgie de notre part sur notre parcours pour devenir parents. Nous referions la même chose pour rencontrer notre fils. Il n’y a pas de regret, plus de tristesse, en pensant aux échecs de pma même pour notre essai de deuxième enfant.

Cependant, quand je regarde dans le rétroviseur de notre vie, je prends encore plus conscience que notre trentaine a été émaillée par ce projet d’avoir un enfant ! Nous avons passé un tel temps pour arriver jusqu’à lui ! Jamais je n’aurais lâché et j’ai tout donné pour y parvenir. J’aurais pu faire différemment, en m’épargnant de lourds traitements de pma, mais je voulais tant être maman!

Puis une fois que je le suis devenue, après avoir goûté à ces moments tant imaginés et devenus une réalité assez « parfaite »(car Mister A était très facile, nous étions ébahis, en admiration devant ce bébé) on s’est remis dans la nouvelle quête, celle d’un deuxième enfant. D’ailleurs ce dernier embryon je l’avais appelé « Cerise »(sur le gâteau).

C’est rigolo, je commence à devenir une des anciennes de mon service (pourtant j’ai que 42 ans) et dans mes plus jeunes collègues (de 10 ans de moins), le projet d’enfant n’est pas forcément existant, voir n’existera pas par choix. Le delta est tellement grand par rapport à moi qui me suis accrochée jusqu’au bout de mes forces, surtout psychologiques, pour même repartir en pma après avoir adoptée ! Je me suis faite opérer de l’endometriose pour donner le plus de chance à notre dernier embryon. J’étais archi obnubilée et déterminée à y arriver coûte que coûte !

Je ne sais pas si j’ai raconté ici comment tout s’est arrêté. En décembre 2018, nous avions engagé une dernière fiv avec don d’ovocyte. Nous avons été appelés par le chu, une donneuse venait de nous être attribuée. J’étais épuisée, le dernier échec ayant eu lieu en octobre, 2 mois avant. En recevant l’appel qui était une véritable surprise tant le délai avait été court, j’ai décidé qu’il fallait mettre fin à tout ça, passer à autre chose en commençant par prendre soin de moi qui était en train de craquer. Avec beaucoup de tristesse et d’ambivalence, sachant que c’était un choix de raison et non du cœur, j’ai dit « Ecoutez je crois qu’on va annuler, je suis fatiguée, je ne vais pas bien ». C’était très dur sur le coup mais nécessaire. Et dans les mois qui ont suivi, j’ai donné tous les habits, l’équipement de bébé que j’avais mis de côté « au cas où ». Il a fallu refaire un processus de deuil d’un projet hypothétique de deuxième enfant. Ça a mis quelques mois mais il était temps que la quête s’arrête et qu’on vive dans le présent, à 3.

Gratitude du jour

Objectif, transformer un élément de vie négatif en quelque chose de positif…

J’ai pas eu a chercher très loin : « Merci à l’endometriose qui m’a apporté une infertilité multiple en s’attaquant à mes ovaires et à la sphère pelvienne. Grâce à mon manque de fécondité, j’ai pu devenir maman par adoption de notre fils qui me fait le cadeau de travailler sur moi (double effet kiss Kool).

Sans cette infertilité, jamais je n’aurais croisé le chemin de ce petit garçon, mon petit garçon et il en vaut vraiment le coup. Il est plein de vie, ne laisse pas indifférent, tantôt charmeur, clown, tantôt très en prise avec ses émotions. Je suis la maman de ce petit bonhomme là de bientôt 5 ans et demie et je l’aime inconditionnellement.

Pour le rencontrer, je ne changerais rien de notre vie et notre parcours.

RQTH acceptée

4 mois après ma demande auprès de la MDPH, j’ai eu un accord de RQTH (Reconnaissance en qualité de travailleuse handicapée). Ca peut surprendre certains car mon « handicap » est invisible la plupart du temps (comme celui d’une personne handicapée sur 5).

Quand j’ai un peu dit que j’avais cet accord ça a pu étonner, même les personnes qui savent que j’ai une endométriose. Moi j’y ai vu une reconnaissance de ma maladie, une légimitimité. Le but est de pouvoir aménager mes conditions de travail pour me préserver dans le présent et pour les années à venir. Je l’ai encore plus compris en lisant cette définition :

RQTH : Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé : « Est considérée comme travailleur handicapé toute personne dont les possibilités d’obtenir ou de conserver un emploi sont effectivement réduites par suite de l’altération d’une ou plusieurs fonctions physique, sensorielle, mentale ou psychique. »
Cette reconnaissance ouvre droit à un certain nombre d’avantages pour la personne handicapée (orientation professionnelle par la CDAPH ou formation, aide des Cap emploi, aides de l’Agefiph ou du Fiphfp, etc.) et pour l’employeur (obligation d’emploi, aide au poste, etc.) ».

J’ai eu je crois 3 mois sans trop de douleurs fin 2020, début 2021 mais alors en avril, pendant 5 jours, une bonne crise m’a rappelé que ce ‘handicap » était bien là. Les douleurs ont été fortes, froides par rapport à d’habitude, une sensation de raideur absolue dans mon bas ventre. J’étais en difficulté, même avec des antagiques, pour avancer sur 10 mètres. J’ai bien senti passer le côté imprévisible des fréquences et des douleurs liées à la maladie. J’ai donc bien réfléchi à ce qui pouvait sur le long terme, me soulager.

