Mes Attrape Chouettes

Mes créations, mes bijoux, mon passe temps, mon moment de détente.

Ma création familiale depuis que mon Man’ m’aide à sertir mes propres boutons en liberty.

Déclinaison des modèles en laiton en stock ou à peu près.

Endolorie

Hier en me réveillant j’ai eu l’impression qu’on m’avait marché sur le ventre. Un exces d’abdos? Non des douleurs d’endometriose. Ces mêmes douleurs ressenties en suites opératoires, cette sensation d’avoir des hématomes sur tout le bas ventre, d’être rouée de coups.

La tenue du jour ( jean slim) n’était pas du tout adaptée. Sur toute la journée j’ai marché difficilement. Tout le côté gauche me tirait avec en prime comme des douleurs ligamentaires. Comment je peux dire ça sans être crue… Vessie et appareil digestif ne fonctionnaient qu’avec des douleurs connexes. J’avais la sensation d’avoir un ventre « énorme » comme dirait mon fils et la démarche d’une femme en fin de grossesse. Sauf que non c’était juste une crise d’endometriose. Hors période de règles, c’est la première fois que je vis cela. Un bas ventre si enflé, si dur, si douloureux.

Sur le plan professionnel j’avais mon bilan d’activité à rédiger et bien j’ai réfléchi à chaque utilité de déplacement. Mes plus proches collègues ont bien vu que ça clochait quelque part.

J’ai arrêté ma pilule il y a bientôt un an car elle mettait en veille la maladie mais pouvait provoquer des tumeurs du cerveau. Aucun moyen de « contraception » depuis n’a été efficace pour arrêter les règles (me mettre en aménenorhée et ainsi contenir l’endometriose). Stérilet hormonal, pilules progestatives ont eu les résultats opposés avec des saignements h24.

J’ai eu l’occasion de tester les serviettes hygiéniques lavables, les culottes menstruelles, pas de soucis, sur ces deux derniers mois j’ai été la cliente non stop de ce genre de produits. N’en pouvant plus des règles avec, des « presque » malaises à chaque J1 (1er jour d’un nouveau cycle qui revenait toutes les semaines) j’ai appelé ma gyneco il y a trois semaines : « Vous arrêtez tout, ce n’est pas du tout efficace mais là je suis embêtée, je vais demander conseil car je ne vois pas quoi vous proposer de suite contre l’endometriose ».

J’ai donc arrêté ma pilule, sans rien, sans filet, un peu paumée et en colère tout de même. Dans la communauté des endogirls, on est beaucoup avec ce même soucis : des traitements inefficaces, inopérants, au fur et à mesure de l’ évolution de notre vie de femme. Il y en a qui ont lâché, qui ne prennent plus rien, souffrent souvent. D’autres qui se sont tournées vers la naturopathie, l’alimentation anti- inflammatoire. Moi je veux que ce soit la recherche qui avance pour soulager le quotidien de nombreuses malades.

C’est « juste » une maladie mais elle est chronique, bénigne mais toujours incurable. Je me disais que ça devenait le pompon si je n’avais plus trop de traitement possible. N’ayant pas trouvé d’idées par moi-même dans tout Internet, les associations de patientes, j’ai rappelé ma gyneco. Elle m’a trouvé une pillule qui vient juste de sortir sur le marché. Je vais être beta testeuse. Elle existait auparavant avec les œstrogènes. Ils les ont enlevés pour juste garder le côté progestatif (ce qui est indispensable dans l’endometriose). Voilà mon prochain espoir pour être soulagée et stabilisée.

Et en ce qui concerne la reconnaissance des conséquences de la maladie, je vais me renseigner auprès de la mdph (maison départementale des personnes handicapées) pour solliciter la carte mobilité inclusion et ainsi avoir une place prioritaire dans les transports en commun. En crise, rester une heure debout ça peut être insoutenable.

Dans 1 mois commence la semaine de sensibilisation à l’endometriose. J’ai préparé mes boucles d’oreilles home made et des rubans jaunes à distribuer à mes collègues.

3 ans et demie au quotidien on retient aussi cela

Bonne année déjà à tous et toutes. Cette année 2020, j’ai beaucoup aimé les vœux d’un site que je suis et qui s’appelle « fabuleuses au foyer ». Je vous mets le lien. Je me reconnais pas mal dans ce que dit sa créatrice.

