Adoption : les droits de l’arrivée de son enfant jusqu’au jugement d’adoption plénière

Après avoir géré la gastro familiale dans les tous premiers jours à la maison (j’écris en différé c’était en 2016), nous avons dû nous engager dans plein de démarches administratives avec plus ou moins de compréhension de la part des interlocuteurs. Le service adoption qui nous a vraiment bien accompagné après notre agrément n’était pas entièrement calé sur le sujet. C’est le réseau de parents adoptifs qui nous a bien aiguillé ainsi que des recherches sur Internet. Il y a des moments où il a fallu taper fort sur la table pour se faire entendre (c’est bien sûr une expression, je suis tout a fait respectueuse ).

Du côté des parents : 
Le couple qui accueille un enfant confié en vue de son adoption, a droit au congé adoption. Il est à solliciter auprès de la sécurité sociale.
Le congé adoption c’est un peu l’équivalent du congé maternité. Il peut être pour un des parents ou les deux. Lorsqu’il est divisé entre les conjoints, sa durée est de 10 semaines et 11 jours. Il y a un minimum de 11 jours à prendre par l’un des parents mais ensuite on s’organise comme l’on veut. Il peut commencer une semaine avant la date où l’enfant est confié.
Dans notre cas, mon mari qui a le plus gros salaire a pris 10 semaines et moi les 11 jours. On a débuté notre congé adoption au premier jour de la semaine d’adaptation à la pouponnière. Cette période de 2 mois et demie à 3 a été un énorme bonheur. Quand je regarde les photos de cette fin d’année 2016, mon Man’ a les yeux qui pétillent, on est dans cette phase de rencontre et de découverte mutuelle. Nous transparaissons comme des parents émus, heureux et qui savourent. Le petit chaton lui est beaucoup moins expressif qu’aujourd’hui mais nos photos rappellent ces échanges de regards si puissants, purs et savoureux.2017-02-16 18-35-00

J’ai ensuite enchaîné sur un congé parental. Par le plus grand des hasard, j‘avais prévenu mon employeur un an pile avant l’Appel mais dans la loi c’est deux mois avant par lettre en recommandé. Autant prendre les devants pour ne pas être surpris. Cette fois, c’est la CAF qu’il faut contacter (ou la MSA pour les personnes relevant du régime agricole ?).
Parents d’enfants confiés en vue de leur adoption, on tient compte de notre situation particulière. Le congé parental va jusqu’à 12 mois après l’arrivée de l’enfant ou après la fin du congé adoption contre 6 dans le cadre d’une naissance (pour un 1er enfant). Il peut être total ou à temps partiel.
On l’a su en décalé alors fan du petit chaton, j’ai allongé mon congé initial de 6 mois à temps plein avec 4 mois supplémentaires. J’avais envie de profiter de l’été, des balades au soleil, des beaux jours (l’année n’avait pas été aussi pluvieuse qu’en 2018 !) et surtout de lui ! J’ai repris mon travail à 80 % avec encore 2 mois de congé parental à temps partiel.
Au niveau du porte monnaie, la CAF m’a versé pour un congé parental à temps plein, 390 €/mois de PREPARE (Prestation Partagée d’Education de l’Enfant). A temps partiel à 80 % , le droit est de 141 €. Je m’étais renseignée, il n’y avait aucun versement pour une reprise d’activité à 90%.

Ce qui semble dépendre de la politique familiale du département, c’est ensuite l’accès ou pas à l’Allocation de Soutien Familial au titre de Tiers (versée par la CAF ou la MSA). L’allocation de Soutien Familial dans l’esprit de la loi c’est une aide versée à une personne qui s’occupe d’un enfant privé de ses parents.  Alors au premier abord ça fait bizarre de se dire qu’on peut en bénéficier car on se sent parents de notre petit mais aux yeux de la loi, avant le passage au tribunal dans le cadre du jugement d’adoption plénière, c’est bien un enfant pupille de l’état, né sous X qui nous est confié en vue de son adoption. Il a d’ailleurs son identité temporaire mais officielle c’est à dire les 3 prénoms qui lui ont été donnés à sa naissance.
On a appris cela en différé. Alors que j’avais signalé, puisque c’était le cas dans mon coeur, qu’en lien de parentalité le petit chaton était notre fils, j’ai ensuite modifier notre « dossier » pour le noter comme « enfant né sous x, pupille de l’état confié en vue de son adoption ». J’en parlerais dans un prochain article (qui j’espère ne prendra pas des mois) mais jusqu’au 6 mois après l’apparentement minimum, le suivi du service adoption se poursuit à raison d’une visite à domicile par mois. On réalise à travers cela et encore plus en lisant le rapport d’adaptation que le services sociaux envoient au juge puis la rédaction de notre part d’une « lettre de motivation argumentée et détaillée manifestant l’intérêt réel porté à notre enfant », qu’en effet, juriquement, notre petit est sous la protection du département lors de sa première année. Du coup, je me suis sentie légitime pour demander cette prestation. Elle s’arrête le mois précédant le jugement d’adoption plénière.
Le montant de l’ASF est de 110 euros par mois même un peu plus (J’ai un peu oublié).

