A propos pour2graines

Maman par adoption depuis 2016

RQTH acceptée

4 mois après ma demande auprès de la MDPH, j’ai eu un accord de RQTH (Reconnaissance en qualité de travailleuse handicapée). Ca peut surprendre certains car mon « handicap » est invisible la plupart du temps (comme celui d’une personne handicapée sur 5).

Quand j’ai un peu dit que j’avais cet accord ça a pu étonner, même les personnes qui savent que j’ai une endométriose. Moi j’y ai vu une reconnaissance de ma maladie, une légimitimité. Le but est de pouvoir aménager mes conditions de travail pour me préserver dans le présent et pour les années à venir. Je l’ai encore plus compris en lisant cette définition :

RQTH : Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé : « Est considérée comme travailleur handicapé toute personne dont les possibilités d’obtenir ou de conserver un emploi sont effectivement réduites par suite de l’altération d’une ou plusieurs fonctions physique, sensorielle, mentale ou psychique. »
Cette reconnaissance ouvre droit à un certain nombre d’avantages pour la personne handicapée (orientation professionnelle par la CDAPH ou formation, aide des Cap emploi, aides de l’Agefiph ou du Fiphfp, etc.) et pour l’employeur (obligation d’emploi, aide au poste, etc.) ».

J’ai eu je crois 3 mois sans trop de douleurs fin 2020, début 2021 mais alors en avril, pendant 5 jours, une bonne crise m’a rappelé que ce ‘handicap » était bien là. Les douleurs ont été fortes, froides par rapport à d’habitude, une sensation de raideur absolue dans mon bas ventre. J’étais en difficulté, même avec des antagiques, pour avancer sur 10 mètres. J’ai bien senti passer le côté imprévisible des fréquences et des douleurs liées à la maladie. J’ai donc bien réfléchi à ce qui pouvait sur le long terme, me soulager.

J’ai écrit à la DRH en joignant ma notification (j’attends toujours une réponse). J’ai finalement trouvé un référent handicap qui m’a donné quelques informations sur la RQTH dans le monde du travail. En résumé, au niveau du management, il peut y avoir des aménagements quand il y a des problèmes de santé mais une notification de la MDPH est une reconnaissance officielle. J’ai rencontré ma chef avec qui j’ai échangé sur mes idées . Je l’ai trouvée ouverte et impliquée. Je suis allée re(voir) la mèdecine du travail et nous avons donc acté (rien d’exceptionnel, mais je pense que je n’avais pas besoin de plus) :

  • 1 jour de télétravail par semaine pour motif médical
  • 1 jours supplémentaire de télétravail par semaine en cas de crise et fortes douleurs (elles sont à mon appréciation).
  • 1 équipement de télétravail (Alors qu’avant je me déplaçais avec mon ordinateur portable entre la maison et le travail, là je suis tout équipée chez moi. Comme ça si je matin, je ne le sens pas niveau douleurs, je sais que j’ai tout à mon domicile pour remplir mes missions professionnelles).

Avec les négociations en cours suite à la crise sanitaire, syndicats, délégués du personnel et RH réfléchissent à maintenir le télétravail 1 à 2 jours par semaine dans mon service donc finalement je pourrais me dire « tout ça pour ça » mais je me dis plutôt : « j’ai fait cela pour mon avenir et désormais mon temps partiel et mon jour de télétravail sont de droit » . Voilà, ça change tout et c’est positif.

Reconnaissance de travailleuse handicapée, maladie chronique et monde du travail (partie 1)

Depuis un an, avec mes collègues, je suis en première ligne face aux demandes croissantes d’aide, d’accès aux droits, d’informations, d’accompagnement d’un public précarisé . Sur le premier confinement j’ai « télétravaillegardé ». Je m’occupais de Mister A, j’avais plein de rôles différents à la maison : maîtresse, coach sportive, lingère, cuisinière, maman et professionnelle. Ni tout à fait au travail, ni tout a fait disponible en tant que maman, il y a eu des journées difficiles, des moments de crise mais j’ai occupé ma place dans la vie de mon service même avec mes contraintes familiales. Toute mon équipe a fait de même. Après 3 mois et demie, je suis revenue physiquement au travail et en juillet on a eu une réunion de service avec le Grand Chef. Les compliments ou plutôt la reconnaissance a été rapide. On est vite parti dans le dur du sujet, la reflexion autours de notre nouveau projet de service. Nous avons parlé des avantages du télétravail mais en retour le Grand Chef a eu ces phrases qui m’ont semblé assez « rétrogrades » et complètement à l’inverse de l’ère du temps et de l’évolution de la société : « Venir au travail doit représenter un effort. Faire un trajet, se déplacer pour venir à son bureau, c’est quelque chose de l’ordre d’un effort et c’est ce qu’on demande. Le travail ce n’est pas le confort. Le télétravail c’est confortable mais ça ne restera pas comme ça après. Je ne suis pas pour ».

Ni une, ni deux, ces phrases ont été un déclic et je me suis dit que j’allais faire une demande de RQTH (reconnaissance en qualité de travailleur handicapé) auprès de la MDPH ainsi que la demande de la carte Mobilité Inclusion pour m’assoir dans les transports en commun. J’ai remarqué que l’émergence du télétravail dans ma vie professionnelle m’avait permis une meilleure santé au moment du bilan de fin d’année. Depuis 2 ans, je suis sujette à des douleurs et une fatigue assez chroniques liées à l’endométriose alors mon confort ou plutôt la prise en compte des conséquences de ma maladie pour aménager mes conditions de travail, je me suis dit que c’était pour maintenant.

En une après midi, j’ai précisé mes attentes :

  • pour ma vie professionnelle :  » Ma maladie induit des douleurs chroniques dans les membres pelviens et inférieurs et une fatigue physique s’installe. J’apprécierais de pouvoir m’économiser si besoin en ayant par exemple une partie de mon activité réalisée de façon régulière en télétravail. Cette reconnaissance me permettrait d’aménager mon temps et ma façon de travailler en fonction des crises au caractère imprévisible ».
  • pour ma vie personnelle : « mon trajet domicile -travail représente 1h30 par jour , je sollicite la carte de priorité pour obtenir une place assise dans les transport en commun ».En crise, les douleurs sont accentuées par les vibrations, les imperfections de la route ou de la conduite. Je suis plusieurs fois descendue à mon arrêt les larmes aux yeux trouvant les trajets interminables et usants j’ai donc précisé : « Rester debout lors de crises est parfois assez insupportable. Une place assise permettrait d’apaiser les crampes, contractions, limiter les mouvements, vibrations que subit mon corps en position debout ».

