Il est né par l’Amour

J’étais à mon cours de yoga tout à l’heure. C’était special féminité. C’était super bien avec des mouvements dirigés vers le petit bassin, le périné. J’ai peut être plombé l’ambiance (mais ce n’est pas le cas) quand pour moi féminité et petit bassin me faisaient penser à l’endometriose mais bon,

On est dans La semaine de sensibilisation à l’endométriose et à la fin du mois aura lieu la marche mondiale contre l’endometriose sur Paris. D’une certaine façon, je suis conditionnée. Le week-end dernier j’ai créé des épinglettes avec le ruban jaune, symbole de notre maladie. J’en ai déjà distribué une dizaine à mes proches, mes collègues en relayant les informations sur ma maladie. Mais, même si là, je vous mets en photo ma création, je ne voulais pas parler que de ça.

Tout à l’heure, lors du cours de yoga en parlant du périné et des moulabandas, j’ai dévié avec une phrase dont j’ai le chic et qui hors contexte adoption devient incompréhensible : « moi je connais le périné mais c’est pas parce que j’ai accouché par voie basse ». Et bim, me voici en train de m’embourber dans mes propos : « mon fils n’est pas né par césarienne non plus ». Je me dis que là on va me regarder avec des gros yeux alors j’ajoute « je suis devenue maman par adoption ». Ma prof de yoga dit alors cela : » Ton fils il est né par l’amour ». C’est ça c’était très bien résumé. Notre fils est né de cette façon, de notre amour et il grandit car on s’y accroche.

Il est plus serein depuis quelques mois. Il ne tape quasiment plus. On arrive très souvent à le décoder donc à anticiper pour éviter les crises (le faire manger dormir à heures fixes, choisir nos combats, gérer les journées en fonction de son rythme anticiper les séparations en expliquant comment ça va se passer…) Alors y’a des ratés en fonction de la fatigue de chacun, de la disponibilité, d’emplois du temps qui ne dépendent pas que de nous mais les crises passent plus vite. Clairement, un décalage de rythme dans la journée, c’est une fois sur deux des manifestations de colère ensuite. Bref, aujourd’hui je profite, j’ai beaucoup de câlins, des bisous sur la joue ou le nez. Mister A semble plus pausé. Par exemple, j’ai eu la grippe et je faisais mes nuits sur le canapé pour ne pas rendre toute ma famille malade. En pleine nuit, je l’ai retrouvé blotti contre moi, partageant mon plaid, endormi en me donnant la main. J’ai trouvé cela hyper choux et émouvant.

Il me dit souvent « je t’aime maman ». Peut être le début de l’Oedipe ? Je lui répond que moi aussi et au tout début de nos vacances j’ai ajouté : « Je suis si contente que tu dises cela. Tu sais, pour arriver à ces mots, on a travaillé sur nous, tous les deux et ensemble avec papa. On a tous fait des efforts, on a modifié nos idées, nos comportements. C’est plus agréable, je suis fière de toi et de tes progrès « .

Alors c’est vrai, notre petit garçon il est né de notre Amour, il est né par l’Amour et c’est cela qui, même s’il ne suffit pas, est un ingredient indispensable à son évolution.

3 ans et demie au quotidien on retient aussi cela

Bonne année déjà à tous et toutes. Cette année 2020, j’ai beaucoup aimé les vœux d’un site que je suis et qui s’appelle « fabuleuses au foyer ». Je vous mets le lien. Je me reconnais pas mal dans ce que dit sa créatrice.

Je vous souhaite une année 2020 pleine de vie et unique, une année avec des imperfections car oui, nous faisons de notre mieux, nous apprenons, mais nous allons encore faire des erreurs. Pour celles qui sont mamans, d’être maman mais pas que , d’être aussi d’autres facettes : celle de femme, d’épouse, d’amie, de fille, de copine, de créatrice… plein de jolies palettes de nous en quelque sorte.

Sur cette année 2019, je deviens je crois une maman plus sécure, un parent plus sécure pour Mister A (c’est son nouveau pseudo). J’ai encore du boulot, j’en aurais toujours mais je me sens plus sereine dans mes positions parentales. Ça ne s’est pas fait tout seul, j’ai été soutenue, j’ai été aimée, j’ai cherché aussi de l’aide et même si nous gérons de sacrées crises, qu’on ne comprend pas tout, tout le temps ou tout de suite, on apprend à être ses parents. Il a évolué, il a grandit, ça va continuer.

J’avais aujourd’hui envie de vous décrire aussi ses bons côtés, ce qu’on devine de sa personnalité car je me suis attachée ces derniers mois à décrire les moments durs. Bien sûr il a plein de facettes lui aussi. Alors voilà…

C’est un petit garçon tonique et musclé. Avec son mètre dépassé et ses 16 kg, il est fier de dire qu’il grandit. Ce n’est pas parce qu’il mange beaucoup, non, ça c’est compliqué. Il a beaucoup de force et d’énergie, il a besoin de se dépenser. Il aime courir sauter, partir en ballade dans la forêt. S’il me fait un câlin un peu à l’improviste alors que je suis assise en tailleur, il peut me renverser. Il ne se rend pas compte de son énergie. Plus tard, je l’imagine bien en demie de mêlée au rugby. Je me suis amusée à regarder sa courbe de croissance. A 18 ans il pourrait faire 1m80 et 68 kg. Ça devrait être la bonne stature!

Il demande beaucoup de câlins, de plus en plus, je me dis qu’il en a besoin. C’est plus son papa que moi son papa qu’il aime beaucoup. L’autre jour chez la psychomotricienne, il a dit qu’il était (pas en colère ou pas qu’il avait peur comme d’autres fois), non, il a dit qu’il était content parce qu’il avait vu son papa, qu’il avait passé du temps avec son papa. Ça m’a touchée parce que je me suis dit qu’il en avait besoin de sa cabine de pilotage (pour ceux qui ont lu la normalité adoptive). Nous venions de passer un dimanche avec des moments ensemble à 3 (sortie au skate park et en forêt, ce qui est rare mais apparemment précieux pour lui). Et l’autre jour où il a sorti de mon porte monnaie les cartes des différentes émotions, il a pris celle de « amoureux ». Je lui ai demandé de qui ? Je m’attendais à ce qu’il réponde « Coline », sa copine depuis ses 1 an. Non il a dit (vous le savez sûrement) « de maman ». Oh, j’ai trouvé ça super choux.