Au regard des ressources (ce n’est pas spécifique à l’adoption) on peut ouvrir droit à l’allocation de base PAJE de 90 € et/ou/ou pas! à la prime à l’adoption .

Du côté du petit bout : 
A sa naissance, le département a protégé le petit chaton. Il avait une couverture santé complète avec la PUMA (Protection Universelle Maladie) pour les soins, les examens, bilans, médicaments dont il a bénéficié de son arrivée dans notre monde à la pouponnière. 
De suite après la semaine d’adaptation et donc le début officiel de son placement en vue d’adoption, nous avons fait une demande de rattachement auprès de notre caisse de sécurité sociale en envoyant son contrat de placement et son extrait d’acte de naissance. Ca permet d’aller en consultation avec la carte vitale d’un des parents.

Pour la partie complémentaire santé (mutuelle quoi), durant 1 an, un bébé né pupille bénéficie de la CMUC (Couverture Maladie Universelle Complémentaire). Cela permet de ne rien payer le concernant , de ne pas faire d’avance de frais.
J’avais peur au départ que cela le stigmatise, que des soignants ou pharmacies nous refusent mais cela n’a jamais été le cas.

Côté discrimination, mais ce n’est pas un droit, nous avions appris que notre mutuelle versait une jolie somme à la naissance des enfants. Naïvement, j’ai donc sollicité cette aide qui s’appelait « Prime à la naissance ». Aucune nouvelle après quelques semaines, je les ai donc contactés par téléphone. Et là, je suis tombée des nues « Je suis désolée Mme mais dans votre contrat il n’y a pas de droit car c’est une prime que pour une naissance et pas pour une adoption ». Le fait d’indiquer qu’avant tout il s’agissait de l’arrivée d’un enfant quelle qu’elle soit n’a rien changé, ni de préciser que du côté de ma boite c’était « naissance ou adoption » Elle m’a dit de contacter le Président du groupe où travaille mon mari, que lui seul pouvait influencer sur les termes du contrat. J’ai quand même hésité à « déranger » avec ma petite question de maman, le Président France de sa multinationale! A la place, j’ai donc rédigé un courrier ou plutôt un plaidoyer à destination de notre mutuelle. Je leur ai écrit le pamphlet suivant  :  « Je pense que vous jouez sur les mots concernant le contenu de notre contrat, puisqu’il paraît discriminatoire de faire la différence entre un bébé né sous X et adopté et un enfant né dans sa famille dite « naturelle ». Mon travail, mon comité d’entreprise n’ont fait aucune différence sur cela. Je ne comprendrais pas que ce soit le cas de votre côté. En effet, cette prime est censée concerner l’arrivée d’un enfant au foyer de ses parents. Après son jugement d’adoption plénière comme tout enfant, notre fils va figurer sur notre livret de famille avec notre filiation.
J’ai fini avec la petite formule de politesse : « Je vous remercie de l’attention portée à notre situation peut être atypique mais relevant tout simplement de l’arrivée d’un enfant, d’un bébé au sein de sa famille ». Et bim, deux semaines après on avait l’argent sur notre compte.

Cet article se veut être une source d’information pour les parents adoptants ou ayant juste adoptés. Les informations de notre département étaient partielles alors je me dis que ça peut aider. Ca peut aussi être complété par vos expériences ou témoignages. A suivre donc …

Parure de mariée en argent martelé pour Caroline

Mon amie Caroline nous a conviés à son mariage religieux cet été. L’année dernière j’avais créé ses bijoux pour son mariage civil http://pour2grainesetdesbijoux.blogspot.fr/2016/05/parure-de-mariee-fleur-de-feuilles.html. C’était un grand moment d’émotion d’autant qu’elle m’a de nouveau choisie pour créer sa parure de bijoux de mariée.
Nous sommes parties de son envie d’utiliser dans son collier et ses boucles d’oreille, des gouttes pendantes qu’elle possédait déjà. Partir d’elles pour trouver ses bijoux à Elle. 
La matière noble utilisée est l’argent qui se décline notamment (pour les ronds et les perles) sur un aspect martelé effet diamanté. J’ai associé des swaroskis rondes et blanches pour faire écho à sa légère robe toute en dentelle. Je recherchais dans la pointe du collier le rappel du visuel des boucles d’oreille. Il y avait aussi un bracelet reprenant les mêmes éléments. 
J’ai eu une semi carte blanche pour la réalisation et j’ai attendu avec confiance l’intuition.
Photographe Lyon Adeline Melliez