Je vous souhaite une année 2020 pleine de vie et unique, une année avec des imperfections car oui, nous faisons de notre mieux, nous apprenons, mais nous allons encore faire des erreurs. Pour celles qui sont mamans, d’être maman mais pas que , d’être aussi d’autres facettes : celle de femme, d’épouse, d’amie, de fille, de copine, de créatrice… plein de jolies palettes de nous en quelque sorte.

Sur cette année 2019, je deviens je crois une maman plus sécure, un parent plus sécure pour Mister A (c’est son nouveau pseudo). J’ai encore du boulot, j’en aurais toujours mais je me sens plus sereine dans mes positions parentales. Ça ne s’est pas fait tout seul, j’ai été soutenue, j’ai été aimée, j’ai cherché aussi de l’aide et même si nous gérons de sacrées crises, qu’on ne comprend pas tout, tout le temps ou tout de suite, on apprend à être ses parents. Il a évolué, il a grandit, ça va continuer.

J’avais aujourd’hui envie de vous décrire aussi ses bons côtés, ce qu’on devine de sa personnalité car je me suis attachée ces derniers mois à décrire les moments durs. Bien sûr il a plein de facettes lui aussi. Alors voilà…

C’est un petit garçon tonique et musclé. Avec son mètre dépassé et ses 16 kg, il est fier de dire qu’il grandit. Ce n’est pas parce qu’il mange beaucoup, non, ça c’est compliqué. Il a beaucoup de force et d’énergie, il a besoin de se dépenser. Il aime courir sauter, partir en ballade dans la forêt. S’il me fait un câlin un peu à l’improviste alors que je suis assise en tailleur, il peut me renverser. Il ne se rend pas compte de son énergie. Plus tard, je l’imagine bien en demie de mêlée au rugby. Je me suis amusée à regarder sa courbe de croissance. A 18 ans il pourrait faire 1m80 et 68 kg. Ça devrait être la bonne stature!

Il demande beaucoup de câlins, de plus en plus, je me dis qu’il en a besoin. C’est plus son papa que moi son papa qu’il aime beaucoup. L’autre jour chez la psychomotricienne, il a dit qu’il était (pas en colère ou pas qu’il avait peur comme d’autres fois), non, il a dit qu’il était content parce qu’il avait vu son papa, qu’il avait passé du temps avec son papa. Ça m’a touchée parce que je me suis dit qu’il en avait besoin de sa cabine de pilotage (pour ceux qui ont lu la normalité adoptive). Nous venions de passer un dimanche avec des moments ensemble à 3 (sortie au skate park et en forêt, ce qui est rare mais apparemment précieux pour lui). Et l’autre jour où il a sorti de mon porte monnaie les cartes des différentes émotions, il a pris celle de « amoureux ». Je lui ai demandé de qui ? Je m’attendais à ce qu’il réponde « Coline », sa copine depuis ses 1 an. Non il a dit (vous le savez sûrement) « de maman ». Oh, j’ai trouvé ça super choux.

Il adore les histoires, depuis toujours. Nous lisons tout le temps, tous les soirs, des livres, des magazines. Sa marraine l’a abonné aux « premières belles histoires » et nous à « l’école des loisirs ». Il a des livres porteurs de messages subliminaux pour nous aider à vivre ensemble, à le faire grandir. Il aime aussi partir dans des imaginaires, dans la découverte des choses, du monde. Il adore « Grosse Colère », il a eu sa période « La maman de Choco » mais il lit de tout. Enfin « lire », il « regarde » plutôt, des « Martine », des imagiers à flaps sur le corps, des histoires d’animaux. En ce moment on prend les 90 pages des livres Walt Disney avec au choix, Mulan (moi je le trouve petit), Merlin l’enchanteur et son best off c’est le roi Lion. Le soir, on sait qu’il se relève pour regarder ses livres car le matin, on en a 2 ou 3 posés à côté de son oreiller.

Il est depuis toujours un enfant qui apprécie la musique. Il a le sens du rythme, il va lever le bras façon dj teuffeur, danser ou taper son pied pour marquer les temps. Tout petit, il s’apaisait en écoutant Calogero et c’est toujours le cas. On a trois CD de cet artiste dans notre voiture. Je le berce en lui chantant « Voler de nuit » mais à 3 ans et demie il nous demande « La Bourgeoisie des sensations » puis Vianney puis les Frangines. Dans ma « petite voiture citadine », avec mon lecteur cassette c’est Brassens qu’il réclame et c’est plus spécialement « gare au gorille ». Trois mois avant Noël il nous réclamait une guitare électrique et « pas acoustique ». Lors de la photo avec le père Noël à mon travail il a précisé une fois monté sur ses genoux : « Tanpis si j’ai pas le costume de Capitaine America, je voudrais une guitare électrique et un micro ». Il a tout eu et depuis, on a des concerts plus ou moins harmonieux dans notre salon . Il se la joue auteur-compositeur-interprète heavy metal/hard rock en hurlant sur son premier opus qui se résume à deux phrases « Il voulait être roi, mais il ne le savait pas ». A 7h15 le week-end, ça déménage!