Il adore les histoires, depuis toujours. Nous lisons tout le temps, tous les soirs, des livres, des magazines. Sa marraine l’a abonné aux « premières belles histoires » et nous à « l’école des loisirs ». Il a des livres porteurs de messages subliminaux pour nous aider à vivre ensemble, à le faire grandir. Il aime aussi partir dans des imaginaires, dans la découverte des choses, du monde. Il adore « Grosse Colère », il a eu sa période « La maman de Choco » mais il lit de tout. Enfin « lire », il « regarde » plutôt, des « Martine », des imagiers à flaps sur le corps, des histoires d’animaux. En ce moment on prend les 90 pages des livres Walt Disney avec au choix, Mulan (moi je le trouve petit), Merlin l’enchanteur et son best off c’est le roi Lion. Le soir, on sait qu’il se relève pour regarder ses livres car le matin, on en a 2 ou 3 posés à côté de son oreiller.

Il est depuis toujours un enfant qui apprécie la musique. Il a le sens du rythme, il va lever le bras façon dj teuffeur, danser ou taper son pied pour marquer les temps. Tout petit, il s’apaisait en écoutant Calogero et c’est toujours le cas. On a trois CD de cet artiste dans notre voiture. Je le berce en lui chantant « Voler de nuit » mais à 3 ans et demie il nous demande « La Bourgeoisie des sensations » puis Vianney puis les Frangines. Dans ma « petite voiture citadine », avec mon lecteur cassette c’est Brassens qu’il réclame et c’est plus spécialement « gare au gorille ». Trois mois avant Noël il nous réclamait une guitare électrique et « pas acoustique ». Lors de la photo avec le père Noël à mon travail il a précisé une fois monté sur ses genoux : « Tanpis si j’ai pas le costume de Capitaine America, je voudrais une guitare électrique et un micro ». Il a tout eu et depuis, on a des concerts plus ou moins harmonieux dans notre salon . Il se la joue auteur-compositeur-interprète heavy metal/hard rock en hurlant sur son premier opus qui se résume à deux phrases « Il voulait être roi, mais il ne le savait pas ». A 7h15 le week-end, ça déménage!

Le Man’ me dit il n’est pas du tout logique, résoudre des problèmes, faire des puzzles, c’est pas son truc. Et bien non, pas pour le moment. Ni le côté loisirs créatifs. On a dû sortir deux fois la pâte à modeler cette année . Il n’est pas demandeur de ça.

Son autre attraction en ce moment, ce sont les supers héros. Il connaît depuis les catalogues de Noël, Batman, Spiderman, Capitaine America, Iron Man. Il joue avec leurs figurines et il se déguise très souvent à leur effigie. Il a appris en quelques jours comment faire la position des mains de Spiderman et c’est pas simple de plier deux doigts sur 5 à 3 ans et demie.

Depuis 6 mois, il a donné des prénoms à ses doudous. Nous avons Son doudou sous 3 exemplaires. Le plus récent s’appelle « Idric » et ses copies conformes mais plus abîmées avec une tête plus plate se nomment « Iris ». La dernière peluche achetée, un singe orang-outan a eu « Harmonica » pour prénom. La musique encore et toujours. Le soir en plus de l’histoire, ses grandes peluches, le lapin, le zèbre, le dragon et maintenant « Harmonica » vivent de sacrées aventures !

Niveau langage, depuis 6 mois les apprentissages sont énormes. Il prononce des petites phrases ou expressions rigolotes car pas tout à fait juste. On le reprend mais on les note pour les garder en tête avant qu’elles ne disparaissent.

Il sait conjuguer les verbes mais le verbe « être » parfois c’est compliqué : « Maman quand je sera grand je ferai de la trompette et toi peut être du trombone (il mime les deux instruments et me bluffe, je me demande où il a enregistré ça).

Il demande des yaourts « à la nature » et on trouve ça beau avec son papa. On les appelle nous aussi comme ça ces yaourts blancs que je ne trouve vraiment pas sucrés.

Il nous parle de la mort mais ça donne « Mémedith elle est morte, elle est au ciel, elle est avec le père Noël peut être ? ». Les personnes âgées, la vie et la mort, le concept n’est pas évident. Dans un parc en ballade on a eu droit à ça : « Nous on peut pas passer, la dame devant elle est morte ». « Non, c’est juste qu’elle ne marche pas vite, on la dépasse ». « Non la dame elle ne bouge pas, elle est morte. »

Le sans filtre si caractéristique où il dit ce qu’il pense ça peut être mignon et embarrassant. Au papa d’un de nos amis il a dit en touchant son ventre :  » J’aime ton gros ventre ».

En résumé ces moments là sont uniques, on avance avec lui avec ce qu’il est, en gérant comme on peut le quotidien. Nos soirées « pâte, jambon, on mange quoi? » sont fréquentes mais on s’est dit que ce n’était pas le plus important. On vit ces moments difficiles mais aussi heureux, vivants et parfois énergivores ça c’est sûr. Le quotidien de notre parentalité et même de la parentalité adoptive avec je crois, un petit plus à vivre et à accompagner.

De « Je vous souhaite bien du courage  » à « Je vais m’en occuper » (partie 1)

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Post long … en 2 articles

Depuis 5 mois d’accompagnement par la pédopsychiatre, la psychomotricienne (et cet été un petit bilan orthophoniste nous a été rajouté), notre fils a fait des bonds de géant et nous aussi. Quand j’aurais le temps je vous dirais comment on a agit au quotidien.

Je fais désormais attention à garder une jauge d’énergie suffisante car A. va me chercher dans mes retranchements et cela puise dans mes ressources personnelles. Il peut me solliciter, me tester, en me tapant, en ayant de agressivité, histoire de savoir si je vais rester une maman fiable. On avait intégré des techniques pour l’apaiser mais en fin de semaine son papa est parti en déplacement deux jours et il a repris ses « mauvaises habitudes ». J’ai retrouvé mon bonhomme insécure, me choisissant comme punching-ball préféré. Bref, il y a eu une matinée de grosse galère où j’ai mis deux heures à décoller de la maison, réussissant à arriver au travail avec « seulement  » 40 minutes de retard. Ensuite, un week-end plus posé s’annonçait chez papi.

Samedi matin 9h30, j’ai eu envie de me joindre à son papi pour aller boire un café en ville. A. était réveillé depuis 6h15, il avait été dans le lit de papi, ils avaient regardé des dessins animés. Encore en pyjama, c’est le Man’ qui l’a vite habillé et il n’a pas vu les vêtements préparés sur le lit. A. est ressorti prêt à partir mais avec ses habits de dehors , ceux qui servent à faire du vélo, courir, tomber, pas ceux dont j’avais envie. Bon, je me suis dit que j’allais « juste » lui changer son pull pour quelque chose d’un peu plus joli. Le Man’ m’a prévenue : « T’es sûre de vouloir ça parce que ça risque de partir en cacahuète « . « Oui » car je ne me voyais pas aller dans le café cosy pour présenter mon fils en tenue de jardinage. « Le combat pour changer le pull  » n’a servi à rien, on n’a finalement jamais pu partir tous les deux. Mon choix, a déclenché sa colère.