Ce mariage nous a aussi fait verser des larmes de bonheur puisque le petit chaton a été présenté à mes amies qui vivent aux quatre coins de la France. Elles ont attendu longtemps ma maternité, que ce soit à chaque FIV ou lors du parcours d’adoption. Elles m’ont énormément soutenue à chaque étape, quand les jours étaient mauvais ou quand les semaines devenaient longues. La Bai Jia Bei, c’était leur merveilleuse idée. Du coup, tenir mon petit amour à bout de bras et les voir le découvrir et nous découvrir en tant que famille c’était « frissonnant de bonheur »!

Rendez-vous en terre inconnue dans les démarches administratives post apparentement d’adoption

Lorsque le petit chaton est arrivé, je suis passée du statut de salariée à celui de maman en congé d’adoption puis parental. Du coup on a informé les administrations de notre changement de situation afin de faire valoir nos droits aux indemnités journalières sécurité sociale et aux prestations familiales.
Je comprends bien que l’adoption est une situation assez rare dans les milliers de dossiers d’allocataires mais mon rendez-vous au siège de la CAF valait son pesant de cacahuètes : 
Moi : « Bonjour je viens parce que je suis maman par adoption depuis la semaine dernière »
Elle (la personne du guichet) : « Et vous aviez prévenu la CAF de votre projet d’adoption « 
Moi (pas mal suprise) : « Heu non » (oui j’ai beaucoup de vocabulaire parfois)
Elle : « Tout comme on déclare sa déclaration de grossesse il aurait fallu faire cette déclaration en disant que vous alliez devenir parents bientôt. Pour la grossesse c’est au 3 ième mois. Il aurait fallu faire ça il y a quelque mois. C’est pas grave on va rattraper cela »
J’ai adoré (pince sans rire) cette comparaison sur la facilité à connaitre d’après elle une arrivée d’enfant par adoption. Je me suis dit qu’elle n’avait aucune idée de cette attente, de cet appel qui en quelques secondes change la vie. Après, j’entends qu’on ne puisse pas tout savoir des particularités des situations de famille si on n’y est pas confronté.
Moi : « En fait, on ne sait pas toujours quand on devient parent dans le cadre d’une adoption . On attend durant des années, on espère et un jour un appel nous apprend qu’on nous a choisi pour être parents d’un enfant. On a été appelé il y a 20 jours et avant on n’en savait rien ».
Elle : le fameux « Ha bon, vous n’en saviez rien ! » suivi de la célèbre phrase : « Il vient de quel pays ? ». Ça a été « le double effet kiss cool » quand je lui ai  précisé « De France, de notre département. Nous avons adopté un bébé né sous X ». Elle ne savait pas que c’était possible mais le côté « bébé » apporte toujours un effet mignonerie qui touche les gens.
S’en suit la remise de certaines pièces dont l’extrait d’acte de naissance du petit chaton avec un « Mais là ce n’est pas noté que c’est votre enfant ? » Y’a aucun parent sur cet extrait d’acte de naissance ? ». 
Moi : « Oui, c’est le principe de la naissance sous X, on ne connait pas l’identité des parents biologiques, c’est une naissance sous le secret mais j’ai le contrat de placement de notre département qui nous confie notre bébé en vue de son adoption plénière ».
Puis « Il ne porte pas votre nom, comment on va faire pour comprendre ça nous ? ». J’ai alors expliqué que durant sa première année un bébé né sous X avait l’identité qui lui avait été donnée à la maternité.

C’était la poursuite de ce rendez vous en terre inconnue sur l’adoption pour elle. Je lui ai expliqué que nous allions faire un requête auprès du procureur de la République après 6 mois d’évaluation des travailleurs sociaux à notre domicile, pour que le bébé qui nous était confié en vue d’adoption devienne légalement notre fils et porte le prénom que nous lui avions choisi ainsi que notre nom de famille.

Elle était intéressée mais très perdue par toutes mes informations. Pour résumer elle m’a dit « Là il va falloir une lettre parce qu’autrement on ne va rien comprendre ». C’était le début des lettres explicatives à tous les organismes car pour beaucoup d’administrations, l’adoption est méconnue. 