Puis j’ai fait remplir le certificat médical de la MDPH ( Maison Départementale des Personnes Handicapées) par ma gynéco qui a validé les demandes. J’ai ajouté mes comptes rendus médicaux des 2 opérations et d’examens (IRM, echographies).

Après un délai de rendez-vous de 3 mois, j’ai rencontré le médecin du travail. Je me sentais légitime dans mes demandes mais vis à vis de mon employeur, je ne savais pas jusqu’où je pouvais aller en terme de préconisations entendables. J’ai lu que certaines filles ont besoin d’être proches des toilettes, d’avoir des horaires flexibles en fonction de la fatigue ou pour se rendre à des rendez-vous médicaux. Ma demande à moi c’était de valider l’intérêt du télétravail un jour par semaine. Il m’a en plus été proposé d’avoir la flexibilité d’être dans cette disposition d’aménagement aussi de façon ponctuelle et non prévue, dans le cadre de douleurs trop importantes. Sur le coup, je ne savais pas trop quoi en penser. Avec du recul, je réalise que ce n’est pas du luxe même si l’arrêt de travail a aussi son utilité quand seul le repos est salutaire.

L’endométriose est invalidante je me suis dit je tente et on verra bien. J’ai déposé ma demande en décembre. Niveau douleurs c’était un peu l’accalmie. J’étais un petit peu « fière » de ma démarche.

Grandir

Lors d’un dernier article je disais que j’étais « fière de nous » et que je comprenais mieux Mister A. En fait, entre temps, j’ai reperdu le monde d’emploi de notre loulou ! En prenant du recul, c’est logique car ce qui marche un jour, ne marche pas toujours. Même s’il y a des petites régressions, qu’il faut accepter le temps que l’orage passe, Mister A grandit et change. J’ai l’impression qu’au niveau de son développement psycho émotionnel (oui ça fait très psy de dire ça) il y a eu un cap de passé juste après ses 4 ans. J’ai l’impression qu’on a franchi le pic du « terrible twoo » (cette petite adolescence entre 2 et 4 ans). Ce que je suis contente de ne plus autant mettre d’énergie au quotidien dans la construction de cette relation! Honnêtement il n’y avait pas le choix mais on a beaucoup donné sur le sujet. Cet été on a revu une psychologue pour enfants car il y a eu quelques expériences de journées  complètement affreuses qui font gentiment « sauter les plombs », « exploser la cocotte minute ». Ca nous a redonné des pistes pour que Mister A et nous évoluions plus sereinement.

J’ai compris à travers les difficultés qu’on a traversées ce qu’était en soi, dans ma chair (ou mon cœur), l’amour inconditionnel. Je le résumerais par cette phrase trouvée dans un livre enfant « Quand je te regardes et que tu me regardes, je me demandes quelle personne merveilleuse tu seras. Tu deviendras la personne que tu voudras et je t’aimerais toi, qui que tu sois ». Mister A avec ses fameuses antennes qui vont chercher dans les failles de ses parents m’a fait le cadeau de me faire évoluer avec lui depuis ses 22 mois.Il m’a fait découvrir des tomes entiers de réflexions autours des émotions et de la colère. D’ailleurs, on a une bibliothèque très fournies de livres jeunesse autours de ces sujets.

Pour Mister A, nous faisons attention à garder des rythmes et des rituels (heure de repas, routines sous forme de pictogrammes pour avoir un support visuel quand répéter ne sert à rien faute d’attention). Nous étions bohèmes, nous avions un enfant qui a 18 mois se  réveillait en souriant à minuit lors de nos vacances au ski pour une balade du chalet de nos amis vers le nôtre, ca c’est complètement fini. Maintenant, les changements d’habitude peuvent le déséquilibrer. En ce sens, le temps de prendre nos marques, le mois de septembre a été éprouvant entre les exigences ou résolutions que l’on se met avec la nouvelle rentrée et le changement de rythme. Au retour de la garderie périscolaire, nous avions un enfant fatigué (par moins de temps de sieste), un peu affamé (il ne mangeait pas à la cantine), excité de sa journée ; c’était le cocktail parfait pour avoir du mal à supporter les frustrations et partir en colère (ou pleurs de déchargement). Alors on a trouvé des astuces pour nous adapter à lui. Les principes de repas équilibrés ou de ne pas manger entre les repas, on les a mis sous le tapis. Ce n’est pas un combat éducatif qu’on a choisi pour l’instant. Notre enfant a faim à 18h alors c’est très simple, pour qu’il passe à autre chose, que l’un de ses besoins essentiels soit rempli et qu’on vive dans un climat agréable, il mange (un pitch, un gâteau, du wasa avec du kiri, une compote, on s’en fiche il mange). Ensuite on ne tarde pas à faire des repas ensemble assez tôt (avec une super appli de programmation de repas sur mon téléphone, qui m’a changé la vie, a baissé ma charge mentale) et s’il ne tient pas ,il mange avant. La faim chez Mister A c’est terrible, c’est ce qui le fait dégoupiller émotionnellement. Encore très récemment il n’arrivait pas à l’exprimer et face à un enfant complètement en crise, je passais à côté de la faim, pensant qu’il avait mal ou froid ou ne voulait pas marcher …. Bref, il a faim, il mange.

A l’école, on nous a dit qu’il n’avalait rien (on le pressentait, mais l’année dernière les retours n’étaient pas dans ce sens). Dès qu’on l’a su, en octobre, on a tenté de prendre les choses en main en le préparant mentalement au menu du lendemain. Chaque soir, on a listé ce qu’il allait manger (parce qu’il aimait), ce qu’il pouvait gouter (pour faire un effort) et ce dont il pouvait éventuellement s’abstenir. On s’est mis en position de coach alimentaire. Résultat,  à la veille de ces vacances de Noël, il goutte un peu de tout, même ces drôles de pâtes un peu comme des légumes (appelés salsifis). Les ATSEM nous ont indiqué qu’il faisait des efforts. Il a une sensibilité (odorat, gout, texture) que nous n’avons pas mais il évolue. Il a même tenté le poisson (à l’oseille), mais il a eu un reflexe de dégout. On verra plus tard le chapitre produits de la mer.  Pour le moment, à la maison, on s’éloigne d’un mètre de lui, non pas pour les gestes barrières mais parce que l’odeur du poisson semble vraiment gênante pour lui.