Il m’a griffée (en plus des ongles qu’il plante bien dans la peau, il bloque ses doigts comme des serres, je pourrais être faucaunière à force !). Ensuite il m’a tapée avec poings, mains, coups de pied ou il a tenté de le faire en me poursuivant. Honnêtement après l’essai du coin dans la même pièce, imposer mon choix, tenter de le canaliser en le contenant physiquement, j’étais à bout d’idées et je sentais ma propre colère arriver en miroir. Je crois qu’il a lancé des objets, que j’ai crié puis il est parti dans une chambre en claquant les portes en bois. Je me suis dit, je fais quoi ? Je mets mon pieds, je mets ma main pour l’attraper pour ne pas nous mettre en danger tous les deux? Je fais quoi? Je ne sais pas. Je n’ai pas d’idée. Il est en furie. Je ne sais pas quoi faire. Bon, on n’ira pas au café pour un pull…

Puis papi est arrivé lui aussi en colère face à nous deux, pas du tout habitué à ce bazar sonore en début de week-end, à un enfant qui hurle, se débat, fait voler les affaires et se met dans un tel état de colère qu’il s’y épuise depuis une vingtaine de minutes. Il nous a crié à son tour dessus :  » Non mais c’est pas fini ce bazar. Tu fais de la comédie. Tu es ici chez moi et ici on ne fait pas ça. C’est ma maison et c’est moi qui commande ». Puis s’adressant à moi : « C’est de votre faute s’il est comme ça, vous lui avez tout cédé. Il a fait et il fait de vous tout ce qu’il veut ».

Quand je parle de ma jauge de colère, au milieu du couloir de chez mon beau père avec mon fils toujours aussi en larmes, elle était très haute. J’ai tenté de m’opposer calmement ou plutôt en parlant avec des sanglots de colère parce que j’avais envie de lui crier à mon tour dessus. D’une voix une peu de celle qui a une angine mais c’était une angine de colère, la voix coupée par moments, j’ai dit en pleurant » Non, vous ne pouvez pas dire ça, vous n’avez pas le droit de dire de telles choses. On vous l’a expliqué, A. n’est pas un enfant tout a fait comme d’autres, il a un trouble, on vous en a parlé. Il va voir un pédopsychiatre et une psychomotricienne » (c’était pas pour nous justifier c’était pour nous défendre contre l’agression verbale). Il a répondu : « Un enfant il faut lui poser des limites, il ne fait pas ce qu’il veut ». J’ai rétorqué :  » On a fait cela seulement ça ne marche pas. Je vous rappelle qu’à 2 ans et 9 mois il a fait un trou avec sa boite à musique dans la porte de sa chambre. A. n’est pas bien en ce moment et moi je ne sais pas comment faire. Ce qu’on faisait avant ne marche plus « . Et puis il a prononcé cette phrase qui m’a assommée : « Et bien si c’est comme ça on son âge, pour la suite je vous souhaite bien du courage ».

Là, j’ai quitté la maison parce que j’avais besoin d’aller hurler quelque part. Je n’avais pas envie d’envenimer les choses. J’ai juste dit « Ce que vous dites est injuste ». J’ai mis mon fils en sécurité à défaut de l’apaiser (ce n’était plus dans mes capacités du moment) en le donnant à son papa qui avait entendu la scène. A pied, j’ai même escaladé la murette (les fermetures électriques sans bip ni clefs à disposition c’est la loose) et je suis partie marcher dans la campagne, jusqu’au village d’à côté (qui n’est pas loin). Je me suis répétée : il a tord, c’est pas vrai, on n’est pas ces parents qu’il décrit, on n’a pas à nous renvoyer ça. Je vais lui dire ce que ça me fait , ce que je ressens face à ces paroles puis … Mais comment faire pour aider A., rien ne fonctionne en ce moment, deux jours d’absence de son papa et bim il régresse. Je le sens flancher mais je ne sais pas comment m’y prendre. Il est de nouveau pas bien et je ne sais plus comment faire, comment le rassurer. Les rendez-vous avec la pédopsychiatre son trop loin, on a besoin d’un étayage régulier. 45 minutes et quelques kilomètres d’usure de chaussures plus tard, je suis revenue chez papi, posée (et j’allais dire en position « adulte »),prête à parler et à assumer. Le Man’ et A. s’étaient reposés mutuellement après 15 minutes de pleurs à chaudes larmes. Vive le week end en famille !

  • Au moment du repas du midi (en famille), le Man’ avait parlé à son papa qui je le voyais avait les larmes aux yeux. Il m’a dit « Je voulais te dire pour tout à l’heure »« Heu non, pas maintenant avec A présent. On en reparle au moment de sa sieste, ne vous inquiétez pas ça va « .Et une fois notre fils couché, j’ai déroulé ce que j’avais sur le cœur car on n’allait pas rester avec nos colères, maladresses,culpabilités, incompréhensions. Si on veut avancer, c’est bien ensemble et dans nos familles il y a de l’amour pour cela.
  • Moi : « Quand on a eu A. et ensuite durant 2 ans tout a été facile et puis d’un coup ça a changé. Au départ je me disais qu’A était un enfant comme les autres (j’ai utilisé le terme « normal » ) mais en fait il a des besoins particuliers (c’est un enfant actuellement avec des besoins spécifiques). Vous nous dites qu’un enfant on lui pose des limites et c’est ce qu’on a fait et qu’on fait seulement on a été dans un tel conflit l’année dernière que ça a été une escalade et personne n’était bien » .
  • Il a dit « Oui, je sais. je suis désolée d’avoir dit ça »
  • Moi : « L’année dernière on a tout essayé, le mettre dans sa chambre, chercher des temps calmes, poser des interdits , imposer même sans énervement avec un ton ferme et neutre mais ça ne fonctionne pas. A. a beaucoup de colère. Jusqu’alors on nous avait donné des conseils et ça fonctionnait bien, il a changé et puis là c’est revenu. En tant que parents, que maman, j’essaie de le contenir, de faire ce qui jusque là l’apaisait mais ça ne marche plus ».
  • Il a dit : « Oui, mais moi parfois je vous trouve trop gentils »
  • Moi : « A a dû se sentir en insécurité car ses émotions négatives débordent. C’est pareil d’ailleurs quand il est joyeux il ne gère pas son énergie. On fait ce qu’on peut mais là c’est difficile on n’y arrive pas . J’ai demandé un rendez-vous pour voir la pedopsy parce qu’on a besoin d’être aidé. A. c’est à nous en tant que parents à l’aider à grandir le plus sereinement possible et là je sens qu’il ne va pas bien. Il a eu une diagnostic de trouble de l’attachement. A la pouponnière il était décrit comme un petit garçon anxieux, faisant beaucoup de colères et ayant besoin d’être rassuré, réclamant beaucoup les bras. On ne l’avait jamais vu comme ça puis il y a un an c’est ressorti, il redevenu comme ça. On se fait aider et on nous a dit que ça allait être un marathon ».
  • Le Man’ ou moi avons ajouté « C’est assez horrible de nous dire : Je vous souhaite bien du courage » . Ce dont on a besoin c’est d’être soutenu et aidé quand on est en difficultés. S’il est comme ça avec nous, vous le faites sortir jouer avec vous, vous intervenez pour nous aider. »