Son début de vie, de sa naissance à notre semaine d’adaptation ensemble.

Difficile de trouver le temps d’écrire mais le projet du blog collectif, « Parlons Adoption » m’a motivée pour vous conter les débuts de notre petit bout, de sa naissance à notre première semaine ensemble.
Notre petit garçon est né sous le secret dans notre département, c’est une bébé pupille de l’Etat jusqu’à son adoption plénière qui devrait intervenir environ un an après son arrivée.
Sur ses premiers jours, notre bébé a été pris en charge par la maternité dans un service spécifique Comme c’est souvent le cas, il est allé en néonatologie afin qu’une équipe soit dédiée à sa situation de naissance particulière. Le personnel ou la maternité (on ne sait pas précisément ), lui a offert son premier doudou et des bras pour le rassurer.
La puéricultrice référente de la pouponnière du département (service de l’ASE, Aide Sociale à l’Enfance, ce sigle est connu des futurs parents adoptifs ! ) est ensuite venue le chercher dans sa seconde semaine de vie. Il a intégré une petite unité de vie collective avec d’autres enfants de 0 à 2 ans placés en vue d’adoption ou dans le cadre de mesures de protection par le juge. La cohabitation a pu être bruyante,  ce qui aujourd’hui lui permet de dormir au milieu des sons de la vie quotidienne. Quant au voisinage avec ses jeunes camarades de chambrée aux lits les uns contre les autres, il lui a assurément apporté un côté sociable, car il sourit beaucoup et à la rencontre d’autres enfants, il tend spontanément la main.
D’un point de vue médical, la pédiatre de la pouponnière s’est occupée de petits problèmes assez courants, la digestion, les régurgitations… Il a eu des séances d’ostéopathie pour le relaxer, apaiser des tensions qui se focalisaient au niveau de son ventre et de sa tête. Le phénomène de la tête un peu déformée est fréquent chez les bébés alors toute l’équipe l’a stimulé pour qu’il se développe au mieux dans son corps et dans son éveil.
Notre bébé a été préparé à son adoption. Vers ses deux mois, une fois le délai de rétractation de la mère biologique écoulé,  la psychologue lui a expliqué qu’il allait avoir un papa et une maman. On nous a informé que vers cet âge, les enfants nés sous le secret se demandaient ce qu’il se passait et qu’il pouvait y avoir des moments de « déprime ». Notre petit garçon a un peu traversé cela. Les professionnelles de la pouponnière lui ont apporté de l’affection, des câlins, de l’attention, pour qu’il soit en mesure d’avoir confiance en son avenir et qu’il s’éveille en fonction de son âge.
Après la décision du Conseil de Famille qui a fait de nous ses parents, la date de la rencontre a été décidée. Notre bébé a été installé dans une chambre pour lui tout seul, quelques nuits avant de nous rencontrer. Tout est parlé, même aux touts petits, alors la veille du Grand Jour, les auxiliaires de puériculture de son unité lui ont dit que demain, son papa et son maman seraient là. Il est noté dans son cahier de liaison que ces paroles l’ont  détendu et qu’il a bien dormi.

Le jour de la rencontre, quand on a passé la porte de sa chambre, il dormait. Je l’ai trouvé petit. Il avait l’air paisible. Sa référente a essayé de le réveiller : « Petit bébé, papa et maman sont là ». Je crois avoir eu son premier regard, interrogatif et ensuite il s’est étiré et a souri. J’étais émue et un peu béate. Nous avons ensuite profité d’une heure de sourires de sa part, C’était magique. Je m’attendais à quelque chose de pas évident pour lui , c’était donc le contraire, le rêve! Le Man’ est ressorti de la pouponnière littéralement « groggy de bonheur », ayant du mal à marcher droit, titubant un peu. Il a eu un coup de foudre pour notre petit garçon. Moi ce jour là, j’ai profité sans toutefois arriver à réaliser que c’était notre bébé.

