Fière de nous

Mister A est un petit garçon assez colérique des lors qu’il est contrarié. Ça fait deux ans que ça a débuté. Ses excès de colère me poussent dans mes propres retranchements.Ses excès de colère montre aussi son fort besoin de sécurité.

Depuis le confinement et le déconfinement, nous avons passé beaucoup de journées tous les deux (avec le Man’ dans une pièce à côté, porte fermée la plupart du temps.) J’ai télétravaillé comme je le pouvais (ou plutôt comme je ne le pouvais pas). Il y a quinze jours, j’ai repris le chemin du bureau pour un jour en présentiel. Le matin, Mister A a dit « Je veux pas que tu partes, restes là »… début de colère. Le soir à mon arrivée, ça n’a été que des gestes violents dirigés vers moi, associés à des pleurs, des cris et ce dès la plus petite des frustrations ou déceptions. Identifier les facteurs déclenchants permet de comprendre, en anticiper certains (comme la faim ou fatigue) mais une fois la colère déclenchée, cela ne suffit plus. Durant une semaine, j’ai senti une énorme régression. Mister A oscillait sans cesse entre contact, demande de câlins puis opposition, colère. J’ai remarqué que lui hurler dessus ou être très autoritaire était totalement inefficace. En plus au fond de moi, c’est la même émotion que je pressentais. Quand on dit qu’un enfant trouve les failles chez ses parents, le nôtre a bien réussi son rôle.

Je me suis dit qu’il fallait que je travaille sur moi, sur ma propre colère (que je méconnaissais) pour tenter de donner l’exemple et l’aider. J’ai lu des livres (Fillozat. Johane Lemieux), écouté des podcast (de l’institut de la Parentalité), lu des blogs (papa positive).

J’ai retiré quelques idées phare que je recopie toutes viennent des podcasts de http://institut-parentalite.fr/l’institut de la parentalité (c’est donc de la paraphrase):

« Avant l’âge de 5 ans, on ne parle pas de gestion des émotions mais d’autorégulation des émotions entre parents et enfants. La théorie des neurones miroirs explique que l’enfant qui manifeste des crises de colère, fait grandir le même sentiment chez son parents et vice versa ».

« Ce n’est pas quand un bateau est en pleine tempête qu’on peut apprendre à naviguer, c’est avec du recul. C’est pareil pour les enfants, ce n’est pas en pleine colère qu’on peut demander qu’il se calme. Il faut trouver des techniques de retour au calme dans un moment d’apaisement. L’enfant pourra ensuite les utiliser en pleine tempête ».

Lorsqu’un enfant est en crise de colère il faut l’aider à comprendre ce qu’il se passe comme utiliser comme des sous titres à la situation. Voici un illustration un exemple de cette semaine quand j’ai senti que j’allais me prendre des coups de pieds ou qu’il allait un peu jeter son vélo : « J’ai l’impression que c’est difficile pour toi de ne pas réussir à faire du vélo tout seul » ,en couplant à de la valorisation pour enlever le fait de ne pas y arriver « mais on n’arrive pas à faire les choses de suite on apprend, on chute, on recommence » plus des exemples réussis avant : « tu vas apprendre comme quand tu as appris à marcher, à parler ».

Je me suis donnée comme envie sur 2020 de travailler sur cette colère « ambiante » pour moi car ma jauge personnelle est en permanence à un seuil réactivé trop rapidement. Je me suis aussi donnée cette envie pour nous car au quotidien dès le réveil passé, ça peut vite devenir usant et au fur et à mesure de la journée, éreintant.