Après ce week-end et ces grandes explications sur une éducation qui n’est pas le modèle ni de la mienne ni de celle qu’il a donnée à ses fils, je crois qu’il a entendu qu’en tant que parents d’A, on faisait comme on pouvait.

La parentalité est un sacré défi. Unique, épuisante, déroutante, enrichissante aussi et il faut se reconnecter à son enfant, profiter des moments simple pour l’apprécier

(N’hésitez pas à me faire partager vos expériences pendant que j’écris mon prochain article). En photo, c’est lui, un sacré caractère, un tigre parfois dans ses attitudes. Heureusement y’a pas que ça.

Sacré terrible two ?

Ça fait longtemps que je n’ai pas écrit. L’année 2018 a été finalement sacrément déroutante pour nous, enfin pour moi, trop de choses à gérer … et j’ai craqué. C’était en décembre mais il y avait des signes avant coureurs. En décembre, je me suis effondrée. Moi qui me pensais forte après des années de PMA, de démarche adoption, des traumas dans ma vie, je me suis sentie en quelques jours en insécurité sur plein de plans.

J’analyse avec du recul qu’au niveau du travail la reprise a été des plus compliquées : longueur des trajets, stress au travail, conciliation difficile entre la vie professionnelle et la vie privée. Au niveau des proches, il y a eu des décès. Au niveau perso, entre septembre 2018 et septembre 2019 j’ai eu 2 transferts d’embryons puis je me suis faite opérer de l’endométriose avec l’idée de tenter la cerise sur le gâteau, notre dernière FIV avec don. Au bout d’un moment, le vase a débordé.

Et j’en arrive au sujet principal de mon post que je vais couper en 2 fois, la question de l’attachement. Je vous avais raconté le début de notre attachement à tous les 3. Mon congé parental d’environ un an, je l’ai vécu comme une parenthèse des plus idylliques. Tout était des plus simples avec le Chaton, il était heureux, souriait, était très en interaction, toujours vif avec son regard qui ne laisse pas indifférent et ses expressions craquantes. Dans sa première année avec nous, il a toujours été très sociable, il s’est adapté à notre rythme. On pouvait l’emmener partout et d’ailleurs je faisais tout avec lui. Durant un an et demie, je dirais qu’il a un peu été le prolongement de mon bonheur intérieur, l’objet essentiel de nos attentions après des années d’attente. Je me suis consacrée entièrement à lui et j’en étais ravie. C’est un peu ce que font je crois la plupart des mères en congé parental de longue durée je pense. Je me rappelle de seulement 3 moments où j’en ai eu marre (une après midi où j’avais envie d’être toute seule, une soirée où je ne savais plus quoi faire avec lui- je n’avais plus d’idées d’activités-, et un midi où après 15 jours à me cracher la nourriture à chaque repas, j’étais un peu fatiguée d’avoir adopté le tablier plus la retouche de shampoing quotidiennement).

Pour moi le comportement du petit chaton a changé vers ses 22 mois. Il s’est mis à se rouler par terre, à me taper. Friande de conseils en parentalité, je me suis dit qu’on rentrait dans le terrible two, cette fameuse période entre 2 et 4 ans où notre enfant sage et calme devient plusieurs minutes par jour, une sorte de dragon. Ça a commencé quand j’ai su que j’allais me faire opérer de l’endométriose, j’étais stressée sur les suites organisationnelles post chirurgie et en même temps le Petit Chaton était replacé chez une nounou. Le soir, au moment de le récupérer il gesticulait dans tous les sens, me donnait des coups de pied pour monter dans son siège auto. On s’est armé de patience et 3 semaines après c’était passé. En post chir nous avons été attentifs à sa réaction et lorsque ma maman est venue s’en occuper à ma place en complément du Man’, nous avons entouré chaque journée par des mots, des explications, des câlins, des bisous, de la tendresse de ma part afin qu’il se sente le moins possible bouleversé dans ses habitudes.Le Petit Chaton colérique est redevenu assez doux.