Niveau émotion et colère, nous avons toujours des chapitres de vie incluant cette thématique. Cependant, les colères sont moins fortes, moins longues et grand changement, Mister A arrive parfois à les tempérer. On était à une crise par jour en moyenne depuis ses 2 ans.  Pas juste « mon enfant me tape une fois », non, des sacrées crises. Aujourd’hui, on est à une crise par semaine. Le jour où je suis toute seule avec lui, mon mercredi de repos, est le moment idéal pour évoluer l’un et l’autre sur le sujet. C’est le jour culminant des « colères » et tentatives de régulation des émotions. Ma patience, mon empathie versus ma colère et mes émotions sont mises à rude épreuve. Face à une crise, j’essaie des choses pour tenter de comprendre ce qu’il vit, lui proposer des alternatives et puis à un moment, je perds patience et je crie parce que j’en ai marre moi aussi. Je ne me dis plus « mais pourquoi je suis là pour subir ça , c’est tellement désagréable », il a passé un cap, je le vois, ses progrès (et les miens un peu) sont notables. Y’a eu un déclic de sa part. Un mercredi, il s’est réveillé de la sieste et deux minutes après, il hurlait, il a tapé dans les portes, jeté des affaires .Quarante-cinq minutes d’enfant en rage que je n’arrivais pas à décoder car aucun mot ne sortait de sa bouche. C’était le tsunami émotionnel dans sa tête. Bref, à un moment il a dit « dessin animé ». Je lui avais expliqué avant qu’il se couche, que le mercredi soir, selon le déroulé de la journée, on verrait pour un dessin animé. Au réveil de la sieste, il pensait donc que c’était le moment et comme ça n’arrivait pas, il est monté dans les tours. Une fois les mots sortis, j’ai compris quel était le souci et j’ai reparlé : « Je t’avais dit que le dessin animé c’était ce soir. C’est pas encore le soir là. Le soir c’est quand la nuit tombera ». 5 minutes après cet échange, j’ai eu un petit qui est revenu vers moi en réclamant un câlin (et là c’est gagné, la tempête est passée, il demande à être apaisé) avec ces mots : « Mais maman, je savais pas moi que le soir c’est quand il faisait nuit ». Voilà, c’était la première colère qu’il a pu traverser par lui-même. Une première victoire à son actif, le début d’une évolution. Depuis, on a acheté des petits livres d’Isabelle Fillozat sur les colères qui illustrent notamment comment faire pour que la frustration soit moins difficile à vivre en proposant des alternatives.
Petit à petit à force d’en parler, lire et surtout essayer, s’entrainer,  je crois que ça rentre dans les reflexes de notre petit loup. Hier, il a juste tapé des pieds de frustration parce qu’une activité s’arrêtait. J’ai trouvé ça super et en plus je suis restée totalement impassible me disant, allez hop maximum 45 minutes à l’entendre et moi je reste zen. En moins de 10 minutes, c’était plié et il s’est ré installé à côté de moi.

Le point noir qui reste c’est la propreté. Hier sur j’ai entendu que des enfants n’étaient pas prêts que ce soit physiquement ou psychologiquement avant 4 ou 5 ans et que c’était pas grave alors, on va continuer à garder du lest. Mister A est propre seulement la commission c’est dans une couche et debout. Le pot il y a un an a fonctionné un mois mais aux vacances de Noël, nous n’avions pas emmené Son pot à notre destination. Résultat des courses, il s’est bloqué, ça a duré un mois avec des massages, de la kiné , des médicaments et pour finir un lavement et depuis on pense qu’il a peur. On essaie mais il n’a aucune envie, il a peur d’avoir mal et même s’il n’y a jamais eu d’accident et qu’il attend, on aurait envie de passer à autre chose. On a un pot qui fait des supers chansons, parle en 4 langues mais il est devenu trop petit. On tente de trouver des étapes intermédiaires, faire popo dans la couche mais en position accroupie (après l’échec de faire dans la couche sur les toilettes), c’est un sacré parcours. Pour le moment on n’a pas trouvé la clef à ce problème. Lors des vacances de Toussaint on a passé quelques demies heures en lisant des histoires, encourageant, ça a marché une fois, deux, mais ensuite c’est compliqué donc ça aussi on verra plus tard. Par contre si vous avez des idées nous sommes preneurs (les gommettes de réussite, la récompense ou la menace, on n’a pas essayer. La frustration de l’échec en plus récurrent, le petit gars n’aime pas, ça le bloque ou le déçoit de lui-même).

Alors que cet été, médecin et psychologue évoquaient peut être un TDAH (trouble déficitaire de l’attention avec ou pas hyperactivité) en nous disant qu’au regard de son âge, il fallait se laisser le temps de l’évaluation, un diagnostic pouvant se faire qu’à partir de 6 ans, on semble s’éloigner du tableau clinique.  Mister A grandit plus sereinement. Il reste dynamique, bouge, a besoin de se dépenser physiquement mais il arrive à se concentrer, jouer seul plusieurs dizaines de minutes. Il nous écoute quand on lui parle, retient des petites poésies où écoute des histoires contées. Il est rock and roll au niveau de son caractère mais à l’école même si en début d’année il jouait de la air guitare électrique avec son copain, il apprend bien, il s’intéresse, il n’est plus en retrait et s’amuse bien avec les autres enfants, il est totalement intégré. Cet attachement parents enfant, si important, au début ambivalent résistant, semble être plus sécure. C’est super intéressant d’assister et contribuer à ce qu’il est et deviendra. Je suis sûre que nous avons tissé ce lien de confiance, amour, complicité quand il me fait des câlins tout doux et dit «  Maman je t’aime plus loin que les nuages ».

Levée de l’anonymat des donneurs de gamètes avec effet rétroactif sur les dons déjà réalisés, je suis choquée

Loi de bioethique avec levée de l’anonymat des donneurs avec effet rétroactif sur les dons déjà réalisés. Je trouve ça choquant et c’est bien sûr mon avis.