La rencontre était médiatisée. Notre bébé était en présence de sa puericulture réferente. C’est elle qui a fait les présentations. Notre petit avait besoin de la savoir proche de lui, Sur les premiers jours, au son de sa voix, il s’apaisait. Lors de ce « 1er jour du reste de notre vie », nous étions aussi en présence de la psychologue de la pouponnière et de notre travailleur social .Elles se sont faites très discrètes si bien que ce moment paraît dans notre souvenir intime, alors que nous étions très entourés.
L’adaptation à la pouponnière a duré une semaine pour apprendre à connaitre les habitudes de notre petit, le prendre en charge dans les soins, faire le relais entre sa référente et nous. Les premiers changements de couches nous ont occasionné « des fou rires de baleines ». Le premier tee shirt à passer par la tête a été une grande source de stress (on a ensuite vénéré les tee shirt à ouverture par pression dans le dos et les bodys ouverts sur le devant ) Bébé a bu la tasse au premier bain mais à chaque fois il est resté mignon et patient envers ses parents débutants.  
Cette première semaine ensemble a été celle de la découverte de notre petit garçon et de la transition entre deux univers, celui de la pouponnière et chez nous. Nous avons été conseillés, épaulés par sa référente qui au fil des jours s’est éclipsée pour nous laisser notre place de parents.
Le troisième jour, j’ai assisté à la naissance d’un papa. Lors du premier biberon que le Man’ a donné, notre petit garçon avec ses grands yeux, a eu un regard si intense et pur, plein d’innocence et sûrement d’attentes, que le Man’ en a pleuré. C’était émouvant d’assister a la création du lien entre eux deux. Cette journée a d’ailleurs continué dans la complicité puisqu’un bisous sur la tête quelques heures après, a fait s’illuminer d’un sourire le visage de notre bébé.
Le week-end arrivant, notre petit chaton (ce sera son surnom) a découvert sa maison. Le soir on l’a ramené à la pouponnière pour qu’il y passe sa nuit. Je l’ai laissé dans l’idée de le retrouver le lendemain et pour toute la vie tandis que le Man’ avait un peu le cafard. Le lendemain, nous étions quand même très impatients et prêts aux aurores pour le ramener chez nous/chez lui. Il a retrouvé dans sa nouvelle chambre des éléments familiers, ses doudous offerts par la maternité et la pouponnière , la petite musique qui l’endormait et ses habits en taille 3 mois. Son nouveau lit lui a de suite plu puisqu’il y a dormi paisiblement pour sa première nuit  jusqu’à 8 heures du matin. Quand on a un bébé, cet horaire peut rendre jaloux d’autres parents. N’écoutant que notre plaisir et nos envies, au réveil, on s’est délecté d’un petit cododo de quelques dizaines de minutes ,avant de retourner une dernière fois à la pouponnière pour les  » au revoir » . Cela n’a pas tardé, sa référente a dit « qu’il était passé à une autre vie avec son papa et sa maman ». Elle lui a écrit un mot dans le cahier de liaison que nous utilisions pour transmettre des informations. Elle lui a dit « au revoir  » en lui souhaitant un bel avenir auprès de nous et nous a remis un album photos. Celui-ci peut ensuite être utilisé comme support pour raconter son histoire à notre enfant. Emouvant de lire les petites annotations et commentaires. Ils montrent toute la chaleur humaine qui lui a été apportée.
Aujourd’hui quand je le vois aussi épanoui, heureux, je me dis que cet état de sérénité a commencé par cette équipe qui s’est très bien occupée de lui.

Les larmes de joie

Finalement les larmes de joie sont arrivées et sont même revenues.
Je réalise encore plus que je suis sa maman quand nous sommes tout près, en train de nous regarder à quelques centimètres, la tête tournée l’un vers l’autre, allongés sur le dos.
C’était donc, ces premières larmes de joie, lors de mon cours de yoga. Je suis allée aux séances de yoga pré et postnatal. Pour moi c’était post arrivée de notre petit garçon. On l’a installé dans le tapis d’à côté avec quelques jouets et j’étais à 5 cm de lui. Au moment de la relaxation, je l’entendais gazouiller, babiller, je le devinais en train de me regarder avec ses grands yeux.
La relaxation c’est un moment de lâcher prise et instantanément, des larmes se sont mises à couler sur mes joues car ce bébé tant attendu est enfin là, là avec nous, là avec moi . C’est magnifique ce qui nous est arrivé à tous les 3! Ce lien d’attachement, il est si fort après peu de temps de vie commune!
Je vois que notre petit garçon s’ouvre encore plus chaque jour. On l’a toujours trouvé souriant, sociable, mais maintenant il se colle à nous, fait des câlins. Les premières semaines de vie à la maison, sa petite tête se logeait en fin de « biberon du soir » dans le creux de mon bras. Maintenant il cale son bras sur notre épaule et pose sa tête dessus.
Cette parentalité est une énorme chance.