Le Man’ me dit il n’est pas du tout logique, résoudre des problèmes, faire des puzzles, c’est pas son truc. Et bien non, pas pour le moment. Ni le côté loisirs créatifs. On a dû sortir deux fois la pâte à modeler cette année . Il n’est pas demandeur de ça.

Son autre attraction en ce moment, ce sont les supers héros. Il connaît depuis les catalogues de Noël, Batman, Spiderman, Capitaine America, Iron Man. Il joue avec leurs figurines et il se déguise très souvent à leur effigie. Il a appris en quelques jours comment faire la position des mains de Spiderman et c’est pas simple de plier deux doigts sur 5 à 3 ans et demie.

Depuis 6 mois, il a donné des prénoms à ses doudous. Nous avons Son doudou sous 3 exemplaires. Le plus récent s’appelle « Idric » et ses copies conformes mais plus abîmées avec une tête plus plate se nomment « Iris ». La dernière peluche achetée, un singe orang-outan a eu « Harmonica » pour prénom. La musique encore et toujours. Le soir en plus de l’histoire, ses grandes peluches, le lapin, le zèbre, le dragon et maintenant « Harmonica » vivent de sacrées aventures !

Niveau langage, depuis 6 mois les apprentissages sont énormes. Il prononce des petites phrases ou expressions rigolotes car pas tout à fait juste. On le reprend mais on les note pour les garder en tête avant qu’elles ne disparaissent.

Il sait conjuguer les verbes mais le verbe « être » parfois c’est compliqué : « Maman quand je sera grand je ferai de la trompette et toi peut être du trombone (il mime les deux instruments et me bluffe, je me demande où il a enregistré ça).

Il demande des yaourts « à la nature » et on trouve ça beau avec son papa. On les appelle nous aussi comme ça ces yaourts blancs que je ne trouve vraiment pas sucrés.

Il nous parle de la mort mais ça donne « Mémedith elle est morte, elle est au ciel, elle est avec le père Noël peut être ? ». Les personnes âgées, la vie et la mort, le concept n’est pas évident. Dans un parc en ballade on a eu droit à ça : « Nous on peut pas passer, la dame devant elle est morte ». « Non, c’est juste qu’elle ne marche pas vite, on la dépasse ». « Non la dame elle ne bouge pas, elle est morte. »

Le sans filtre si caractéristique où il dit ce qu’il pense ça peut être mignon et embarrassant. Au papa d’un de nos amis il a dit en touchant son ventre :  » J’aime ton gros ventre ».

En résumé ces moments là sont uniques, on avance avec lui avec ce qu’il est, en gérant comme on peut le quotidien. Nos soirées « pâte, jambon, on mange quoi? » sont fréquentes mais on s’est dit que ce n’était pas le plus important. On vit ces moments difficiles mais aussi heureux, vivants et parfois énergivores ça c’est sûr. Le quotidien de notre parentalité et même de la parentalité adoptive avec je crois, un petit plus à vivre et à accompagner.

La fête de l’école

Hier on a eu la fête de l’école. J’ai posé mon après midi pour assister à ce petit moment pour mon bonhomme. J’ai rattrapé le raté quand mon mari m’a dit le matin : « ils étaient tous déguisés. Il avait juste son pantalon rouge, son tee shirt de père Noël, les autres avaient des bonnets. Il n’était pas content ce matin ». Ni une ni deux j’ai fait les boutiques. Je suis revenue avec le serre tête renne à guirlande clignotante (oui c’est vrai), des lunettes Rennes (dorées avec un nez rouge) et le fameux bonnet du Père Noël.

Les parents se sont installés, les enfants sont arrivés ensuite devant nous, sur des estrades, les grands, les moyens et les petits de la maternelle.

Il regardait ses pieds, il n’était pas bien. La maîtresse que nous avons rencontrée il y a quelques semaines nous a dit qu’elle n’avait pas entendu le son de sa voix, qu’il ne se mélangeait pas aux autres enfants durant les temps de classe. Je n’ai plus été étonnée, j’ai compris, il avait peur. Peur du monde, 80 enfants et leurs parents, le tout exité, content, bruyant.