J’ai écrit à la DRH en joignant ma notification (j’attends toujours une réponse). J’ai finalement trouvé un référent handicap qui m’a donné quelques informations sur la RQTH dans le monde du travail. En résumé, au niveau du management, il peut y avoir des aménagements quand il y a des problèmes de santé mais une notification de la MDPH est une reconnaissance officielle. J’ai rencontré ma chef avec qui j’ai échangé sur mes idées . Je l’ai trouvée ouverte et impliquée. Je suis allée re(voir) la mèdecine du travail et nous avons donc acté (rien d’exceptionnel, mais je pense que je n’avais pas besoin de plus) :

  • 1 jour de télétravail par semaine pour motif médical
  • 1 jours supplémentaire de télétravail par semaine en cas de crise et fortes douleurs (elles sont à mon appréciation).
  • 1 équipement de télétravail (Alors qu’avant je me déplaçais avec mon ordinateur portable entre la maison et le travail, là je suis tout équipée chez moi. Comme ça si je matin, je ne le sens pas niveau douleurs, je sais que j’ai tout à mon domicile pour remplir mes missions professionnelles).

Avec les négociations en cours suite à la crise sanitaire, syndicats, délégués du personnel et RH réfléchissent à maintenir le télétravail 1 à 2 jours par semaine dans mon service donc finalement je pourrais me dire « tout ça pour ça » mais je me dis plutôt : « j’ai fait cela pour mon avenir et désormais mon temps partiel et mon jour de télétravail sont de droit » . Voilà, ça change tout et c’est positif.

Reconnaissance de travailleuse handicapée, maladie chronique et monde du travail (partie 1)

Depuis un an, avec mes collègues, je suis en première ligne face aux demandes croissantes d’aide, d’accès aux droits, d’informations, d’accompagnement d’un public précarisé . Sur le premier confinement j’ai « télétravaillegardé ». Je m’occupais de Mister A, j’avais plein de rôles différents à la maison : maîtresse, coach sportive, lingère, cuisinière, maman et professionnelle. Ni tout à fait au travail, ni tout a fait disponible en tant que maman, il y a eu des journées difficiles, des moments de crise mais j’ai occupé ma place dans la vie de mon service même avec mes contraintes familiales. Toute mon équipe a fait de même. Après 3 mois et demie, je suis revenue physiquement au travail et en juillet on a eu une réunion de service avec le Grand Chef. Les compliments ou plutôt la reconnaissance a été rapide. On est vite parti dans le dur du sujet, la reflexion autours de notre nouveau projet de service. Nous avons parlé des avantages du télétravail mais en retour le Grand Chef a eu ces phrases qui m’ont semblé assez « rétrogrades » et complètement à l’inverse de l’ère du temps et de l’évolution de la société : « Venir au travail doit représenter un effort. Faire un trajet, se déplacer pour venir à son bureau, c’est quelque chose de l’ordre d’un effort et c’est ce qu’on demande. Le travail ce n’est pas le confort. Le télétravail c’est confortable mais ça ne restera pas comme ça après. Je ne suis pas pour ».

Ni une, ni deux, ces phrases ont été un déclic et je me suis dit que j’allais faire une demande de RQTH (reconnaissance en qualité de travailleur handicapé) auprès de la MDPH ainsi que la demande de la carte Mobilité Inclusion pour m’assoir dans les transports en commun. J’ai remarqué que l’émergence du télétravail dans ma vie professionnelle m’avait permis une meilleure santé au moment du bilan de fin d’année. Depuis 2 ans, je suis sujette à des douleurs et une fatigue assez chroniques liées à l’endométriose alors mon confort ou plutôt la prise en compte des conséquences de ma maladie pour aménager mes conditions de travail, je me suis dit que c’était pour maintenant.

En une après midi, j’ai précisé mes attentes :

  • pour ma vie professionnelle :  » Ma maladie induit des douleurs chroniques dans les membres pelviens et inférieurs et une fatigue physique s’installe. J’apprécierais de pouvoir m’économiser si besoin en ayant par exemple une partie de mon activité réalisée de façon régulière en télétravail. Cette reconnaissance me permettrait d’aménager mon temps et ma façon de travailler en fonction des crises au caractère imprévisible ».
  • pour ma vie personnelle : « mon trajet domicile -travail représente 1h30 par jour , je sollicite la carte de priorité pour obtenir une place assise dans les transport en commun ».En crise, les douleurs sont accentuées par les vibrations, les imperfections de la route ou de la conduite. Je suis plusieurs fois descendue à mon arrêt les larmes aux yeux trouvant les trajets interminables et usants j’ai donc précisé : « Rester debout lors de crises est parfois assez insupportable. Une place assise permettrait d’apaiser les crampes, contractions, limiter les mouvements, vibrations que subit mon corps en position debout ».

Puis j’ai fait remplir le certificat médical de la MDPH ( Maison Départementale des Personnes Handicapées) par ma gynéco qui a validé les demandes. J’ai ajouté mes comptes rendus médicaux des 2 opérations et d’examens (IRM, echographies).