Au moment d’un voyage professionnel du Man’ le mois suivant, nous avons expliqué 4 jours avant, ce qui nous semblait, ni trop tôt, ni trop tard, que papa partait quelque jours, que lui restait avec moi et que surtout on se retrouverait tous les trois d’ici 5 dodos. On a insisté sur le temps des retrouvailles. Sans son papa, même avec des conversations Whatsapp etc … le petit Chaton demandait « il est où papa? », normal. Le trajet en avion à 2 en hublot avec 2h de retard sur un temps initial de vol à peu pré équivalent, accroché à ma ceinture a été horrible pour nous deux. J’avais emmené en cabine des livres, des gommettes, des yaourts, des compotes et doudou mais j’avais oublié les gâteaux. En entendant tout le monde être servi, le petit chaton hurlait « gâteau ». Au départ j’ai réussi à le faire patienter , à lui dire de jolies phrases de parentalité positive comme : « Je comprends, tu as très envie d’un gâteau mais on n’est pas encore servi » « Je comprends, tu as très faim et bientôt ça va être notre tour ». Cependant, après 30 minutes trèèès longues , en larmes et énervé, il est devenu impossible à contrôler en terme d’émotion. Quand enfin le plateau repas est arrivé, le cake ne lui a pas plus, il l’a décomposé pour partie en miettes. Je lui ai proposé mon sandwich poulet tomate jambon qu’il a renversé de colère avec le plateau repas. Heureusement que le fromage blanc n’était pas ouvert car le plateau a volé dans toute la rangée. Je me suis reçue la tomate, je ne sais pas qui a réceptionné le poulet, le pain et le fromage, sur sa tête ou ses jambes. Il se débattait, en me tirant les cheveux et en me tapant de colère. Les hôtesses de l’air ont voulu le dégager mais il s’agrippait et me griffait le cou, lui, le Petit Chaton, poils dressés, gros dos et complètement hors de lui. J’ai pleuré de honte et j’ai dû lui dire que ce qu’il faisait n’était pas gentil puis, enfin pris en charge dans l’avion, il s’est apaisé en engloutissant 2 paquets de gâteaux au chocolat de la business class. On m’a dit « Ne vous inquiétez pas, nous aussi on est maman, voyager seule avec un petit c’est compliqué » et aussi des : « Il serait pas hyperactif ? « . Les vacances ont été l’objet de colères mais bon, elle durait 20 minutes même si elles nous prenaient de l’énergie. On a réussi à le punir en le mettant au coin de la poussette. On se demandait s’il n’avait pas faim, mal, mais les frustrations passaient difficilement. Sur l’été, les enfants de nos amis nous appelaient pour dire lors des moments de retrouvailles collectives « il m’a tapé ici, il m’a mordu, il m’a griffé ». A chaque fois nous avons posé des limites verbales avec au choix les tournures suivantes : « Taper, mordre, c’est interdit, tu n’as pas le droit de faire ça », « Taper ça fait mal, ça rend triste, ça fait pleurer » , « La main ça sert à faire des caresses, à dessiner ». On faisait le signe interdit en langage sourd et muet. Le jour de ses deux ans j’écrivais en légende d’une de mes photos de vacances : « Premier câlin tous les 3. Il nous a demandé et nous a serré très fort après une journée de parents ».

En reprenant ce souvenir, je crois qu’on découvre déjà en filigrane le comportement ambivalent qu’on vit depuis un an avec le Petit Chaton et qui vient juste d’être qualifié de « Trouble de l’attachement ambivalent résistant » (la suite demain).

Best off des dernières phrases entendues récemment (adoption)

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Comme je ne dis pas son prénom je vais appeler mon fils par « le petit chaton » mais bien entendu, les personnes s’adressent à lui par son prénom, celui que nous lui avons choisi il y a quasiment deux ans.

Première personne : « Ce n’est pas toi qui a été enceinte et qui a accouché du coup ça te fais pas bizarre ? T’arrives à te dire que c’est ton enfant ? Est ce que tu penses que ça ferait une différence si … Si c’était mon enfant biologique… (Je complète les phrases). Jai répondu que le Petit chaton était mon petit garçon sans aucun doute et que je ressentais rien d’autre que cela, que j’étais sa maman tout simplement. J’ai aussi ajouté que je m’en fichais éperdument de ne pas avoir été enceinte. C’était une jeune femme qui sûrement se posait des questions sur la maternité, c’était comment dire.. une question « naïve » dans le sens de sans arrière pensée.

Deuxième personne : « Le petit chaton pour toi c’est comme ton fils ? » Secondes de flottement  chez moi et une réponse évidente « Le petit chaton, c’est mon fils » (La virgule a son importance pour affirmer cette phrase et j’ai bien insisté sur le « C’est »)

Troisième personne (c’était cette semaine) : J’étais en train de donner à manger au petit chaton, on était mercredi midi et j’avais rendez-vous avec un réparateur pour mon sèche linge. Apparemment magicien, car toutes les personnes qu’il avait vu le matin avaient finalement leur appareil en fonctionnement sans qu’il fasse quelque chose (ce qui a été aussi mon cas!) mais alors il n’était pas médium pour autant. En arrivant dans le séjour il me dit : « Ha vous êtes nounou ! » Alors celle-ci elle était bien bonne. Digne du film « Il a déjà tes yeux » où la maman adoptive physiquement différente de son garçon est confondue par la pédiatre. Quand même un mercredi, chez un particulier, quand il y a une femme qui s’occupe d’un enfant c’est plus souvent sa maman non ? S’il y avait eu mon mari blond aux yeux bleus j’aurais peut être plus compris mais là ça m’a étonnée. Peut être que c’était en lien avec l’état de ma maison (c’est à dire une maison où le sol était décoré de livres enfants éparpillés, de poupées, de biberons, playmobil 123, un petit établi … en somme une maison d’enfant le mercredi). Peut être que c’était par déformation professionnelle puisqu’il m’a ensuite dit que sa femme était nounou mais qu’il ait pensé que le petit chaton était celui d’une autre car il ne me ressemblait pas alors qu’on était chez nous ça m’a fait tiquer. Le cerveau a des raisonnements un peu trop simples parfois. Il y a des remarques qui font sourire ou étonnent quand on est maman et que son enfant ne nous ressemble pas forcément, qu’on l’ait porté ou adopté.

Enfin, à deux 2 ans passés, on sait qu’on a largement mis notre patte dans ce qu’il est. En ce moment il est dans l’imitation, c’est rigolo et mignon. Il aime chanter comme moi (et alors depuis la semaine dernière qu’on a tous les deux suivis un atelier sur les chansons gestuelles, je suis à fond et il commence à dire les mots associés aux gestes. D’ici une semaine on devrait arriver à la première chanson en entier). Il se love dans un plaid le soir tout comme moi (mais il y prend son biberon). Du côté de son papa, il l’attend avec hâte tous les soirs parce qu’il rentre plus tard mais le matin j’ai deux cro-magnons à la maison qui font chacun la même « chorégraphie » pour sauter sur notre lit et faire « la bagarre ».

2 ans c’est beaucoup de changements. De bébé il devient un petit garçon. Il a un sacré caractère qui nous fait réfléchir à nos réponses éducatives et à nous remettre en question régulièrement mais il est trognon aussi. Cette semaine il nous a appelé « Papa » et « Maman » en y ajoutant nos prénoms. Je ne savais même pas qu’il connaissait le mien et qu’il arriverait à le prononcer. Alors même si physiquement on peut étonner on est notre famille.

(photos des étés 2017 et 2018).

Adoption : les droits de l’arrivée de son enfant jusqu’au jugement d’adoption plénière

Après avoir géré la gastro familiale dans les tous premiers jours à la maison (j’écris en différé c’était en 2016), nous avons dû nous engager dans plein de démarches administratives avec plus ou moins de compréhension de la part des interlocuteurs. Le service adoption qui nous a vraiment bien accompagné après notre agrément n’était pas entièrement calé sur le sujet. C’est le réseau de parents adoptifs qui nous a bien aiguillé ainsi que des recherches sur Internet. Il y a des moments où il a fallu taper fort sur la table pour se faire entendre (c’est bien sûr une expression, je suis tout a fait respectueuse ).