En me voyant il a voulu venir me voir mais ce n’était pas possible. Il s’est mis à pleurer. Il avait besoin d’être rassuré. C’est bon, ça je l’ai maintenant décodé. Je n’allais pas faire la mère de famille poule puis c’était compliqué pour un groupe donc je lui ai envoyé des bisous qui s’envolent, je lui ai parlé fort de façon apaisante,il pleurait et commençait à taper autours de lui. La maîtresse est allée l’installer auprès de son atsem, ça a déjà été beaucoup mieux. Il était dans le groupe des enfants à rassurer. Il a pleuré et a regardé dans le vide ou vers ses pieds durant les 20 minutes de représentation de la petite chorale.

Je l’ai récupéré dans un état de mal être. D’abord il s’est accroché à mon cou puis ensuite il s’est débattu quand nous avons essayé d’aller manger un bout avec les autres. Marche arrière, tentative de câlin, de contention, le tout en l’isolant vers un côté de la salle de jeux qui était quasi vidée. Il s’est débattu comme à son habitude je pourrais dire. Je me suis dit attention à mon dos avec ses 15 kg et son mètre dépassé pour ses presque 3 ans et demie, ça va être physique. Certains parents ont été étonnés de nous voir dans ce moment. D’autres ont compris qu’il avait besoin d’apaisement. La maîtresse vraiment douce, aidante nous a proposé d’aller en classe et comme moi elle lui a parlé : « ça faisait beaucoup de monde pour toi, ça a été difficile c’était trop et je crois que tu as eu peur. Tu es avec ta maman dans la classe, tout va bien. Regardes tu peux t’installer à la petite bibliothèque et vous pouvez lire un livre ». Il avait les yeux rougis, le nez réclamant l’aide de mouchoirs. Opération mouchage, câlin, mots d’apaisement. Il a commencé à se détendre, à parler car avant ce n’était que des gestes d’agressivité (les griffures, les petits poings) et des sons ressemblant à des grognements.

Une fois détendu on est ressorti, la fête était un peu finie et drame il n’y avait plus de gâteau. Il m’en parlait avant qu’il parte en pleurs donc cette fois c’était la frustration qui l’a remis en difficulté. J’ai eu droit à l’enfant qui se laisse tomber façon poids mort. On nous a trouvé des delichocs et un celebration. On est reparti au plus vite de ses capacités (donc 15 minutes) pour changer d’univers et gérer la frustration. On s’est arrêté à la boulangerie pour ce que j’ai appelé une « chocolatine de Noël ». J’ai pris un café. On s’est attablé sur des tables hautes. C’est bon la crise ou les crises étaient passées.

Je n’avais pas pensé que ça allait se dérouler comme ça mais maintenant je crois que c’est bon, je le comprends, je ne prends pas ses réactions de façon personnelle. Il a fait des progrès mais il reste ce petit garçon insécure. J’ai compris, il a besoin d’un environnement qu’il connaît ou s’il ne le connaît pas pour le moment il est rassuré quand il a sa base d’attachement à ses côtés ( c’est nous ça). Celle sur laquelle il va se reposer ou exprimer ses sentiments. Quand notre petit garçon est insécure, il se débat de tout son corps. J’ai compris qu’il allait progresser et aussi régresser de façon plus ou moins importante et qu’on avait à le soutenir.

Je sais aussi que ce soir en allant le chercher à la garderie, parce que j’arrive tard et qu’il n’y a plus trop de monde,il parle, il joue avec les autres enfants, il rigole, il s’amuse.

Il grandit, on grandit. Il apprend, on apprend.

« Je vais m’en occuper » (partie 2)

Je vous ai laissés avec papi en mode furie contre A et notre discussion apaisée après les colères de chacun.

Nous sommes retournés 3 semaines plus tard à la campagne. Il me semble que c’était un bon week end pluvieux mais sur notre semaine de congés.