Nous avons réfléchi à notre parentalite durant des années j’allais dire presque une décennie. Nous avons eu recours au don d’ovocyte car nous le considérions comme un don de gamète, de cellule biologique. Un don donc un cadeau qu’on nous avait fait. Un don non payant, un don, une aide, un coup de pouce.
Nous sommes passés devant le juge aux affaires familiales en audience. Nous avons des papiers officiels de l’état français pour dire et certifier qu’il n’y aurait aucun lien entre l’enfant qui serait à naître et la donneuse.
Nous nous sommes engagés sur cette démarche de fiv avec don sur ces points. C’est sur ces bases que nous avons fait 5 transferts d’embryons issus du don d’une femme pour nous. C’était le deal et là le deal change en cours de route de façon rétroactive… Je trouve ça choquant. Entre guillemets, je suis soulagée d’être devenue maman autrement car nous n’aurions pas fait cette démarche si nous avions su cela. Nous avions été d’ailleurs rassurés par le personnel du cecos à ce sujet …

Et dans notre histoire de fiv avec don qui n’a finalement pas fonctionné, nous avons amené 2 voir 3 autres personnes.
A l’époque, il fallait être déjà parent pour être donneur. Un don dit « parrainé » (qui bien sûr ne nous était pas destiné) permettait d’avancer sur la liste d’attente annoncée de deux ans. Alors il y a eu M et L puis peut être des années plus tard A qui a mûri sa décision de devenir donneuse. Pour aider des couples avec des problèmes de fertilité, de santé et pour nous aider à réduire l’attente, ils sont allés au cecos plusieurs fois. Les filles ont suivi les procédures de stimulations et les ponctions d’ovocytes non sans mal. A m’a envoyé la photo de la porte du secrétariat du cecos au début de la procédure. J’ai accompagné M au Chu le jour de sa ponction et j’y suis restée la journée. Pour L, il a aussi eu plusieurs rendez vous.
Dans leurs démarches il n’a jamais été question qu’on remonte jusqu’à eux, qu’une fois le don réalisé, ça impacte plus leurs vies qu’un don de moelle par exemple.
C’était cette loi avec ces conditions qui a motivé leur choix.

Nous avions prévu nous aussi que le Man’ fasse ce geste si on devenait parents biologiques sauf que cette étape ne s’est jamais réalisée donc la suite non plus. J’imagine donc plus aisément la douche froide ressentie ce soir pour ces donneurs de gamètes.

L’idée de la ré écriture de cette règle de la loi, c’est d’accéder j’imagine pour les enfants issus d’un don, à leurs origines. Des origines biologiques, des caractéristiques physiques oui mais pour moi, il n’y a ni mère, ni père biologique là dedans. Il n’y a eu au départ aucune intention de filiation, de lien, de connaissance réciproque. L’enfant issu d’un don a à connaître son histoire, pour nous c’était une évidence, mais l’identité de la personne qui a aidé ses parents ce n’était pas prévu du tout. Je dirais même que la loi était garante de la protection de l’identité des donneurs.

Puisque nous avons adopté et c’est une bien autre démarche, nous savions quand nous avons sollicité notre agrément, que notre futur enfant pourrait avoir accès à ses origines. Nous savions et nous avons été préparés au fait qu’il y avait une histoire d’abandon et d’adoption, le parcours d’une femmequi avait pris la décision de laisser l’enfant qu’elle avait porté à un autre couplé, pour un futur qu’elle estimait ne pas être en mesure de lui apporter. Nous savons que notre fils à partir de ses 16 ans pourra s’il le veut, consulter son dossier et avoir accès au début de son histoire de vie, a des informations permettant peut être d identifier sa mère biologique. C’est aussi cela que nous lui expliquerons. C’est depuis le début de notre démarche d’adoption que avons été dans cette parentalite particulière constituée de tous ces éléments. C’est en y réfléchissant que nous nous sommes dit que nous nous en sentions capables, que nous étions à l’aise sur cette démarche et cet accès aux origines personnelles.

Si ce soir nous étions devenus parents via la pma avec don, le ciel nous serait tombé sur la tête et encore plus si le Man’ avait permis la naissance peut être de… je crois 7 enfants (nombre maximum d’enfants nés me semble t’il à partir d’un don de sperme).

Je pense donc à M, L et A. Je vous serre virtuellement dans mes bras. Je pense aussi aux couples qui sont devenus parents grâce à un don de gamètes et pour qui la politique change la donne. Je pense aussi à ses enfants issus d’un don mais je ne crois pas que la recherche des origines biologiques était préoccupante pour la majorité d’entre eux.

Quelle a été la pensée du législateur en changeant cette loi qui à la base n’appartenait pas au projet de bioethique ? J’ai bien entendu quelques témoignages médiatisés mais c’est tout. Ce soir, je suis abasourdie qu’on puisse faire ce volte face législatif avec effet rétroactif.

Fière de nous

Mister A est un petit garçon assez colérique des lors qu’il est contrarié. Ça fait deux ans que ça a débuté. Ses excès de colère me poussent dans mes propres retranchements.Ses excès de colère montre aussi son fort besoin de sécurité.

Depuis le confinement et le déconfinement, nous avons passé beaucoup de journées tous les deux (avec le Man’ dans une pièce à côté, porte fermée la plupart du temps.) J’ai télétravaillé comme je le pouvais (ou plutôt comme je ne le pouvais pas). Il y a quinze jours, j’ai repris le chemin du bureau pour un jour en présentiel. Le matin, Mister A a dit « Je veux pas que tu partes, restes là »… début de colère. Le soir à mon arrivée, ça n’a été que des gestes violents dirigés vers moi, associés à des pleurs, des cris et ce dès la plus petite des frustrations ou déceptions. Identifier les facteurs déclenchants permet de comprendre, en anticiper certains (comme la faim ou fatigue) mais une fois la colère déclenchée, cela ne suffit plus. Durant une semaine, j’ai senti une énorme régression. Mister A oscillait sans cesse entre contact, demande de câlins puis opposition, colère. J’ai remarqué que lui hurler dessus ou être très autoritaire était totalement inefficace. En plus au fond de moi, c’est la même émotion que je pressentais. Quand on dit qu’un enfant trouve les failles chez ses parents, le nôtre a bien réussi son rôle.

Je me suis dit qu’il fallait que je travaille sur moi, sur ma propre colère (que je méconnaissais) pour tenter de donner l’exemple et l’aider. J’ai lu des livres (Fillozat. Johane Lemieux), écouté des podcast (de l’institut de la Parentalité), lu des blogs (papa positive).