Après un délai de rendez-vous de 3 mois, j’ai rencontré le médecin du travail. Je me sentais légitime dans mes demandes mais vis à vis de mon employeur, je ne savais pas jusqu’où je pouvais aller en terme de préconisations entendables. J’ai lu que certaines filles ont besoin d’être proches des toilettes, d’avoir des horaires flexibles en fonction de la fatigue ou pour se rendre à des rendez-vous médicaux. Ma demande à moi c’était de valider l’intérêt du télétravail un jour par semaine. Il m’a en plus été proposé d’avoir la flexibilité d’être dans cette disposition d’aménagement aussi de façon ponctuelle et non prévue, dans le cadre de douleurs trop importantes. Sur le coup, je ne savais pas trop quoi en penser. Avec du recul, je réalise que ce n’est pas du luxe même si l’arrêt de travail a aussi son utilité quand seul le repos est salutaire.

L’endométriose est invalidante je me suis dit je tente et on verra bien. J’ai déposé ma demande en décembre. Niveau douleurs c’était un peu l’accalmie. J’étais un petit peu « fière » de ma démarche.

Grandir

Lors d’un dernier article je disais que j’étais « fière de nous » et que je comprenais mieux Mister A. En fait, entre temps, j’ai reperdu le monde d’emploi de notre loulou ! En prenant du recul, c’est logique car ce qui marche un jour, ne marche pas toujours. Même s’il y a des petites régressions, qu’il faut accepter le temps que l’orage passe, Mister A grandit et change. J’ai l’impression qu’au niveau de son développement psycho émotionnel (oui ça fait très psy de dire ça) il y a eu un cap de passé juste après ses 4 ans. J’ai l’impression qu’on a franchi le pic du « terrible twoo » (cette petite adolescence entre 2 et 4 ans). Ce que je suis contente de ne plus autant mettre d’énergie au quotidien dans la construction de cette relation! Honnêtement il n’y avait pas le choix mais on a beaucoup donné sur le sujet. Cet été on a revu une psychologue pour enfants car il y a eu quelques expériences de journées  complètement affreuses qui font gentiment « sauter les plombs », « exploser la cocotte minute ». Ca nous a redonné des pistes pour que Mister A et nous évoluions plus sereinement.

J’ai compris à travers les difficultés qu’on a traversées ce qu’était en soi, dans ma chair (ou mon cœur), l’amour inconditionnel. Je le résumerais par cette phrase trouvée dans un livre enfant « Quand je te regardes et que tu me regardes, je me demandes quelle personne merveilleuse tu seras. Tu deviendras la personne que tu voudras et je t’aimerais toi, qui que tu sois ». Mister A avec ses fameuses antennes qui vont chercher dans les failles de ses parents m’a fait le cadeau de me faire évoluer avec lui depuis ses 22 mois.Il m’a fait découvrir des tomes entiers de réflexions autours des émotions et de la colère. D’ailleurs, on a une bibliothèque très fournies de livres jeunesse autours de ces sujets.

Pour Mister A, nous faisons attention à garder des rythmes et des rituels (heure de repas, routines sous forme de pictogrammes pour avoir un support visuel quand répéter ne sert à rien faute d’attention). Nous étions bohèmes, nous avions un enfant qui a 18 mois se  réveillait en souriant à minuit lors de nos vacances au ski pour une balade du chalet de nos amis vers le nôtre, ca c’est complètement fini. Maintenant, les changements d’habitude peuvent le déséquilibrer. En ce sens, le temps de prendre nos marques, le mois de septembre a été éprouvant entre les exigences ou résolutions que l’on se met avec la nouvelle rentrée et le changement de rythme. Au retour de la garderie périscolaire, nous avions un enfant fatigué (par moins de temps de sieste), un peu affamé (il ne mangeait pas à la cantine), excité de sa journée ; c’était le cocktail parfait pour avoir du mal à supporter les frustrations et partir en colère (ou pleurs de déchargement). Alors on a trouvé des astuces pour nous adapter à lui. Les principes de repas équilibrés ou de ne pas manger entre les repas, on les a mis sous le tapis. Ce n’est pas un combat éducatif qu’on a choisi pour l’instant. Notre enfant a faim à 18h alors c’est très simple, pour qu’il passe à autre chose, que l’un de ses besoins essentiels soit rempli et qu’on vive dans un climat agréable, il mange (un pitch, un gâteau, du wasa avec du kiri, une compote, on s’en fiche il mange). Ensuite on ne tarde pas à faire des repas ensemble assez tôt (avec une super appli de programmation de repas sur mon téléphone, qui m’a changé la vie, a baissé ma charge mentale) et s’il ne tient pas ,il mange avant. La faim chez Mister A c’est terrible, c’est ce qui le fait dégoupiller émotionnellement. Encore très récemment il n’arrivait pas à l’exprimer et face à un enfant complètement en crise, je passais à côté de la faim, pensant qu’il avait mal ou froid ou ne voulait pas marcher …. Bref, il a faim, il mange.