Alors quand il y a eu de la frustration et des tentatives de griffures, il y a une semaine, j’ai adoré avoir un gros pull pour tenter mes nouvelles techniques car j’étais déjà protégée physiquement. Concernant le déclencheur, je crois qu’il voulait regarder un dessin animé ( chez nous on les limite, on prévient quand ça va s’arrêter, on enregistre le fait qu’il était d’accord mais ce soir là ce n’est pas passé). Il n’avait pas fait de sieste, la combinaison était donc au point pour que ça parte « en vrille ». Durant 10 minutes j’ai répété la même chose, utilisant la méthodes des sous titres : « Mister A je vois que tu es en colère, je crois que pour toi c’est compliqué de ne pas avoir de dessin animé, tu en as vraiment envie. Ton papa t’as dit que tu verrais les Minions (mais quelle idée) mais c’était pas de suite même si toi tu l’as compris comme ça. C’est interdit de taper et de faire mal. Tu arrêtes. Comme c’est difficile je peux t’aider à faire passer ta colère autrement, je suis là si tu as besoin. Tu as le droit d’être en colère mais pas de taper, abîmer nos affaires. Je suis à côté de toi si tu as besoin d’un câlin par exemple » (et durant 10 minutes, je me suis répétée et j’ai fait des variantes). A un moment, je suis un peu partie, il m’a suivie et puis à force de proposer un câlin, il a lâché prise sur mon épaule en ajoutant : « Tu peux me faire des guilis dans le dos? ». J’en revenais pas d’avoir réussi à l’apaiser en restant calme. Ça m’a semblé magique! J’ai dit au Man’ que j’avais eu l’impression de décrocher une médaille d’or. Cette remise en question est en effet un sacré encouragement pour continuer dans cette parentalité là qui pour moi est un grand écart avec mon éducation, les principes que j’avais imaginés.

J’ai aussi découpé des cartes pour l’aider à manifester autrement ses colères (c’est aussi ce que quoi travaille la psychomotricienne qui me dit que Mister A va plutôt bien). Les cartes qui sont sur le site papa positive proposent des alternatives pour revenir au calme en pleine colère . Elle sont à apprendre lorsque tout va bien de sorte à créer de nouveaux réflexes de pensée en situation de stress, peur, échec etc ….Ca marche aussi pour les adultes. Pour le moment, on a juste essayé celles : « Aller chercher son doudou », « Choisir une musique qui fait du bien » et « Souffler plusieurs fois ». La semaine dernière il a réussi à souffler alors qu’il hurlait « Essaies de souffler pour faire passer ta colère, souffler fort comme pour faire décoller un avion avec toute ta colère ». Ça a fonctionné une fois et j’ai de suite valorisé  » Je suis fière de toi tu as vu, tu as réussi à passer à autre chose et tu l’as fait tout seul. C’est super. Ta colère a été plus courte (oui, même les petits progrès on s’y raccroche) ou autrement on peut aussi dire ,moins grande.

Les colères sont toujours là mais il y a du mieux. Ce sont de petits pas mais ce sont des pas tout court de progression. Ça ne marche pas à tous les coups mais je pense que ça permet de créer comme des nouvelles autoroutes de pensées pour enlever ce qui ressemble à des pulsion de colère, gestes violents. Je ne suis pas non plus toujours très disponible pour garder mon calme et résister à l’envie de crier, punir mais je tente aussi de me maitriser et regarder les situations sous un autre angle. On nous a dit que c’était un marathon mais on a grandit cette dernière année.On peut être fiers de nous 3 (il y a aussi le Man’ bien sûr). Et quand rien ne marche, on peut toujours dégainer notre « kit d’urgence » avec les chansons de Calogero souvent là pour nous sauver la mise. Depuis qu’il est bébé c’est ce qui l’apaise toujours. Google home est notre ami, faut juste ne pas se tromper de chanson préférée du moment pour ne pas raviver le volcan de la colère juste éteint.

4 réflexions au sujet de « Fière de nous »

  1. Je ne suis presque plus sur les blogs mais je viens encore de temps suivre tes aventures.
    Je voulais te féliciter . Oui te féliciter car il en faut de la patience, de la ressource et de l’inventivité pour faire face à cette colère.
    Je te trouve très résiliente, tu te remets beaucoup en question et cela a toujours été pour moi la vraie , l’unique qualité d’un parent aimant. Reconnaître qu’on fait fausse route, chercher, expérimenter .
    Alors bravo , continue !
    Qu’elle est douce cette photo de vous deux qui sonne comme une grande histoire .

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    • Histoire ou victoire les deux vont très bien je trouve. Bon depuis même s’il y a eu ce pas la pour nous 3 j’ai encore motivé pour chercher de l’aide. Rdv psychologue pour enfant dans la semaine. C’est un cheminement tout ça. Merci de me le dire. C’est sur qu’en tant que parent on s’affranchit de plein de choses et on déplace des montagnes.

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