Du côté des parents : 
Le couple qui accueille un enfant confié en vue de son adoption, a droit au congé adoption. Il est à solliciter auprès de la sécurité sociale.
Le congé adoption c’est un peu l’équivalent du congé maternité. Il peut être pour un des parents ou les deux. Lorsqu’il est divisé entre les conjoints, sa durée est de 10 semaines et 11 jours. Il y a un minimum de 11 jours à prendre par l’un des parents mais ensuite on s’organise comme l’on veut. Il peut commencer une semaine avant la date où l’enfant est confié.
Dans notre cas, mon mari qui a le plus gros salaire a pris 10 semaines et moi les 11 jours. On a débuté notre congé adoption au premier jour de la semaine d’adaptation à la pouponnière. Cette période de 2 mois et demie à 3 a été un énorme bonheur. Quand je regarde les photos de cette fin d’année 2016, mon Man’ a les yeux qui pétillent, on est dans cette phase de rencontre et de découverte mutuelle. Nous transparaissons comme des parents émus, heureux et qui savourent. Le petit chaton lui est beaucoup moins expressif qu’aujourd’hui mais nos photos rappellent ces échanges de regards si puissants, purs et savoureux.2017-02-16 18-35-00

J’ai ensuite enchaîné sur un congé parental. Par le plus grand des hasard, j‘avais prévenu mon employeur un an pile avant l’Appel mais dans la loi c’est deux mois avant par lettre en recommandé. Autant prendre les devants pour ne pas être surpris. Cette fois, c’est la CAF qu’il faut contacter (ou la MSA pour les personnes relevant du régime agricole ?).
Parents d’enfants confiés en vue de leur adoption, on tient compte de notre situation particulière. Le congé parental va jusqu’à 12 mois après l’arrivée de l’enfant ou après la fin du congé adoption contre 6 dans le cadre d’une naissance (pour un 1er enfant). Il peut être total ou à temps partiel.
On l’a su en décalé alors fan du petit chaton, j’ai allongé mon congé initial de 6 mois à temps plein avec 4 mois supplémentaires. J’avais envie de profiter de l’été, des balades au soleil, des beaux jours (l’année n’avait pas été aussi pluvieuse qu’en 2018 !) et surtout de lui ! J’ai repris mon travail à 80 % avec encore 2 mois de congé parental à temps partiel.
Au niveau du porte monnaie, la CAF m’a versé pour un congé parental à temps plein, 390 €/mois de PREPARE (Prestation Partagée d’Education de l’Enfant). A temps partiel à 80 % , le droit est de 141 €. Je m’étais renseignée, il n’y avait aucun versement pour une reprise d’activité à 90%.

Ce qui semble dépendre de la politique familiale du département, c’est ensuite l’accès ou pas à l’Allocation de Soutien Familial au titre de Tiers (versée par la CAF ou la MSA). L’allocation de Soutien Familial dans l’esprit de la loi c’est une aide versée à une personne qui s’occupe d’un enfant privé de ses parents.  Alors au premier abord ça fait bizarre de se dire qu’on peut en bénéficier car on se sent parents de notre petit mais aux yeux de la loi, avant le passage au tribunal dans le cadre du jugement d’adoption plénière, c’est bien un enfant pupille de l’état, né sous X qui nous est confié en vue de son adoption. Il a d’ailleurs son identité temporaire mais officielle c’est à dire les 3 prénoms qui lui ont été donnés à sa naissance.
On a appris cela en différé. Alors que j’avais signalé, puisque c’était le cas dans mon coeur, qu’en lien de parentalité le petit chaton était notre fils, j’ai ensuite modifier notre « dossier » pour le noter comme « enfant né sous x, pupille de l’état confié en vue de son adoption ». J’en parlerais dans un prochain article (qui j’espère ne prendra pas des mois) mais jusqu’au 6 mois après l’apparentement minimum, le suivi du service adoption se poursuit à raison d’une visite à domicile par mois. On réalise à travers cela et encore plus en lisant le rapport d’adaptation que le services sociaux envoient au juge puis la rédaction de notre part d’une « lettre de motivation argumentée et détaillée manifestant l’intérêt réel porté à notre enfant », qu’en effet, juriquement, notre petit est sous la protection du département lors de sa première année. Du coup, je me suis sentie légitime pour demander cette prestation. Elle s’arrête le mois précédant le jugement d’adoption plénière.
Le montant de l’ASF est de 110 euros par mois même un peu plus (J’ai un peu oublié).

Au regard des ressources (ce n’est pas spécifique à l’adoption) on peut ouvrir droit à l’allocation de base PAJE de 90 € et/ou/ou pas! à la prime à l’adoption .

Du côté du petit bout : 
A sa naissance, le département a protégé le petit chaton. Il avait une couverture santé complète avec la PUMA (Protection Universelle Maladie) pour les soins, les examens, bilans, médicaments dont il a bénéficié de son arrivée dans notre monde à la pouponnière. 
De suite après la semaine d’adaptation et donc le début officiel de son placement en vue d’adoption, nous avons fait une demande de rattachement auprès de notre caisse de sécurité sociale en envoyant son contrat de placement et son extrait d’acte de naissance. Ca permet d’aller en consultation avec la carte vitale d’un des parents.

Pour la partie complémentaire santé (mutuelle quoi), durant 1 an, un bébé né pupille bénéficie de la CMUC (Couverture Maladie Universelle Complémentaire). Cela permet de ne rien payer le concernant , de ne pas faire d’avance de frais.
J’avais peur au départ que cela le stigmatise, que des soignants ou pharmacies nous refusent mais cela n’a jamais été le cas.