Sa première image, sa photo

La semaine d’après l’Appel m’a permis de cheminer vers mon bébé.
Dans mon imaginaire, la présentation de la photo, c’était le moment de la révélation, de la prise de conscience. Cet instant, je l’avais idéalisé et en fait je n’ai rien ressenti de particulier. 
On nous a dit qu’on était parent d’un petit garçon de 3 mois puis le Man’ a ouvert l’enveloppe et on a vu sa bouille. Il était photographié dans un transat . J’ai vu un bébé à la peau caramel et un peu inquiet. Dans les lignes grattées par la pouponnière il était décrit comme anxieux. J’ai pensé qu’en tant que parents, nous avions à le rassurer, le protéger et que cela passerait par du temps à trois. Par contre, j’ai énormément culpabilisé de ne pas avoir eu cette journée là , un fort élan d’amour vers lui. Le Man’ commençait à voyager émotionnellement vers notre bébé et moi je me sentais encore un peu anesthésiée par l’annonce de son arrivée.
De retour au travail la photo que j’avais envoyée par texto avait fait son effet « Oh il est trop mignon », « Il a un joli petit nez », « Ce regard, ses grands yeux ! « . « Oh cette petite bouche ourlée « . Ces détails je ne les avais pas remarqués et après tant d’années d’attente, à l’aube de ma maternité j’étais un peu spectatrice des prémices de l’adoption de notre petit garçon. 
Il est un peu métissé et tout le monde y allait de ses similitudes comme « Oh, c’est un petit gars de chez nous ». A travers les discussions, on lui a approprié des traits maghrébins, africains ou encore des Antilles ou de Madagascar. Au milieu de tout ça, je me sentais dans un énorme flou alors que la décoration de mon bureau personnalisé par les collègues (ballons colorées, serpentins et lettres « BEBE ») ne le signifiait pas extérieurement.
J’ai commencé à parler avec un peu de honte de ce flottement à mes amies et collègues mamans. Toutes ont eu des paroles bienveillantes et m’ont rassurée. Les professionnels de l’ASE ont eu la même attitude. Finalement, une photo, un bout de papier, c’est assez froid pour se rencontrer. 
Le parallèle avec le début d’une histoire d’amour ou d’amitié m’a fait relativiser au sein de mon esprit tourmenté. Une rencontre, ce n’est pas toujours un coup de foudre, ça se construit par des liens d’attachement progressif. Quand je suis tombée amoureuse du Man’, je ne me suis pas tout d’un coup mise à pleurer de joie ! Notre histoire à deux s’est construite au fil du temps et ce sera aussi le cas de celle à 3. J’ai déjà eu des larmes de bonheur mais je crois ne jamais avoir pleuré de joie. Pourtant je m’étais mise la pression de vivre cela à l’arrivée de notre bébé! je me mets la barre un peu haute parfois 😉
En savoir plus du côté des origines ethniques du père biologique m’a permis de clarifier l’identité ethnique de mon bébé et de me situer comme sa maman. Ça a été un moment d’apaisement.
Lui donner ensuite son prénom a été l’un des nos premiers gestes de parents. Enfin, on pouvait parler de lui en nous projetant en tant que famille.
Sans trop en dire, aujourd’hui, j’ai l’impression d’être maman depuis des mois. L’arrivée de notre petit garçon est une évidence et tout me semble naturel. J’ai deux amours et deux hommes dans ma vie. Je suis comblée et profite de chaque moment.

Il est où le bonheur, il est là

Explosion de joie !
Vague d’adrénaline !
Quasi évanouissement de bonheur !
Le Grand Jour est arrivé, on nous a appelés !
Mon téléphone portable a sonné alors que j’étais en plein milieu du couloir à mon travail, à la sortie d’une réunion. J’ai très vite compris que c’était l’Appel, que j’étais maman d’un bébé entre 3 et 4 mois. Je suis rentrée dans le bureau de mes collègues, c’était le plus proche, et là, soudainement, une vague énorme d’adrénaline- endorphine, m’a transportée. Heureusement, il y avait une chaise pas trop loin histoire de tenter de me garder les pieds sur terre. J’ai sentie au fond de moi-même et à travers les yeux de ma collègue, qui a assisté à ce moment que je qualifierais « d’accouchement émotionnel », que je devenais maman . J’ai vraiment failli m’évanouir de bonheur tellement mes émotions étaient intenses. J’ai eu des sanglots de joie. Je tremblais de tout mon corps incapable de parler. Il a fallu que je me concentre pour respirer. Au bout du fil, la personne s’est un peu inquiétée : « Ca va Madame? » J’ai réussi à souffler 5 mots :  « Oui, je suis si heureuse! »