A l’école, on nous a dit qu’il n’avalait rien (on le pressentait, mais l’année dernière les retours n’étaient pas dans ce sens). Dès qu’on l’a su, en octobre, on a tenté de prendre les choses en main en le préparant mentalement au menu du lendemain. Chaque soir, on a listé ce qu’il allait manger (parce qu’il aimait), ce qu’il pouvait gouter (pour faire un effort) et ce dont il pouvait éventuellement s’abstenir. On s’est mis en position de coach alimentaire. Résultat,  à la veille de ces vacances de Noël, il goutte un peu de tout, même ces drôles de pâtes un peu comme des légumes (appelés salsifis). Les ATSEM nous ont indiqué qu’il faisait des efforts. Il a une sensibilité (odorat, gout, texture) que nous n’avons pas mais il évolue. Il a même tenté le poisson (à l’oseille), mais il a eu un reflexe de dégout. On verra plus tard le chapitre produits de la mer.  Pour le moment, à la maison, on s’éloigne d’un mètre de lui, non pas pour les gestes barrières mais parce que l’odeur du poisson semble vraiment gênante pour lui.

Niveau émotion et colère, nous avons toujours des chapitres de vie incluant cette thématique. Cependant, les colères sont moins fortes, moins longues et grand changement, Mister A arrive parfois à les tempérer. On était à une crise par jour en moyenne depuis ses 2 ans.  Pas juste « mon enfant me tape une fois », non, des sacrées crises. Aujourd’hui, on est à une crise par semaine. Le jour où je suis toute seule avec lui, mon mercredi de repos, est le moment idéal pour évoluer l’un et l’autre sur le sujet. C’est le jour culminant des « colères » et tentatives de régulation des émotions. Ma patience, mon empathie versus ma colère et mes émotions sont mises à rude épreuve. Face à une crise, j’essaie des choses pour tenter de comprendre ce qu’il vit, lui proposer des alternatives et puis à un moment, je perds patience et je crie parce que j’en ai marre moi aussi. Je ne me dis plus « mais pourquoi je suis là pour subir ça , c’est tellement désagréable », il a passé un cap, je le vois, ses progrès (et les miens un peu) sont notables. Y’a eu un déclic de sa part. Un mercredi, il s’est réveillé de la sieste et deux minutes après, il hurlait, il a tapé dans les portes, jeté des affaires .Quarante-cinq minutes d’enfant en rage que je n’arrivais pas à décoder car aucun mot ne sortait de sa bouche. C’était le tsunami émotionnel dans sa tête. Bref, à un moment il a dit « dessin animé ». Je lui avais expliqué avant qu’il se couche, que le mercredi soir, selon le déroulé de la journée, on verrait pour un dessin animé. Au réveil de la sieste, il pensait donc que c’était le moment et comme ça n’arrivait pas, il est monté dans les tours. Une fois les mots sortis, j’ai compris quel était le souci et j’ai reparlé : « Je t’avais dit que le dessin animé c’était ce soir. C’est pas encore le soir là. Le soir c’est quand la nuit tombera ». 5 minutes après cet échange, j’ai eu un petit qui est revenu vers moi en réclamant un câlin (et là c’est gagné, la tempête est passée, il demande à être apaisé) avec ces mots : « Mais maman, je savais pas moi que le soir c’est quand il faisait nuit ». Voilà, c’était la première colère qu’il a pu traverser par lui-même. Une première victoire à son actif, le début d’une évolution. Depuis, on a acheté des petits livres d’Isabelle Fillozat sur les colères qui illustrent notamment comment faire pour que la frustration soit moins difficile à vivre en proposant des alternatives.
Petit à petit à force d’en parler, lire et surtout essayer, s’entrainer,  je crois que ça rentre dans les reflexes de notre petit loup. Hier, il a juste tapé des pieds de frustration parce qu’une activité s’arrêtait. J’ai trouvé ça super et en plus je suis restée totalement impassible me disant, allez hop maximum 45 minutes à l’entendre et moi je reste zen. En moins de 10 minutes, c’était plié et il s’est ré installé à côté de moi.

Le point noir qui reste c’est la propreté. Hier sur j’ai entendu que des enfants n’étaient pas prêts que ce soit physiquement ou psychologiquement avant 4 ou 5 ans et que c’était pas grave alors, on va continuer à garder du lest. Mister A est propre seulement la commission c’est dans une couche et debout. Le pot il y a un an a fonctionné un mois mais aux vacances de Noël, nous n’avions pas emmené Son pot à notre destination. Résultat des courses, il s’est bloqué, ça a duré un mois avec des massages, de la kiné , des médicaments et pour finir un lavement et depuis on pense qu’il a peur. On essaie mais il n’a aucune envie, il a peur d’avoir mal et même s’il n’y a jamais eu d’accident et qu’il attend, on aurait envie de passer à autre chose. On a un pot qui fait des supers chansons, parle en 4 langues mais il est devenu trop petit. On tente de trouver des étapes intermédiaires, faire popo dans la couche mais en position accroupie (après l’échec de faire dans la couche sur les toilettes), c’est un sacré parcours. Pour le moment on n’a pas trouvé la clef à ce problème. Lors des vacances de Toussaint on a passé quelques demies heures en lisant des histoires, encourageant, ça a marché une fois, deux, mais ensuite c’est compliqué donc ça aussi on verra plus tard. Par contre si vous avez des idées nous sommes preneurs (les gommettes de réussite, la récompense ou la menace, on n’a pas essayer. La frustration de l’échec en plus récurrent, le petit gars n’aime pas, ça le bloque ou le déçoit de lui-même).