J’ai retiré quelques idées phare que je recopie toutes viennent des podcasts de http://institut-parentalite.fr/l’institut de la parentalité (c’est donc de la paraphrase):

« Avant l’âge de 5 ans, on ne parle pas de gestion des émotions mais d’autorégulation des émotions entre parents et enfants. La théorie des neurones miroirs explique que l’enfant qui manifeste des crises de colère, fait grandir le même sentiment chez son parents et vice versa ».

« Ce n’est pas quand un bateau est en pleine tempête qu’on peut apprendre à naviguer, c’est avec du recul. C’est pareil pour les enfants, ce n’est pas en pleine colère qu’on peut demander qu’il se calme. Il faut trouver des techniques de retour au calme dans un moment d’apaisement. L’enfant pourra ensuite les utiliser en pleine tempête ».

Lorsqu’un enfant est en crise de colère il faut l’aider à comprendre ce qu’il se passe comme utiliser comme des sous titres à la situation. Voici un illustration un exemple de cette semaine quand j’ai senti que j’allais me prendre des coups de pieds ou qu’il allait un peu jeter son vélo : « J’ai l’impression que c’est difficile pour toi de ne pas réussir à faire du vélo tout seul » ,en couplant à de la valorisation pour enlever le fait de ne pas y arriver « mais on n’arrive pas à faire les choses de suite on apprend, on chute, on recommence » plus des exemples réussis avant : « tu vas apprendre comme quand tu as appris à marcher, à parler ».

Je me suis donnée comme envie sur 2020 de travailler sur cette colère « ambiante » pour moi car ma jauge personnelle est en permanence à un seuil réactivé trop rapidement. Je me suis aussi donnée cette envie pour nous car au quotidien dès le réveil passé, ça peut vite devenir usant et au fur et à mesure de la journée, éreintant.

Alors quand il y a eu de la frustration et des tentatives de griffures, il y a une semaine, j’ai adoré avoir un gros pull pour tenter mes nouvelles techniques car j’étais déjà protégée physiquement. Concernant le déclencheur, je crois qu’il voulait regarder un dessin animé ( chez nous on les limite, on prévient quand ça va s’arrêter, on enregistre le fait qu’il était d’accord mais ce soir là ce n’est pas passé). Il n’avait pas fait de sieste, la combinaison était donc au point pour que ça parte « en vrille ». Durant 10 minutes j’ai répété la même chose, utilisant la méthodes des sous titres : « Mister A je vois que tu es en colère, je crois que pour toi c’est compliqué de ne pas avoir de dessin animé, tu en as vraiment envie. Ton papa t’as dit que tu verrais les Minions (mais quelle idée) mais c’était pas de suite même si toi tu l’as compris comme ça. C’est interdit de taper et de faire mal. Tu arrêtes. Comme c’est difficile je peux t’aider à faire passer ta colère autrement, je suis là si tu as besoin. Tu as le droit d’être en colère mais pas de taper, abîmer nos affaires. Je suis à côté de toi si tu as besoin d’un câlin par exemple » (et durant 10 minutes, je me suis répétée et j’ai fait des variantes). A un moment, je suis un peu partie, il m’a suivie et puis à force de proposer un câlin, il a lâché prise sur mon épaule en ajoutant : « Tu peux me faire des guilis dans le dos? ». J’en revenais pas d’avoir réussi à l’apaiser en restant calme. Ça m’a semblé magique! J’ai dit au Man’ que j’avais eu l’impression de décrocher une médaille d’or. Cette remise en question est en effet un sacré encouragement pour continuer dans cette parentalité là qui pour moi est un grand écart avec mon éducation, les principes que j’avais imaginés.

J’ai aussi découpé des cartes pour l’aider à manifester autrement ses colères (c’est aussi ce que quoi travaille la psychomotricienne qui me dit que Mister A va plutôt bien). Les cartes qui sont sur le site papa positive proposent des alternatives pour revenir au calme en pleine colère . Elle sont à apprendre lorsque tout va bien de sorte à créer de nouveaux réflexes de pensée en situation de stress, peur, échec etc ….Ca marche aussi pour les adultes. Pour le moment, on a juste essayé celles : « Aller chercher son doudou », « Choisir une musique qui fait du bien » et « Souffler plusieurs fois ». La semaine dernière il a réussi à souffler alors qu’il hurlait « Essaies de souffler pour faire passer ta colère, souffler fort comme pour faire décoller un avion avec toute ta colère ». Ça a fonctionné une fois et j’ai de suite valorisé  » Je suis fière de toi tu as vu, tu as réussi à passer à autre chose et tu l’as fait tout seul. C’est super. Ta colère a été plus courte (oui, même les petits progrès on s’y raccroche) ou autrement on peut aussi dire ,moins grande.

Les colères sont toujours là mais il y a du mieux. Ce sont de petits pas mais ce sont des pas tout court de progression. Ça ne marche pas à tous les coups mais je pense que ça permet de créer comme des nouvelles autoroutes de pensées pour enlever ce qui ressemble à des pulsion de colère, gestes violents. Je ne suis pas non plus toujours très disponible pour garder mon calme et résister à l’envie de crier, punir mais je tente aussi de me maitriser et regarder les situations sous un autre angle. On nous a dit que c’était un marathon mais on a grandit cette dernière année.On peut être fiers de nous 3 (il y a aussi le Man’ bien sûr). Et quand rien ne marche, on peut toujours dégainer notre « kit d’urgence » avec les chansons de Calogero souvent là pour nous sauver la mise. Depuis qu’il est bébé c’est ce qui l’apaise toujours. Google home est notre ami, faut juste ne pas se tromper de chanson préférée du moment pour ne pas raviver le volcan de la colère juste éteint.

Petite colère (verre à moitié vide)

Je crois que je suis en colère ce matin. On vient de recevoir une notification de l’école nous indiquant que Mister A passait en moyenne section de maternelle. Comme le document officiel de l’académie et de notre ville qui indiquait qu’il n’y aurait pas de reprise d’école avant septembre, c’est arrivé par mail. Ce covid enlève tout de même le côté chaleureux des gens. Plus de contact avec les autres élèves, les copains, copines d’école, plus de lien avec la maîtresse si, avec une page internet. Pour un enfant de petite section qui était insécure en début d’année ça fait froid tout ça même si la maîtresse fait ce qu’elle peut.