Les yeux mouillés, j’ai serré fort ma collègue et notre stagiaire qui était dans la pièce. On s’est fait un énorme câlin. Je leur ai dit « C’est vrai, cette fois c’est pas un rêve hein? » (de vous l’écrire, j’ai des frissons). C’est vrai »? Elle m’ont répondu « C’est vrai, oui, oui, tu es maman ».
Après plusieurs minutes pour reprendre mes esprits et arriver à tenter de tenir debout, j’ai appelé le Man’ qui lui était en voiture . Il m’a quand même répondu « C’est pas une blague, c’est vrai, on est parents? ». Après des années d’attente, la réalité du bonheur qui frappe à la porte est difficile à enregistrer intellectuellement je crois.
Là, les scénarios imaginés de la soirée du jour de l’appel : acheter des chaussettes ou un body « papa », l’inviter au restaurant etc .. sont tombés à l’eau. Le déroulé de notre soirée est devenu un flou total car ce n’était pas le jour idéal pour « fêter » ça. Le Man’ avait sa soirée annuelle du travail, il était sensé rentrer vers minuit. Autant dire que de mon côté, prendre le bus et me retrouver à la maison toute seule, c’était quand même pas fun pour un tel événement. Il fallait quand même célébrer l’arrivée de notre bébé !

De fil en aiguille, nous trinquons à la terrasse d’un bar , cachaças en main (enfin, une chacune, on reste raisonable) avec ma collègue. C’est un moment de petite plénitude.On fait des selfis, sourires radieux pour immortaliser cette annonce. Je me retrouve ensuite ensuite chez une autre de mes amies logeant à côté de notre lieu de « happy hour ». Elle rentrait du travail quand nous partions. On mange ensemble et on discute de ce bébé qui reste imaginaire puisque le département ne nous a donné aucune information. . Je lui dit « Tiens il va falloir que j’achète une girafe Sophie » . Hop, elle m’en sors une emballée. C’est une soirée au déroulé inattendu et improvisé mais tous les détails sont quand même là! Je suis contente de partager ma joie de cette façon. 
Elle explique à ses enfants de 5/6 ans ce qu’il se passe. Son petit garçon dit « C’est super » et quelques instants après « Dis maman, on peut avoir un chat »? C’est assez rigolo.

22 h, je retrouve enfin le Man’ à la sortie de sa présentation annuelle qui, hasard des choses, avait lieu sur la même place que sa demande en mariage. C’est un beau souvenir. On finit presque la soirée de façon romantique finalement.

Il est tard mais j’ai envie d’aller voir ma maman, de faire 15 km de voiture pour lui annoncer qu’elle est mamie. Je l’appelle donc au téléphone pour éviter qu’elle ait peur quand nous allons sonner un peu plus tard chez elle. Je lui parle de tout, de rien, hausse le ton dès que le Man’ met un clignotant. 22h45, on sonne. Elle a eu peur (quand même) mais bon, nous voilà devant la porte avec la girafe Sophie qu’on fait couiner pour lui signifier que nous sommes parents. Pour nous tous,  tout cela a du mal à être réel. On est heureux, on boit le café et on parle de la parentalité. Elle nous offre le sac à langer que je lui avais demandé au printemps dernier puis le doudou qu’elle a cousu.

La nuit suivante, mon « insomnie de bonheur » me montre que tout de même, quelque chose est différent. J’envoie un mail à 5 h du matin à mes collègues car il était tard et beaucoup étaient partis lorsque j’ai reçu l’Appel. Ne travaillant le lendemain, j’avais envie de leur faire l’annonce de ma maternité de façon personnelle.
On a dormi avec nos 7 doudous cette nuit là pour que notre petit retrouve notre odeur au fil de la semaine d’adaptation. 

On est parent!

En Emubullition

Je suis en émubullition, c’est un néologisme:-)
Je suis émue car notre couple d’amis positionnés avant nous dans la liste dite « d’attente des bébés pupille » vient d’être appelé. Ils sont devenus parents. J’ai réalisé que ce changement de statut ne se passait pas en 10 jours (le délai approximatif entre l’appel et la rencontre) mais en 3/4 jours. 
Dès la présentation de l’enfant par photo, on passe de l’imaginaire au concret. On le voit, il est là devant nous avec des bribes de son histoire, de ses premiers jours à la maternité puis ses 2/3 premiers mois passés en famille d’accueil ou en pouponnière. C’est finalement à ce moment où, ça y est, on devient responsable pour la vie de ce bébé qui nous est confié. 
Je suis en ébullition car je sens que ça bouillonne en moi l’envie d’être maman. Les bulles je les perçois dans le ventre, plutôt des bulles de bonheur. Symboliquement aussi, la fin de l’attente est proche, »ça chauffe ». J’ai même les joues qui pétillent car nous arrivons à une période de changements de vie.
Le prénom garçon est toujours en suspend, il ne fait pas notre unanimité, il manque le petit plus, le coup de cœur. Un de mes rêves est venu me souffler celui pour un petit blond aux yeux bleus, c’est déjà une idée. Le prénom de la petite fille se confirme lui de jour en jour.
J’ai des préoccupations de future maman. La thématique « Comment couvrir son bébé en hiver pour des balades en porte bébé ou écharpe » m’a occupée toute une après midi. J’en suis venue à la solution suivante : acheter une couverture de portage (et même personnalisée avec une chouette pour rappel de mes créations). Je viens aussi d’acheter un nouveau manteau tout doux pour que notre bébé soit confortablement installé durant les balades. La projection vers la parentalité est vraiment forte.  Avec toutes les précautions que l’on connaît dans le chemin de l’adoption il m’est aujourd’hui difficile de me raisonner et de canaliser ma joie. 
Me voilà en émubullition.