Alors que cet été, médecin et psychologue évoquaient peut être un TDAH (trouble déficitaire de l’attention avec ou pas hyperactivité) en nous disant qu’au regard de son âge, il fallait se laisser le temps de l’évaluation, un diagnostic pouvant se faire qu’à partir de 6 ans, on semble s’éloigner du tableau clinique.  Mister A grandit plus sereinement. Il reste dynamique, bouge, a besoin de se dépenser physiquement mais il arrive à se concentrer, jouer seul plusieurs dizaines de minutes. Il nous écoute quand on lui parle, retient des petites poésies où écoute des histoires contées. Il est rock and roll au niveau de son caractère mais à l’école même si en début d’année il jouait de la air guitare électrique avec son copain, il apprend bien, il s’intéresse, il n’est plus en retrait et s’amuse bien avec les autres enfants, il est totalement intégré. Cet attachement parents enfant, si important, au début ambivalent résistant, semble être plus sécure. C’est super intéressant d’assister et contribuer à ce qu’il est et deviendra. Je suis sûre que nous avons tissé ce lien de confiance, amour, complicité quand il me fait des câlins tout doux et dit «  Maman je t’aime plus loin que les nuages ».

Levée de l’anonymat des donneurs de gamètes avec effet rétroactif sur les dons déjà réalisés, je suis choquée

Loi de bioethique avec levée de l’anonymat des donneurs avec effet rétroactif sur les dons déjà réalisés. Je trouve ça choquant et c’est bien sûr mon avis.

Nous avons réfléchi à notre parentalite durant des années j’allais dire presque une décennie. Nous avons eu recours au don d’ovocyte car nous le considérions comme un don de gamète, de cellule biologique. Un don donc un cadeau qu’on nous avait fait. Un don non payant, un don, une aide, un coup de pouce.
Nous sommes passés devant le juge aux affaires familiales en audience. Nous avons des papiers officiels de l’état français pour dire et certifier qu’il n’y aurait aucun lien entre l’enfant qui serait à naître et la donneuse.
Nous nous sommes engagés sur cette démarche de fiv avec don sur ces points. C’est sur ces bases que nous avons fait 5 transferts d’embryons issus du don d’une femme pour nous. C’était le deal et là le deal change en cours de route de façon rétroactive… Je trouve ça choquant. Entre guillemets, je suis soulagée d’être devenue maman autrement car nous n’aurions pas fait cette démarche si nous avions su cela. Nous avions été d’ailleurs rassurés par le personnel du cecos à ce sujet …

Et dans notre histoire de fiv avec don qui n’a finalement pas fonctionné, nous avons amené 2 voir 3 autres personnes.
A l’époque, il fallait être déjà parent pour être donneur. Un don dit « parrainé » (qui bien sûr ne nous était pas destiné) permettait d’avancer sur la liste d’attente annoncée de deux ans. Alors il y a eu M et L puis peut être des années plus tard A qui a mûri sa décision de devenir donneuse. Pour aider des couples avec des problèmes de fertilité, de santé et pour nous aider à réduire l’attente, ils sont allés au cecos plusieurs fois. Les filles ont suivi les procédures de stimulations et les ponctions d’ovocytes non sans mal. A m’a envoyé la photo de la porte du secrétariat du cecos au début de la procédure. J’ai accompagné M au Chu le jour de sa ponction et j’y suis restée la journée. Pour L, il a aussi eu plusieurs rendez vous.
Dans leurs démarches il n’a jamais été question qu’on remonte jusqu’à eux, qu’une fois le don réalisé, ça impacte plus leurs vies qu’un don de moelle par exemple.
C’était cette loi avec ces conditions qui a motivé leur choix.

Nous avions prévu nous aussi que le Man’ fasse ce geste si on devenait parents biologiques sauf que cette étape ne s’est jamais réalisée donc la suite non plus. J’imagine donc plus aisément la douche froide ressentie ce soir pour ces donneurs de gamètes.

L’idée de la ré écriture de cette règle de la loi, c’est d’accéder j’imagine pour les enfants issus d’un don, à leurs origines. Des origines biologiques, des caractéristiques physiques oui mais pour moi, il n’y a ni mère, ni père biologique là dedans. Il n’y a eu au départ aucune intention de filiation, de lien, de connaissance réciproque. L’enfant issu d’un don a à connaître son histoire, pour nous c’était une évidence, mais l’identité de la personne qui a aidé ses parents ce n’était pas prévu du tout. Je dirais même que la loi était garante de la protection de l’identité des donneurs.

Puisque nous avons adopté et c’est une bien autre démarche, nous savions quand nous avons sollicité notre agrément, que notre futur enfant pourrait avoir accès à ses origines. Nous savions et nous avons été préparés au fait qu’il y avait une histoire d’abandon et d’adoption, le parcours d’une femmequi avait pris la décision de laisser l’enfant qu’elle avait porté à un autre couplé, pour un futur qu’elle estimait ne pas être en mesure de lui apporter. Nous savons que notre fils à partir de ses 16 ans pourra s’il le veut, consulter son dossier et avoir accès au début de son histoire de vie, a des informations permettant peut être d identifier sa mère biologique. C’est aussi cela que nous lui expliquerons. C’est depuis le début de notre démarche d’adoption que avons été dans cette parentalite particulière constituée de tous ces éléments. C’est en y réfléchissant que nous nous sommes dit que nous nous en sentions capables, que nous étions à l’aise sur cette démarche et cet accès aux origines personnelles.