Le matin au petit dej À. est allé renverser le bol tout chaud de lait, ce qu’il ne fait jamais. J’ai pourtant prévenu que c’était dangereux mais bon, il a testé. Tout s’est déversé sur les meubles de cuisine, dans le four, le sol. On n’était pas content mais on ne l’a pas fâché. On a plus été étonné mais À est parti en crise de colère. Papi était parti acheter des viennoiseries. De quoi avait besoin À ? Je ne sais plus mais bim, bam, boum, la frustration, la déception, le fait peut être d’avoir commis « une erreur » c’était pour moi. J’ai du avoir mes habituels petits coups de poing au niveau des fesses mais surtout son corps était plein de cette colère, celle qui explose en lui. Je l’ai contenu physiquement 20 minutes. Ça fait beaucoup de sollicitations physiques pour moi et mon gabarit. Il a une de ces forces ! Il jette ses pieds, essaie de me griffer. Je lui bloque donc tout ce que je peux pour le contenir dans une pseudo position tailleur. Ça marche, ça ne marche pas… Et en même temps je lui parle… Bref ça ne marchait pas ce matin là et puis au petit dej en tant que parents on avait déjà les yeux bien ouverts, l’un limitant les dégâts de la chute du lait, l’autre contenant vigoureusement A (qui ne s’était pas brûlé bien entendu) .

De retour de la boulangerie, papi est arrivé et a encore vu le bazar familial au milieu de son couloir. Il a pris dans ses bras À et lui a dit : « Mais qu’est ce qui te mets dans cet état ma puce ? Allez viens, on va aller en bas, on va aller jouer tous les deux ». Quelle avancée en 3 semaines !

Le reste de la journée, ça a été « royal ». A s’est amusé avec son papi et sa compagne. J’ai eu toute l’après midi pour vaquer à mes envies et mes occupations. J’y arrive par touches mais là, j’ai avancé dans les créations de bijoux.

En vue de mon marché de Noël, j’ai créé une cinquantaine de petits boutons en tissus nécessaires à mes « attrape chouettes, mini attrape chouettes ou licornes ».

Donc cette journée là c’était le grand luxe, j’ai fait ce que je voulais, je n’etais pas en hyper vigilance.

En partant le dimanche soir papi a même dit « N’hésitez pas à revenir, si on peut vous aider. Comme ça vous faites ce que vous voulez, et nous on s’occupe du petit ».La semaine d’avant mon beau frère avait eu la même attitude sur mon week end solo et avait convaincu son père de cette vision des choses.

La ligature des trompes à moindre coût

En avril parce qu’elle causait de possibles méningiomes (tumeurs du cerveau) je me suis consentie à lâcher ma pilule luthXXX. LuthXXX, la pilule qui enfin m’avait convenu pour stabiliser mon Endométriose et en tous les cas éviter d’avoir les règles depuis 2013.

#quandonalesreglesavecdelendometriosecestpasbonetçapeutfairetresmal.

Deux options s’offraient à moi vu mes antécédents de migraine, mon âge, le « raté » d’autres essais de pilules précédemment : soit une pilule non remboursée à 20 euros/mois, soit un stérilet hormonal pris en charge intégralement par la sécurité sociale et ma mutuelle.

J’ai opté pour le stérilet et j’étais hyper fière de me dire : « c’est un sacré choix, ça veut dire que la page d’une éventuelle improbable hypothétique grossesse est tournée. 3 ans avant de l’enlever, je vais être tranquille et en plus sans règle donc sans douleur ». Après la pose qui chez une nullipare est assez costaud (même si je ne peux pas comparer), j’étais contente de moi. Puis j’ai un peu déchanté : des spottings à longueur de temps, le retour des règles puis depuis quelques semaines, des douleurs avant -après – pendant le cycle. Je me suis parfois dit « Tiens, j’ai comme l’impression de faire un début de crise d’Endométriose ». Même si j’avais bien entendu qu’il fallait être patiente, qu’il faut souvent 6 mois pour que ça s’ajuste, après 8 mois, j’ai appelé la gynéco car tous ces petits saignements, ces petits signes, ces désagréments, ces nausées, ces douleurs, ça me faisait peur sur une évolution de la maladie.

Au départ de la consultation elle m’a en effet dit de rester patiente puis par échographie elle a eu un doute. Elle a pensé que le stérilet avait pu bouger pour s’accrocher dans la partie musculaire de l’utérus ou que je ne supportais pas. Bref, finalement après réflexion, elle a enlevé ce qui devait être un « rempart interne » (ce dispositif en forme de « T » qui était sensé claironner : « Tu ne passeras pas Endométriose » ). J’étais un peu dégoûtée car il n’a jamais  trop joué son rôle et j’ai pourtant pris sur moi pour y croire et le supporter un peu plus chaque jour.

Et le bonus, c’est que c’est toujours pareil pour lutter contre Endométriose il y a encore aussi peu de réponses médicales (chirurgie quand c’est trop étendu, ménopause artificielle pour assécher quand les atteintes sont importantes, stérilet hormonal, pilule en continu – mais restant cools pour le cerveau). J’ai l’impression de retomber plusieurs années en arrière avec les mêmes difficultés de recherche de systèmes hormonaux me mettant en aménorrhée.