J’étais en colère car nous n’avons eu aucune alternative de proposée. A cet âge c’est peut être le souci des gestes barrière mais cela fait 2 mois et demi que l’équilibre vie pro et perso n’est plus là. Il n’y a ni école ni garderie ni centre aéré et je ne suis pas dans les publics prioritaires. On ne sait pas non plus à un mois des vacances scolaires comment nous organiser. Aujourd’hui, ça m’énerve et me stresse. On nous parle de reprise économique mais les moyens techniques et humains ne sont pas là. J’espérais encore que cela change en phase 2 du déconfinement mais non.

Pour des raisons de socialisation elle était intéressante cette année de petite section. J’aurais voulu qu’il reprenne un jour par semaine, pour lui, pour moi, pour nous. Je trouve que d’une certaine facon, on a reculé sur les stéréotypes. Je pense qu’en majorité les femmes se sont arrêtées pour s’occuper des enfants que ce soit en garde spéciale ou en combinant avec le télétravail. Je suis tout de même devenue maîtresse, lingère, cuisinière, maman bien sûr, coach sportive, pâtissière et télétravailleuse à temps très partiel depuis 2 mois et demie. Sans perspective d’aide à part celle de ma maman bien précieuse, je ressens de la lassitude face à l’arrivée de l’été dont l’organisation personnelle et professionnelle est inconnue et incertaine à ce jour. J’en ai marre de faire l’école à la maison d’ailleurs, le programme me paraît rébarbatif et on a « relâché » depuis le retour des vacances de Pâques (en comprennant qu’il n’y aurait pas de reprise et que la situation allait durer)

Depuis deux semaines Mister A à décidé de ne plus faire les siestes qui me permettaient d’avoir du temps libre en début d’après midi pour travailler. Avant, je survolais mes missions de salariée en traitant les urgences, là, c’est le grand écart (et j’ai toujours été nulle en souplesse) ! En gérant au quotidien un enfant en bas âge tout en travaillant un peu, on ne nous demande plus de jongler entre « nos 2 vies » (pro et perso) mais de marcher sur les mains. Ça a été « la crise de nerfs « à la dernière visio de réunion de service avec des allers retours chambre-séjour, des cris de nous deux, des hurlements et la moutarde qui me monte au nez. Je me suis dit que c’était impossible de continuer comme ça d’où des solutions recherchées d’entraide entre mamans de l’école et puis un jour de garde familiale dans la semaine pour retourner au bureau, reprendre un peu le chemin du travail, avoir chacun son espace, se séparer et se retrouver ensuite à la fin de la journée.

Le but est de garder, de préserver son équilibre dans toute cette période de vie inédite et exceptionnelle. Je n’étais pas Wonder woman avant alors je ne vais pas le devenir. Je ne me suis pas mise à faire des brioches toutes les semaines, ni le repassage,ni des super activités artistiques, je suis restée moi.

J’apprécie cette parenthèse de vie qui est à part, qui se vit à 3. Je ne suis pas anxieuse d’une deuxième vague par contre je ferai mes entretiens professionnels masquée. Je me dis qu’on vit au jour le jour. Je remarque que notre fils a bien vécu le confinement et nous aussi. Ce lien d’attachement on s’en est bien occupé depuis la mi mars, on l’a bichonné même s’il y a des éclats de voix réguliers.

Dans le prochain article, je noterai ce que nous avons aimé, ce dont nous avons su profiter depuis la mi mars. C’est juste qu’aujourd’hui en entendant « France info édition spéciale » je me suis surprise à me demander pourquoi… Ha oui l’acte 2 du deconfinement… Chez nous, à part les week end, le quotidien, les rituels de nos semaines dites « de travail » c’est ce qui reste assez figé et ça risque de durer…

Allez dans le prochain article je cultive la gratitude du confinementw deconfinement phase 1 et 2. 😀

(et là je noterais dans mon prochain article tout ce que le confinement, j’ai pas l’impression que ma situation ait beaucoup évolué depuis le 11 mai

Il est né par l’Amour

J’étais à mon cours de yoga tout à l’heure. C’était special féminité. C’était super bien avec des mouvements dirigés vers le petit bassin, le périné. J’ai peut être plombé l’ambiance (mais ce n’est pas le cas) quand pour moi féminité et petit bassin me faisaient penser à l’endometriose mais bon,

On est dans La semaine de sensibilisation à l’endométriose et à la fin du mois aura lieu la marche mondiale contre l’endometriose sur Paris. D’une certaine façon, je suis conditionnée. Le week-end dernier j’ai créé des épinglettes avec le ruban jaune, symbole de notre maladie. J’en ai déjà distribué une dizaine à mes proches, mes collègues en relayant les informations sur ma maladie. Mais, même si là, je vous mets en photo ma création, je ne voulais pas parler que de ça.

Tout à l’heure, lors du cours de yoga en parlant du périné et des moulabandas, j’ai dévié avec une phrase dont j’ai le chic et qui hors contexte adoption devient incompréhensible : « moi je connais le périné mais c’est pas parce que j’ai accouché par voie basse ». Et bim, me voici en train de m’embourber dans mes propos : « mon fils n’est pas né par césarienne non plus ». Je me dis que là on va me regarder avec des gros yeux alors j’ajoute « je suis devenue maman par adoption ». Ma prof de yoga dit alors cela : » Ton fils il est né par l’amour ». C’est ça c’était très bien résumé. Notre fils est né de cette façon, de notre amour et il grandit car on s’y accroche.

Il est plus serein depuis quelques mois. Il ne tape quasiment plus. On arrive très souvent à le décoder donc à anticiper pour éviter les crises (le faire manger dormir à heures fixes, choisir nos combats, gérer les journées en fonction de son rythme anticiper les séparations en expliquant comment ça va se passer…) Alors y’a des ratés en fonction de la fatigue de chacun, de la disponibilité, d’emplois du temps qui ne dépendent pas que de nous mais les crises passent plus vite. Clairement, un décalage de rythme dans la journée, c’est une fois sur deux des manifestations de colère ensuite. Bref, aujourd’hui je profite, j’ai beaucoup de câlins, des bisous sur la joue ou le nez. Mister A semble plus pausé. Par exemple, j’ai eu la grippe et je faisais mes nuits sur le canapé pour ne pas rendre toute ma famille malade. En pleine nuit, je l’ai retrouvé blotti contre moi, partageant mon plaid, endormi en me donnant la main. J’ai trouvé cela hyper choux et émouvant.