Si ce soir nous étions devenus parents via la pma avec don, le ciel nous serait tombé sur la tête et encore plus si le Man’ avait permis la naissance peut être de… je crois 7 enfants (nombre maximum d’enfants nés me semble t’il à partir d’un don de sperme).

Je pense donc à M, L et A. Je vous serre virtuellement dans mes bras. Je pense aussi aux couples qui sont devenus parents grâce à un don de gamètes et pour qui la politique change la donne. Je pense aussi à ses enfants issus d’un don mais je ne crois pas que la recherche des origines biologiques était préoccupante pour la majorité d’entre eux.

Quelle a été la pensée du législateur en changeant cette loi qui à la base n’appartenait pas au projet de bioethique ? J’ai bien entendu quelques témoignages médiatisés mais c’est tout. Ce soir, je suis abasourdie qu’on puisse faire ce volte face législatif avec effet rétroactif.

Fière de nous

Mister A est un petit garçon assez colérique des lors qu’il est contrarié. Ça fait deux ans que ça a débuté. Ses excès de colère me poussent dans mes propres retranchements.Ses excès de colère montre aussi son fort besoin de sécurité.

Depuis le confinement et le déconfinement, nous avons passé beaucoup de journées tous les deux (avec le Man’ dans une pièce à côté, porte fermée la plupart du temps.) J’ai télétravaillé comme je le pouvais (ou plutôt comme je ne le pouvais pas). Il y a quinze jours, j’ai repris le chemin du bureau pour un jour en présentiel. Le matin, Mister A a dit « Je veux pas que tu partes, restes là »… début de colère. Le soir à mon arrivée, ça n’a été que des gestes violents dirigés vers moi, associés à des pleurs, des cris et ce dès la plus petite des frustrations ou déceptions. Identifier les facteurs déclenchants permet de comprendre, en anticiper certains (comme la faim ou fatigue) mais une fois la colère déclenchée, cela ne suffit plus. Durant une semaine, j’ai senti une énorme régression. Mister A oscillait sans cesse entre contact, demande de câlins puis opposition, colère. J’ai remarqué que lui hurler dessus ou être très autoritaire était totalement inefficace. En plus au fond de moi, c’est la même émotion que je pressentais. Quand on dit qu’un enfant trouve les failles chez ses parents, le nôtre a bien réussi son rôle.

Je me suis dit qu’il fallait que je travaille sur moi, sur ma propre colère (que je méconnaissais) pour tenter de donner l’exemple et l’aider. J’ai lu des livres (Fillozat. Johane Lemieux), écouté des podcast (de l’institut de la Parentalité), lu des blogs (papa positive).

J’ai retiré quelques idées phare que je recopie toutes viennent des podcasts de http://institut-parentalite.fr/l’institut de la parentalité (c’est donc de la paraphrase):

« Avant l’âge de 5 ans, on ne parle pas de gestion des émotions mais d’autorégulation des émotions entre parents et enfants. La théorie des neurones miroirs explique que l’enfant qui manifeste des crises de colère, fait grandir le même sentiment chez son parents et vice versa ».

« Ce n’est pas quand un bateau est en pleine tempête qu’on peut apprendre à naviguer, c’est avec du recul. C’est pareil pour les enfants, ce n’est pas en pleine colère qu’on peut demander qu’il se calme. Il faut trouver des techniques de retour au calme dans un moment d’apaisement. L’enfant pourra ensuite les utiliser en pleine tempête ».

Lorsqu’un enfant est en crise de colère il faut l’aider à comprendre ce qu’il se passe comme utiliser comme des sous titres à la situation. Voici un illustration un exemple de cette semaine quand j’ai senti que j’allais me prendre des coups de pieds ou qu’il allait un peu jeter son vélo : « J’ai l’impression que c’est difficile pour toi de ne pas réussir à faire du vélo tout seul » ,en couplant à de la valorisation pour enlever le fait de ne pas y arriver « mais on n’arrive pas à faire les choses de suite on apprend, on chute, on recommence » plus des exemples réussis avant : « tu vas apprendre comme quand tu as appris à marcher, à parler ».

Je me suis donnée comme envie sur 2020 de travailler sur cette colère « ambiante » pour moi car ma jauge personnelle est en permanence à un seuil réactivé trop rapidement. Je me suis aussi donnée cette envie pour nous car au quotidien dès le réveil passé, ça peut vite devenir usant et au fur et à mesure de la journée, éreintant.

Alors quand il y a eu de la frustration et des tentatives de griffures, il y a une semaine, j’ai adoré avoir un gros pull pour tenter mes nouvelles techniques car j’étais déjà protégée physiquement. Concernant le déclencheur, je crois qu’il voulait regarder un dessin animé ( chez nous on les limite, on prévient quand ça va s’arrêter, on enregistre le fait qu’il était d’accord mais ce soir là ce n’est pas passé). Il n’avait pas fait de sieste, la combinaison était donc au point pour que ça parte « en vrille ». Durant 10 minutes j’ai répété la même chose, utilisant la méthodes des sous titres : « Mister A je vois que tu es en colère, je crois que pour toi c’est compliqué de ne pas avoir de dessin animé, tu en as vraiment envie. Ton papa t’as dit que tu verrais les Minions (mais quelle idée) mais c’était pas de suite même si toi tu l’as compris comme ça. C’est interdit de taper et de faire mal. Tu arrêtes. Comme c’est difficile je peux t’aider à faire passer ta colère autrement, je suis là si tu as besoin. Tu as le droit d’être en colère mais pas de taper, abîmer nos affaires. Je suis à côté de toi si tu as besoin d’un câlin par exemple » (et durant 10 minutes, je me suis répétée et j’ai fait des variantes). A un moment, je suis un peu partie, il m’a suivie et puis à force de proposer un câlin, il a lâché prise sur mon épaule en ajoutant : « Tu peux me faire des guilis dans le dos? ». J’en revenais pas d’avoir réussi à l’apaiser en restant calme. Ça m’a semblé magique! J’ai dit au Man’ que j’avais eu l’impression de décrocher une médaille d’or. Cette remise en question est en effet un sacré encouragement pour continuer dans cette parentalité là qui pour moi est un grand écart avec mon éducation, les principes que j’avais imaginés.