J’ai vidé mon pochon de larmes

Je suis tellement déçue qu’on n’ait pas été appelé à l’été! L’espoir nous avait été impulsé il y a plus d’un an pour se figurer que nous pourrions être parents au premier trimestre de 2016 et il se trouve déçu.
Nous avons réalisé la chambre bébé depuis 9 mois et pour la première fois, j’ai ressenti le manque en y entrant alors que dans notre parcours d’adoption, elle a toujours symbolisé l’avenir. Cette pièce a longtemps était celle en attente, en bazar, puis elle a été investie en chambre d’amis une fois le deuil de l’enfant biologique passé. Quelques années après, elle est devenue celle pour le futur bébé mais comme nous allons déménager, son sens vient de s’estomper. Je ne sais même pas si notre enfant la connaîtra (la remplira). Émotionnellement sensible, suite à ma journée de travail de jeudi, l’idée a contribué a y vider mon pochon de larmes (c’est quand même moins lourd qu’un sac).
Je crois que le trop plein s’est manifesté car même dans mes estimations les plus longues, l’attente de l’Appel n’allait pas aussi loin. J’ai maintenant complété mon calendrier professionnel jusqu’à fin octobre. J’avais déposé des petits chaussons en laine au bureau, je vais les ramener à la maison. J’avais plaqué une affiche de bébé à côté de mon poste de travail, je l’ai arrachée.

Au travail, je temporisais la prise des dossiers à traiter à moyen terme, maintenant, je ne dis plus grand chose car je suis moi-même dans le doute. Une collègue m’a blessée avec une phrase que j’ai trouvé injuste et déplacée : « Écoutes on ne va pas faire en fonction de ton adoption. Ça fait deux ans que tu nous dis que tu vas bientôt être maman maintenant et c’est pas le cas ! » (vive la réunion de service!) Ses mots, je les ai trouvés profondément piquants. Assez sidérée, j’ai osé une petite montée sur mes ergots du style: « Écoutes ce que tu dis est inexact mais en effet, ça fait 6 mois que je pense devenir maman ». Je ne lui ai pas dit combien elle m’avait fait mal ce jour là. Elle n’a pas idée de ce qu’est attendre un enfant aussi longtemps et sur une durée indéterminée. J’ai en effet réalisé qu’on a comptabilisé presque autant de temps en PMA qu’en démarche d’adoption. 
Malgré le ton de l’article de ce jour, l’adoption faite de rencontres avec d’autres couples, une solidarité, ponctuée par des rendez-vous à l’ASE permettant de se projeter, a été une fois l’agrément passé, une route agréable. Il n’y aura quasiment rien à en évacuer en terme de tristesse. 
Hier, mon pochon de larmes est d’ailleurs redevenu sec avec les paroles apaisantes d’autres collègues. Je me suis ré ancrée dans le présent et tournée (un peu) vers l’avenir. J’ai fait les soldes enfants en achetant trois habits mixtes et mi saison, en taille 12 mois. Ils pourront servir en tout temps sauf en hiver comme cela, je prévois large pour une arrivée en 2016 (si je pouvais je croiserais les doigts en l’écrivant).

La face 1 de notre Bai Jia Bei

Mon amie Marie a cousu la première face de la Bai Jia Bei. Elle y a passé 3 heures. De mon côté j’ai pris 14 heures je crois pour réfléchir aux emplacements des coupons.
Trouver des similitudes ou au contraire opposer, moduler les couleurs et matières des deux côtés, cela a été un sacré casse tête.
Chaque face a un morceau de bavoir, de pyjama, de drap ou couverture bébé, de tissus d’un bout du monde.
Voici un aperçu de notre face 1 (la première ligne n’apparaît pas sur la photo) . Certain(e)s vont s’y retrouver.