Il me dit souvent « je t’aime maman ». Peut être le début de l’Oedipe ? Je lui répond que moi aussi et au tout début de nos vacances j’ai ajouté : « Je suis si contente que tu dises cela. Tu sais, pour arriver à ces mots, on a travaillé sur nous, tous les deux et ensemble avec papa. On a tous fait des efforts, on a modifié nos idées, nos comportements. C’est plus agréable, je suis fière de toi et de tes progrès « .

Alors c’est vrai, notre petit garçon il est né de notre Amour, il est né par l’Amour et c’est cela qui, même s’il ne suffit pas, est un ingredient indispensable à son évolution.

Endolorie

Hier en me réveillant j’ai eu l’impression qu’on m’avait marché sur le ventre. Un exces d’abdos? Non des douleurs d’endometriose. Ces mêmes douleurs ressenties en suites opératoires, cette sensation d’avoir des hématomes sur tout le bas ventre, d’être rouée de coups.

La tenue du jour ( jean slim) n’était pas du tout adaptée. Sur toute la journée j’ai marché difficilement. Tout le côté gauche me tirait avec en prime comme des douleurs ligamentaires. Comment je peux dire ça sans être crue… Vessie et appareil digestif ne fonctionnaient qu’avec des douleurs connexes. J’avais la sensation d’avoir un ventre « énorme » comme dirait mon fils et la démarche d’une femme en fin de grossesse. Sauf que non c’était juste une crise d’endometriose. Hors période de règles, c’est la première fois que je vis cela. Un bas ventre si enflé, si dur, si douloureux.

Sur le plan professionnel j’avais mon bilan d’activité à rédiger et bien j’ai réfléchi à chaque utilité de déplacement. Mes plus proches collègues ont bien vu que ça clochait quelque part.

J’ai arrêté ma pilule il y a bientôt un an car elle mettait en veille la maladie mais pouvait provoquer des tumeurs du cerveau. Aucun moyen de « contraception » depuis n’a été efficace pour arrêter les règles (me mettre en aménenorhée et ainsi contenir l’endometriose). Stérilet hormonal, pilules progestatives ont eu les résultats opposés avec des saignements h24.

J’ai eu l’occasion de tester les serviettes hygiéniques lavables, les culottes menstruelles, pas de soucis, sur ces deux derniers mois j’ai été la cliente non stop de ce genre de produits. N’en pouvant plus des règles avec, des « presque » malaises à chaque J1 (1er jour d’un nouveau cycle qui revenait toutes les semaines) j’ai appelé ma gyneco il y a trois semaines : « Vous arrêtez tout, ce n’est pas du tout efficace mais là je suis embêtée, je vais demander conseil car je ne vois pas quoi vous proposer de suite contre l’endometriose ».

J’ai donc arrêté ma pilule, sans rien, sans filet, un peu paumée et en colère tout de même. Dans la communauté des endogirls, on est beaucoup avec ce même soucis : des traitements inefficaces, inopérants, au fur et à mesure de l’ évolution de notre vie de femme. Il y en a qui ont lâché, qui ne prennent plus rien, souffrent souvent. D’autres qui se sont tournées vers la naturopathie, l’alimentation anti- inflammatoire. Moi je veux que ce soit la recherche qui avance pour soulager le quotidien de nombreuses malades.

C’est « juste » une maladie mais elle est chronique, bénigne mais toujours incurable. Je me disais que ça devenait le pompon si je n’avais plus trop de traitement possible. N’ayant pas trouvé d’idées par moi-même dans tout Internet, les associations de patientes, j’ai rappelé ma gyneco. Elle m’a trouvé une pillule qui vient juste de sortir sur le marché. Je vais être beta testeuse. Elle existait auparavant avec les œstrogènes. Ils les ont enlevés pour juste garder le côté progestatif (ce qui est indispensable dans l’endometriose). Voilà mon prochain espoir pour être soulagée et stabilisée.

Et en ce qui concerne la reconnaissance des conséquences de la maladie, je vais me renseigner auprès de la mdph (maison départementale des personnes handicapées) pour solliciter la carte mobilité inclusion et ainsi avoir une place prioritaire dans les transports en commun. En crise, rester une heure debout ça peut être insoutenable.

Dans 1 mois commence la semaine de sensibilisation à l’endometriose. J’ai préparé mes boucles d’oreilles home made et des rubans jaunes à distribuer à mes collègues.

3 ans et demie au quotidien on retient aussi cela

Bonne année déjà à tous et toutes. Cette année 2020, j’ai beaucoup aimé les vœux d’un site que je suis et qui s’appelle « fabuleuses au foyer ». Je vous mets le lien. Je me reconnais pas mal dans ce que dit sa créatrice.

Je vous souhaite une année 2020 pleine de vie et unique, une année avec des imperfections car oui, nous faisons de notre mieux, nous apprenons, mais nous allons encore faire des erreurs. Pour celles qui sont mamans, d’être maman mais pas que , d’être aussi d’autres facettes : celle de femme, d’épouse, d’amie, de fille, de copine, de créatrice… plein de jolies palettes de nous en quelque sorte.

Sur cette année 2019, je deviens je crois une maman plus sécure, un parent plus sécure pour Mister A (c’est son nouveau pseudo). J’ai encore du boulot, j’en aurais toujours mais je me sens plus sereine dans mes positions parentales. Ça ne s’est pas fait tout seul, j’ai été soutenue, j’ai été aimée, j’ai cherché aussi de l’aide et même si nous gérons de sacrées crises, qu’on ne comprend pas tout, tout le temps ou tout de suite, on apprend à être ses parents. Il a évolué, il a grandit, ça va continuer.

J’avais aujourd’hui envie de vous décrire aussi ses bons côtés, ce qu’on devine de sa personnalité car je me suis attachée ces derniers mois à décrire les moments durs. Bien sûr il a plein de facettes lui aussi. Alors voilà…

C’est un petit garçon tonique et musclé. Avec son mètre dépassé et ses 16 kg, il est fier de dire qu’il grandit. Ce n’est pas parce qu’il mange beaucoup, non, ça c’est compliqué. Il a beaucoup de force et d’énergie, il a besoin de se dépenser. Il aime courir sauter, partir en ballade dans la forêt. S’il me fait un câlin un peu à l’improviste alors que je suis assise en tailleur, il peut me renverser. Il ne se rend pas compte de son énergie. Plus tard, je l’imagine bien en demie de mêlée au rugby. Je me suis amusée à regarder sa courbe de croissance. A 18 ans il pourrait faire 1m80 et 68 kg. Ça devrait être la bonne stature!