J’ai aussi découpé des cartes pour l’aider à manifester autrement ses colères (c’est aussi ce que quoi travaille la psychomotricienne qui me dit que Mister A va plutôt bien). Les cartes qui sont sur le site papa positive proposent des alternatives pour revenir au calme en pleine colère . Elle sont à apprendre lorsque tout va bien de sorte à créer de nouveaux réflexes de pensée en situation de stress, peur, échec etc ….Ca marche aussi pour les adultes. Pour le moment, on a juste essayé celles : « Aller chercher son doudou », « Choisir une musique qui fait du bien » et « Souffler plusieurs fois ». La semaine dernière il a réussi à souffler alors qu’il hurlait « Essaies de souffler pour faire passer ta colère, souffler fort comme pour faire décoller un avion avec toute ta colère ». Ça a fonctionné une fois et j’ai de suite valorisé  » Je suis fière de toi tu as vu, tu as réussi à passer à autre chose et tu l’as fait tout seul. C’est super. Ta colère a été plus courte (oui, même les petits progrès on s’y raccroche) ou autrement on peut aussi dire ,moins grande.

Les colères sont toujours là mais il y a du mieux. Ce sont de petits pas mais ce sont des pas tout court de progression. Ça ne marche pas à tous les coups mais je pense que ça permet de créer comme des nouvelles autoroutes de pensées pour enlever ce qui ressemble à des pulsion de colère, gestes violents. Je ne suis pas non plus toujours très disponible pour garder mon calme et résister à l’envie de crier, punir mais je tente aussi de me maitriser et regarder les situations sous un autre angle. On nous a dit que c’était un marathon mais on a grandit cette dernière année.On peut être fiers de nous 3 (il y a aussi le Man’ bien sûr). Et quand rien ne marche, on peut toujours dégainer notre « kit d’urgence » avec les chansons de Calogero souvent là pour nous sauver la mise. Depuis qu’il est bébé c’est ce qui l’apaise toujours. Google home est notre ami, faut juste ne pas se tromper de chanson préférée du moment pour ne pas raviver le volcan de la colère juste éteint.

Petite colère (verre à moitié vide)

Je crois que je suis en colère ce matin. On vient de recevoir une notification de l’école nous indiquant que Mister A passait en moyenne section de maternelle. Comme le document officiel de l’académie et de notre ville qui indiquait qu’il n’y aurait pas de reprise d’école avant septembre, c’est arrivé par mail. Ce covid enlève tout de même le côté chaleureux des gens. Plus de contact avec les autres élèves, les copains, copines d’école, plus de lien avec la maîtresse si, avec une page internet. Pour un enfant de petite section qui était insécure en début d’année ça fait froid tout ça même si la maîtresse fait ce qu’elle peut.

J’étais en colère car nous n’avons eu aucune alternative de proposée. A cet âge c’est peut être le souci des gestes barrière mais cela fait 2 mois et demi que l’équilibre vie pro et perso n’est plus là. Il n’y a ni école ni garderie ni centre aéré et je ne suis pas dans les publics prioritaires. On ne sait pas non plus à un mois des vacances scolaires comment nous organiser. Aujourd’hui, ça m’énerve et me stresse. On nous parle de reprise économique mais les moyens techniques et humains ne sont pas là. J’espérais encore que cela change en phase 2 du déconfinement mais non.

Pour des raisons de socialisation elle était intéressante cette année de petite section. J’aurais voulu qu’il reprenne un jour par semaine, pour lui, pour moi, pour nous. Je trouve que d’une certaine facon, on a reculé sur les stéréotypes. Je pense qu’en majorité les femmes se sont arrêtées pour s’occuper des enfants que ce soit en garde spéciale ou en combinant avec le télétravail. Je suis tout de même devenue maîtresse, lingère, cuisinière, maman bien sûr, coach sportive, pâtissière et télétravailleuse à temps très partiel depuis 2 mois et demie. Sans perspective d’aide à part celle de ma maman bien précieuse, je ressens de la lassitude face à l’arrivée de l’été dont l’organisation personnelle et professionnelle est inconnue et incertaine à ce jour. J’en ai marre de faire l’école à la maison d’ailleurs, le programme me paraît rébarbatif et on a « relâché » depuis le retour des vacances de Pâques (en comprennant qu’il n’y aurait pas de reprise et que la situation allait durer)

Depuis deux semaines Mister A à décidé de ne plus faire les siestes qui me permettaient d’avoir du temps libre en début d’après midi pour travailler. Avant, je survolais mes missions de salariée en traitant les urgences, là, c’est le grand écart (et j’ai toujours été nulle en souplesse) ! En gérant au quotidien un enfant en bas âge tout en travaillant un peu, on ne nous demande plus de jongler entre « nos 2 vies » (pro et perso) mais de marcher sur les mains. Ça a été « la crise de nerfs « à la dernière visio de réunion de service avec des allers retours chambre-séjour, des cris de nous deux, des hurlements et la moutarde qui me monte au nez. Je me suis dit que c’était impossible de continuer comme ça d’où des solutions recherchées d’entraide entre mamans de l’école et puis un jour de garde familiale dans la semaine pour retourner au bureau, reprendre un peu le chemin du travail, avoir chacun son espace, se séparer et se retrouver ensuite à la fin de la journée.