Bientôt 40 ans et toujours en quête de la pilule magique. Alors, on retente optimisXXXX (générique de cerazXXXX qui en 2015 avait été inefficace) et si ça ne fonctionne pas j’aurais je crois une seule alternative « light » avec l’autre pilule. Si là vous vous dites « Mais si elle ne veut pas d’enfant pourquoi elle ne se fait pas enlever son utérus, ça serait fini son Endométriose ? » Je vous réponds  » Et bien non, c’est pas le cas, c’est pas la garantie du tout puis mes ovaires et mon utérus ont encore une utilité à mon âge pour ma Santé ». Peut être que dans quelques années la recherche aura avancé car là tout de même (Bé oui, vous vous demandez peut être pourquoi ce titre de post?) , l’Endométriose semble avoir joué de la surveillance du rempart qu’elle avait devant elle. Mon ovaire et ma trompe gauche semblent de nouveau sous influence et il paraît même que la trompe se soit épaissie et soit bouchée. Question naïve posée à ma gynéco « Bon ok, vue que l’envie d’une hypothétique improbable grossesse ce n’est plus d’actualité, ça me va, mais c’est gênant pour autre chose que la fertilité? » Elle m’a répondu : « Ça serait gênant pour des fiv mais là il faut quand même vérifier le reste ». Bref, ma trompe droite est fonctionnelle mais elle n’a quasi plus d’ovaire à ses côtés (opération que je qualifie de carnage médical en 2008) et ma trompe gauche a eu son ovaire conservé mais elle semble avoir bénéficié « d’une ligature naturelle à moindre coût » puisqu’elle est sûrement obturée. C’est l’endométriose qui a attaqué et qui attaque encore non seulement ma fertilité (mais c’est de l’histoire ancienne) mais aussi ma santé, mes organes pelviens. Je suis bonne pour repasser une IRM pour suspicion d’hydrosalpinx (j’apprends de nouveaux termes) gauche alors que j’ai mis ce qu’il fallait en place après l’opération de mai 2018. #jamaistranquille .

Anecdote d’enfant

Partager les petites phrases innocentes des enfants. Ses cousins s’occupent d’A avec attention. Ils sont cools, ils se relaient et ils jouent avec lui, l’encouragent. Tout petit celui qui avait 6 ans à l’époque le baladait en poussette alors qu’il ne voyait pas devant lui. Il marchait sur la pointe des pieds pour tenter de dépasser le canopy. A est physique, il ne se laisse pas démonter lors des jeux de bagarres entre petits mecs. Bref c’est chouette de voir cela.

Je n’étais pas là mais ma maman m’a rapportée que le plus grand de ses cousins, collégien maintenant, avait demandé en parlant depuis une autre pièce alors qu’ils jouaient ensemble : « Mamie il est de quel pays déjà A? “. Elle a répondu » il est né en France, il est français ». « Oui mais mamie c’est quoi déjà ses origines ? »

En off je crois qu’elle lui a dit ensuite tranquillement : « Faut pas trop dire ça devant A. Il est encore petit »

A. a entendu parler de son histoire dès qu’on a passé une semaine avec lui à la pouponnière. Le concept de « naître » c’est peut être encore abstrait pour lui. Il y a un an, entendant la chanson:  » j’suis pas né dans un chou j’suis pas né dans un fleur, même si elle m’appelle bout de choux, je suis né dans son cœur  » il montrait le nez de mon visage. Je n’ai pas retesté sa compréhension du mot » naitre » depuis.

Le jour du pique nique de notre association (Efa) , je lui parle et je lui dis qu’on va retrouver les papas et mamans qui ont eu des enfants comme nous par adoption. Il s’est mis sous mon ventre en disant « moi je suis un petit bébé, je suis dans le ventre de maman ». D’en haut (je veux dire de ma hauteur, ce qui est relatif) ça m’a fait bizarre de me retrouver avec le mini ventre que me faisait sa tête. Je lui ai dit que j’aurais bien aimé le porter mais que c’était une autre dame qui l’avait eu dans son ventre que nous on était arrivé après, qu’on nous avait choisi pour être son papa et sa maman et que j’étais sa maman pour la vie (c’est le moment qu’on bosse quand on postule à l’adoption 🙂 j’étais au point sur le sujet). Ça lui a suffi à ce moment là.