Il demande beaucoup de câlins, de plus en plus, je me dis qu’il en a besoin. C’est plus son papa que moi son papa qu’il aime beaucoup. L’autre jour chez la psychomotricienne, il a dit qu’il était (pas en colère ou pas qu’il avait peur comme d’autres fois), non, il a dit qu’il était content parce qu’il avait vu son papa, qu’il avait passé du temps avec son papa. Ça m’a touchée parce que je me suis dit qu’il en avait besoin de sa cabine de pilotage (pour ceux qui ont lu la normalité adoptive). Nous venions de passer un dimanche avec des moments ensemble à 3 (sortie au skate park et en forêt, ce qui est rare mais apparemment précieux pour lui). Et l’autre jour où il a sorti de mon porte monnaie les cartes des différentes émotions, il a pris celle de « amoureux ». Je lui ai demandé de qui ? Je m’attendais à ce qu’il réponde « Coline », sa copine depuis ses 1 an. Non il a dit (vous le savez sûrement) « de maman ». Oh, j’ai trouvé ça super choux.

Il adore les histoires, depuis toujours. Nous lisons tout le temps, tous les soirs, des livres, des magazines. Sa marraine l’a abonné aux « premières belles histoires » et nous à « l’école des loisirs ». Il a des livres porteurs de messages subliminaux pour nous aider à vivre ensemble, à le faire grandir. Il aime aussi partir dans des imaginaires, dans la découverte des choses, du monde. Il adore « Grosse Colère », il a eu sa période « La maman de Choco » mais il lit de tout. Enfin « lire », il « regarde » plutôt, des « Martine », des imagiers à flaps sur le corps, des histoires d’animaux. En ce moment on prend les 90 pages des livres Walt Disney avec au choix, Mulan (moi je le trouve petit), Merlin l’enchanteur et son best off c’est le roi Lion. Le soir, on sait qu’il se relève pour regarder ses livres car le matin, on en a 2 ou 3 posés à côté de son oreiller.

Il est depuis toujours un enfant qui apprécie la musique. Il a le sens du rythme, il va lever le bras façon dj teuffeur, danser ou taper son pied pour marquer les temps. Tout petit, il s’apaisait en écoutant Calogero et c’est toujours le cas. On a trois CD de cet artiste dans notre voiture. Je le berce en lui chantant « Voler de nuit » mais à 3 ans et demie il nous demande « La Bourgeoisie des sensations » puis Vianney puis les Frangines. Dans ma « petite voiture citadine », avec mon lecteur cassette c’est Brassens qu’il réclame et c’est plus spécialement « gare au gorille ». Trois mois avant Noël il nous réclamait une guitare électrique et « pas acoustique ». Lors de la photo avec le père Noël à mon travail il a précisé une fois monté sur ses genoux : « Tanpis si j’ai pas le costume de Capitaine America, je voudrais une guitare électrique et un micro ». Il a tout eu et depuis, on a des concerts plus ou moins harmonieux dans notre salon . Il se la joue auteur-compositeur-interprète heavy metal/hard rock en hurlant sur son premier opus qui se résume à deux phrases « Il voulait être roi, mais il ne le savait pas ». A 7h15 le week-end, ça déménage!

Le Man’ me dit il n’est pas du tout logique, résoudre des problèmes, faire des puzzles, c’est pas son truc. Et bien non, pas pour le moment. Ni le côté loisirs créatifs. On a dû sortir deux fois la pâte à modeler cette année . Il n’est pas demandeur de ça.

Son autre attraction en ce moment, ce sont les supers héros. Il connaît depuis les catalogues de Noël, Batman, Spiderman, Capitaine America, Iron Man. Il joue avec leurs figurines et il se déguise très souvent à leur effigie. Il a appris en quelques jours comment faire la position des mains de Spiderman et c’est pas simple de plier deux doigts sur 5 à 3 ans et demie.

Depuis 6 mois, il a donné des prénoms à ses doudous. Nous avons Son doudou sous 3 exemplaires. Le plus récent s’appelle « Idric » et ses copies conformes mais plus abîmées avec une tête plus plate se nomment « Iris ». La dernière peluche achetée, un singe orang-outan a eu « Harmonica » pour prénom. La musique encore et toujours. Le soir en plus de l’histoire, ses grandes peluches, le lapin, le zèbre, le dragon et maintenant « Harmonica » vivent de sacrées aventures !

Niveau langage, depuis 6 mois les apprentissages sont énormes. Il prononce des petites phrases ou expressions rigolotes car pas tout à fait juste. On le reprend mais on les note pour les garder en tête avant qu’elles ne disparaissent.

Il sait conjuguer les verbes mais le verbe « être » parfois c’est compliqué : « Maman quand je sera grand je ferai de la trompette et toi peut être du trombone (il mime les deux instruments et me bluffe, je me demande où il a enregistré ça).

Il demande des yaourts « à la nature » et on trouve ça beau avec son papa. On les appelle nous aussi comme ça ces yaourts blancs que je ne trouve vraiment pas sucrés.

Il nous parle de la mort mais ça donne « Mémedith elle est morte, elle est au ciel, elle est avec le père Noël peut être ? ». Les personnes âgées, la vie et la mort, le concept n’est pas évident. Dans un parc en ballade on a eu droit à ça : « Nous on peut pas passer, la dame devant elle est morte ». « Non, c’est juste qu’elle ne marche pas vite, on la dépasse ». « Non la dame elle ne bouge pas, elle est morte. »

Le sans filtre si caractéristique où il dit ce qu’il pense ça peut être mignon et embarrassant. Au papa d’un de nos amis il a dit en touchant son ventre :  » J’aime ton gros ventre ».

En résumé ces moments là sont uniques, on avance avec lui avec ce qu’il est, en gérant comme on peut le quotidien. Nos soirées « pâte, jambon, on mange quoi? » sont fréquentes mais on s’est dit que ce n’était pas le plus important. On vit ces moments difficiles mais aussi heureux, vivants et parfois énergivores ça c’est sûr. Le quotidien de notre parentalité et même de la parentalité adoptive avec je crois, un petit plus à vivre et à accompagner.