Le but est de garder, de préserver son équilibre dans toute cette période de vie inédite et exceptionnelle. Je n’étais pas Wonder woman avant alors je ne vais pas le devenir. Je ne me suis pas mise à faire des brioches toutes les semaines, ni le repassage,ni des super activités artistiques, je suis restée moi.

J’apprécie cette parenthèse de vie qui est à part, qui se vit à 3. Je ne suis pas anxieuse d’une deuxième vague par contre je ferai mes entretiens professionnels masquée. Je me dis qu’on vit au jour le jour. Je remarque que notre fils a bien vécu le confinement et nous aussi. Ce lien d’attachement on s’en est bien occupé depuis la mi mars, on l’a bichonné même s’il y a des éclats de voix réguliers.

Dans le prochain article, je noterai ce que nous avons aimé, ce dont nous avons su profiter depuis la mi mars. C’est juste qu’aujourd’hui en entendant « France info édition spéciale » je me suis surprise à me demander pourquoi… Ha oui l’acte 2 du deconfinement… Chez nous, à part les week end, le quotidien, les rituels de nos semaines dites « de travail » c’est ce qui reste assez figé et ça risque de durer…

Allez dans le prochain article je cultive la gratitude du confinementw deconfinement phase 1 et 2. 😀

(et là je noterais dans mon prochain article tout ce que le confinement, j’ai pas l’impression que ma situation ait beaucoup évolué depuis le 11 mai

Il est né par l’Amour

J’étais à mon cours de yoga tout à l’heure. C’était special féminité. C’était super bien avec des mouvements dirigés vers le petit bassin, le périné. J’ai peut être plombé l’ambiance (mais ce n’est pas le cas) quand pour moi féminité et petit bassin me faisaient penser à l’endometriose mais bon,

On est dans La semaine de sensibilisation à l’endométriose et à la fin du mois aura lieu la marche mondiale contre l’endometriose sur Paris. D’une certaine façon, je suis conditionnée. Le week-end dernier j’ai créé des épinglettes avec le ruban jaune, symbole de notre maladie. J’en ai déjà distribué une dizaine à mes proches, mes collègues en relayant les informations sur ma maladie. Mais, même si là, je vous mets en photo ma création, je ne voulais pas parler que de ça.

Tout à l’heure, lors du cours de yoga en parlant du périné et des moulabandas, j’ai dévié avec une phrase dont j’ai le chic et qui hors contexte adoption devient incompréhensible : « moi je connais le périné mais c’est pas parce que j’ai accouché par voie basse ». Et bim, me voici en train de m’embourber dans mes propos : « mon fils n’est pas né par césarienne non plus ». Je me dis que là on va me regarder avec des gros yeux alors j’ajoute « je suis devenue maman par adoption ». Ma prof de yoga dit alors cela : » Ton fils il est né par l’amour ». C’est ça c’était très bien résumé. Notre fils est né de cette façon, de notre amour et il grandit car on s’y accroche.

Il est plus serein depuis quelques mois. Il ne tape quasiment plus. On arrive très souvent à le décoder donc à anticiper pour éviter les crises (le faire manger dormir à heures fixes, choisir nos combats, gérer les journées en fonction de son rythme anticiper les séparations en expliquant comment ça va se passer…) Alors y’a des ratés en fonction de la fatigue de chacun, de la disponibilité, d’emplois du temps qui ne dépendent pas que de nous mais les crises passent plus vite. Clairement, un décalage de rythme dans la journée, c’est une fois sur deux des manifestations de colère ensuite. Bref, aujourd’hui je profite, j’ai beaucoup de câlins, des bisous sur la joue ou le nez. Mister A semble plus pausé. Par exemple, j’ai eu la grippe et je faisais mes nuits sur le canapé pour ne pas rendre toute ma famille malade. En pleine nuit, je l’ai retrouvé blotti contre moi, partageant mon plaid, endormi en me donnant la main. J’ai trouvé cela hyper choux et émouvant.

Il me dit souvent « je t’aime maman ». Peut être le début de l’Oedipe ? Je lui répond que moi aussi et au tout début de nos vacances j’ai ajouté : « Je suis si contente que tu dises cela. Tu sais, pour arriver à ces mots, on a travaillé sur nous, tous les deux et ensemble avec papa. On a tous fait des efforts, on a modifié nos idées, nos comportements. C’est plus agréable, je suis fière de toi et de tes progrès « .

Alors c’est vrai, notre petit garçon il est né de notre Amour, il est né par l’Amour et c’est cela qui, même s’il ne suffit pas, est un ingredient indispensable à son évolution.