Côté discrimination, mais ce n’est pas un droit, nous avions appris que notre mutuelle versait une jolie somme à la naissance des enfants. Naïvement, j’ai donc sollicité cette aide qui s’appelait « Prime à la naissance ». Aucune nouvelle après quelques semaines, je les ai donc contactés par téléphone. Et là, je suis tombée des nues « Je suis désolée Mme mais dans votre contrat il n’y a pas de droit car c’est une prime que pour une naissance et pas pour une adoption ». Le fait d’indiquer qu’avant tout il s’agissait de l’arrivée d’un enfant quelle qu’elle soit n’a rien changé, ni de préciser que du côté de ma boite c’était « naissance ou adoption » Elle m’a dit de contacter le Président du groupe où travaille mon mari, que lui seul pouvait influencer sur les termes du contrat. J’ai quand même hésité à « déranger » avec ma petite question de maman, le Président France de sa multinationale! A la place, j’ai donc rédigé un courrier ou plutôt un plaidoyer à destination de notre mutuelle. Je leur ai écrit le pamphlet suivant  :  « Je pense que vous jouez sur les mots concernant le contenu de notre contrat, puisqu’il paraît discriminatoire de faire la différence entre un bébé né sous X et adopté et un enfant né dans sa famille dite « naturelle ». Mon travail, mon comité d’entreprise n’ont fait aucune différence sur cela. Je ne comprendrais pas que ce soit le cas de votre côté. En effet, cette prime est censée concerner l’arrivée d’un enfant au foyer de ses parents. Après son jugement d’adoption plénière comme tout enfant, notre fils va figurer sur notre livret de famille avec notre filiation.
J’ai fini avec la petite formule de politesse : « Je vous remercie de l’attention portée à notre situation peut être atypique mais relevant tout simplement de l’arrivée d’un enfant, d’un bébé au sein de sa famille ». Et bim, deux semaines après on avait l’argent sur notre compte.

Cet article se veut être une source d’information pour les parents adoptants ou ayant juste adoptés. Les informations de notre département étaient partielles alors je me dis que ça peut aider. Ca peut aussi être complété par vos expériences ou témoignages. A suivre donc …

Sa Bai Jia Bei cousue et qui a accompagné ses premiers mois

La Bai Jia Bei, c’est la création de la couverture unique dédiée à notre petit. Je l’ai résumée dans cette rubrique .
Le projet de rassembler des coupons de tout horizon a égrainé notre attente vers notre fils. Cent proches ou personnes, sensibilisés à notre histoire, émus de la suivre, nous ont envoyé un morceau de leurs espoirs, de leur attente à travers un coupon de tissus. Il ont choisi ce symbole pour nous dire le plus souvent ce que l’on peut résumer par cette phrase : « On vous entoure, on est là, restez patients, votre bébé va arriver ».
J’ai donc envie de dire un Grand Merci car ces petites cartes reçues très régulièrement depuis 2013 ont été très importantes pour moi. Comme le jeu des 12 mois organisé lors des mariages, elles ont apporté de façon inopinée, sourires et/ou larmes tant les message étaient touchants.
Les associations de coupons ont demandé des heures de réflexion et c’est ensuite notre amie Marie qui a faufilé chaque fils, cousu ce lien unique entre les pièces de tissus, pour mettre en scène cette création.

Nous l’avons utilisée à l’arrivée du petit chaton, durant les mois d’hiver. Depuis qu’il se déplace, les objets au sol sont vite devenus obsolètes. La Bai Jia Bei a pour nous une place particulière. Elle a été imaginée de la taille d’un dessus de lit enfant ce qui va lui assurer une autre utilisation dans les mois à venir.
A l’aide de support (doudou ou album photo offert à la pouponnière et à la maternité) , je parle régulièrement de son début de vie à notre petit chaton. Dans quelques mois je lui conterais la genèse de sa petite couverture et beaucoup plus tard il aura accès aux mots qui lui ont été écrits alors que personne n’avait encore fait sa connaissance.

Nos premiers mois tous les 3, l’attachement avec notre bébé

Je me demande ce qui peut aider les futurs parents adoptants alors si vous me lisez, dites-moi ce qui faciliterait votre cheminement, accompagnerait votre attente, ce sera peut-être plus interactif.

J’avais l’impression durant ces premiers mois que nous vivions une sorte de « Lune de Miel » mais ce monde de la petite enfance et de la parentalité dans lequel nous sommes plongés est encore tout aussi doux aujourd’hui. Hier j’ai relu mon témoignage sur le blog « Parlons adoption » alors voici quelques morceaux choisis sur le début de la vie à 3 : 


Après plus d’une semaine entre chez nous et la pouponnière, nous étions finalement très fatigués en retrouvant notre maison. Au premier week-end j’ai senti deux après-midi d’épuisement. Je pense que les vannes de l’émotion ce sont ouvertes à ce moment.

Sur la gestion du quotidien, au départ, on s’est demandé comment on allait réussir à organiser nos journées avec ce tout nouveau bébé. Nous étions des parents en apprentissage (pas des super parents, ce n’est pas nécessaire) et tout geste prenait du temps. Se laver avant 14h, arriver à cuisiner pour le midi,  cela nous a été impossible sur la première semaine. Dégager du temps libre m’a semblé un effort considérable ! Les courses aux drives, les achats de surgelés et les gratins de pâtes ont été nos alliés pour les repas. L’organisation réglée et ensuite celle que je qualifierais de « Croisière » a pris 4/5 mois ! Aujourd’hui j’arrive même à sortir de chez moi une heure après son réveil ! 

Sur le plan de l’attachement et de la création du lien, les services de l’adoption avaient insisté lors des rendez-vous post agrément, sur la nécessité et l’importance de se créer une bulle à l’arrivée de notre enfant en restant une semaine voir 10 jours que tous les 3. On pouvait quand même sortir de chez soi pour les balades mais les visites devaient être très limitées. Notre petit garçon a toujours été sociable, souriant et finalement nos proches nous ont vus assez rapidement. J’étais à l’affût des réactions et expressions pour limiter éventuellement les temps de visite mais cela n’a pas été nécessaire. Tout le monde avait été prévenu que, tout comme nous au début, il ne fallait pas trop le toucher. Notre bébé est donc resté dans nos bras ou dans son transat quand nos amis se sont présentés à la maison pour le rencontrer. 

Il nous avait été aussi précisé de nous occuper de tous les soins : changes, biberons, et du portage pour créer à travers les échanges, le toucher, les sens, une relation privilégiée et unique, celle des parents à leur enfant. Nous avons bien respecté cela et honnêtement le confier à d’autres, c’était le début des petites séparations avec lui donc je n’étais pas pressée. Concernant ces premières fois, ma maman et ma belle-sœur ont porté le petit chaton au bout de 2/3 visites, c’était environ 3 semaines après son arrivée. Pour le biberon, on a attendu 1 mois et demi et c’est sa marraine qui lui a donné. 


Nous avons remarqué en regardant à posteriori des photos que le petit chaton que l’on trouvait déjà en relation, s’était ouvert encore plus au fil des semaines. Il a toujours été un bébé apaisé, facile, faisant ses nuits mais ce n’est qu’après deux mois qu’il s’est par exemple posé sur notre épaule quand il était fatigué. Les services de l’ASE ont vraiment pointé l’importance de ces étapes, de cette progression pour permettre aux bébés arrivés par adoption de trouver leurs repères. Nous avons réagi en fonction de son comportement, nous nous sommes adaptés et je crois que c’est ce qui est à garder en tête. 

L’attachement a été un coup de foudre pour mon mari et une évidence pour moi au retour à la maison. J’ai beaucoup visionné l’émission « la maison des maternelles » durant mon congé parental. Un jour le sujet devait être « Quand devient-on maman/parents ? » L’accent avait été mis sur l’importance du peau à peau avec un nouveau-né, voir l’allaitement afin de générer une hormone de l’attachement et du plaisir, l’ocytocine. Je peux vous dire que loin de cette chimie, maman par adoption, je ressens que le petit chaton est à 100 % mon fils. Je ne perçois aucun manque quand il dit « ma maman », qu’il me tend les bras, qu’il me regarde avant d’essayer d’aller vers les autres pour vérifier que je suis là et qu’il peut découvrir un nouvel environnement. La parentalité adoptive est une énorme chance dont nous profitons chaque jour. Selon moi, les liens du cœur et de l’amour sont plus forts que le reste. Notre petit garçon s’il avait fallu attendre encore des mois pour le rencontrer, je n’aurais pas hésité (mais je ne l’aurais pas su non plus).

Parure de mariée en argent martelé pour Caroline

Mon amie Caroline nous a conviés à son mariage religieux cet été. L’année dernière j’avais créé ses bijoux pour son mariage civil http://pour2grainesetdesbijoux.blogspot.fr/2016/05/parure-de-mariee-fleur-de-feuilles.html. C’était un grand moment d’émotion d’autant qu’elle m’a de nouveau choisie pour créer sa parure de bijoux de mariée.
Nous sommes parties de son envie d’utiliser dans son collier et ses boucles d’oreille, des gouttes pendantes qu’elle possédait déjà. Partir d’elles pour trouver ses bijoux à Elle. 
La matière noble utilisée est l’argent qui se décline notamment (pour les ronds et les perles) sur un aspect martelé effet diamanté. J’ai associé des swaroskis rondes et blanches pour faire écho à sa légère robe toute en dentelle. Je recherchais dans la pointe du collier le rappel du visuel des boucles d’oreille. Il y avait aussi un bracelet reprenant les mêmes éléments. 
J’ai eu une semi carte blanche pour la réalisation et j’ai attendu avec confiance l’intuition.
Photographe Lyon Adeline Melliez

Ce mariage nous a aussi fait verser des larmes de bonheur puisque le petit chaton a été présenté à mes amies qui vivent aux quatre coins de la France. Elles ont attendu longtemps ma maternité, que ce soit à chaque FIV ou lors du parcours d’adoption. Elles m’ont énormément soutenue à chaque étape, quand les jours étaient mauvais ou quand les semaines devenaient longues. La Bai Jia Bei, c’était leur merveilleuse idée. Du coup, tenir mon petit amour à bout de bras et les voir le découvrir et nous découvrir en tant que famille c’était « frissonnant de bonheur »!

Rendez-vous en terre inconnue dans les démarches administratives post apparentement d’adoption

Lorsque le petit chaton est arrivé, je suis passée du statut de salariée à celui de maman en congé d’adoption puis parental. Du coup on a informé les administrations de notre changement de situation afin de faire valoir nos droits aux indemnités journalières sécurité sociale et aux prestations familiales.
Je comprends bien que l’adoption est une situation assez rare dans les milliers de dossiers d’allocataires mais mon rendez-vous au siège de la CAF valait son pesant de cacahuètes : 
Moi : « Bonjour je viens parce que je suis maman par adoption depuis la semaine dernière »
Elle (la personne du guichet) : « Et vous aviez prévenu la CAF de votre projet d’adoption « 
Moi (pas mal suprise) : « Heu non » (oui j’ai beaucoup de vocabulaire parfois)
Elle : « Tout comme on déclare sa déclaration de grossesse il aurait fallu faire cette déclaration en disant que vous alliez devenir parents bientôt. Pour la grossesse c’est au 3 ième mois. Il aurait fallu faire ça il y a quelque mois. C’est pas grave on va rattraper cela »
J’ai adoré (pince sans rire) cette comparaison sur la facilité à connaitre d’après elle une arrivée d’enfant par adoption. Je me suis dit qu’elle n’avait aucune idée de cette attente, de cet appel qui en quelques secondes change la vie. Après, j’entends qu’on ne puisse pas tout savoir des particularités des situations de famille si on n’y est pas confronté.
Moi : « En fait, on ne sait pas toujours quand on devient parent dans le cadre d’une adoption . On attend durant des années, on espère et un jour un appel nous apprend qu’on nous a choisi pour être parents d’un enfant. On a été appelé il y a 20 jours et avant on n’en savait rien ».
Elle : le fameux « Ha bon, vous n’en saviez rien ! » suivi de la célèbre phrase : « Il vient de quel pays ? ». Ça a été « le double effet kiss cool » quand je lui ai  précisé « De France, de notre département. Nous avons adopté un bébé né sous X ». Elle ne savait pas que c’était possible mais le côté « bébé » apporte toujours un effet mignonerie qui touche les gens.
S’en suit la remise de certaines pièces dont l’extrait d’acte de naissance du petit chaton avec un « Mais là ce n’est pas noté que c’est votre enfant ? » Y’a aucun parent sur cet extrait d’acte de naissance ? ». 
Moi : « Oui, c’est le principe de la naissance sous X, on ne connait pas l’identité des parents biologiques, c’est une naissance sous le secret mais j’ai le contrat de placement de notre département qui nous confie notre bébé en vue de son adoption plénière ».
Puis « Il ne porte pas votre nom, comment on va faire pour comprendre ça nous ? ». J’ai alors expliqué que durant sa première année un bébé né sous X avait l’identité qui lui avait été donnée à la maternité.

C’était la poursuite de ce rendez vous en terre inconnue sur l’adoption pour elle. Je lui ai expliqué que nous allions faire un requête auprès du procureur de la République après 6 mois d’évaluation des travailleurs sociaux à notre domicile, pour que le bébé qui nous était confié en vue d’adoption devienne légalement notre fils et porte le prénom que nous lui avions choisi ainsi que notre nom de famille.

Elle était intéressée mais très perdue par toutes mes informations. Pour résumer elle m’a dit « Là il va falloir une lettre parce qu’autrement on ne va rien comprendre ». C’était le début des lettres explicatives à tous les organismes car pour beaucoup d’administrations, l’adoption est méconnue.