Scalpel et bistouri

Au mois de mai, c’est scalpel et bistouri pour tenter fourchette et bikini cet été (ou pas). Je me fais opérer de l’endométriose. C’est ma 2 ième opération, la première était en 2008, la seconde 10 après. Je pense que je n’en aurais pas une troisième car je semble déjà en pré ménopause avec un taux d’AMH bas, signe d’une réserve ovarienne faible. On pourra dire que mes années de fertilité ont été très courtes, à savoir si elles ont réellement existées ou pas. L’endométriose a fait beaucoup de dégâts.

A l’été dernier je n’avais pas prêté attention à mon résultat d’échographie pelvienne pourtant était notée une possible atteinte digestive et même plus. Le spécialiste de l’endométriose nouvellement consulté en février m’avait alertée sur la progression de la maladie. J’étais sortie de sa consultation avec une ordonnance pour une IRM, en plus de l’hystérosalpingographie et d’une prise de sang complète demandée avant d’envisager le dernier transfert de la FIV avec don.

Finalement l’IRM a infirmé cette complication. Le tube digestif n’est pas infiltré par l’endométriose. Elle se cantonne « juste » au mêmes organes qu’avant : ovaire restant, péritoine, cul de sac de douglas, trompe, utérus sur sa partie extérieure et la base des ligaments utéro sacrés. Pour le spécialiste, l’opération peut donc enlever les masses d’endométriose (au nombre de deux elles mesurent la taille d’un citron jaune), les adhérences entre les organes, de façon à limiter l’aspect inflammatoire et apporter de la mobilité à tout mon bas ventre. Normalement, je ne perdrais pas mon dernier ovaire. Il connaît l’enjeu de le garder et va utiliser une vaporisation d’énergie plasma, l’une des nouvelles techniques permettant de conserver les organes tout en enlevant les cellules endométriosiques.

Après 2 jours d’hospitalisation, 3 semaines d’arrêt maladie sont à prévoir dont 15 jours sans port de charges. Et là, grande question, comment fait-on pour gérer la vie quotidienne et notamment un petit bout d’choux de moins de 2 ans? C’est ce que j’ai à prévoir mentalement. La journée, le petit chaton est en crèche mais le matin, le soir, le mercredi, il est avec nous/moi. Bien sûr il a son papa, bien sûr je pourrais un peu solliciter ma maman mais rien que les changes et les transfert je vais être incapable de  les effectuer. Sachant que dans une journée type de semaine, on change 3 fois les couches, que je ne pourrais ni l’installer sur sa table à langer en hauteur ni sur un lit car il mettra toute ses forces pour en partir, cela fait quelques équations logistiques à résoudre à court terme.

A la recherche d’aides extérieures, j’ai pensé à solliciter ma mutuelle en post hospitalisation. On m’a aussi donné l’idée de contacter la CAF et voir s’il est possible de bénéficier d’heures d’aide à domicile, auxiliaire de puériculture. Si vous avez des expériences similaires ou des idées, je suis preneuse. Ce ne sont pas les tâches ménagères qui m’inquiètent mais vraiment les soins d’hygiène dont a besoin le petit chaton et ses transferts d’un endroit à un autre.

L’opération est aussi programmée afin de donner le plus de chances au dernier embryon. On pourra dire que pour tenter d’avoir un enfant biologique on aura presque tout fait : des médecines douces (peut être de l’acupuncture cet été), de l’ostéopathie par voie externe et autre, des traitements lights, d’autres lourds notamment le protocole matricelab. Il y aura eu des transferts d’embryons issus de nous puis d’une FIV avec don d’ovocytes. On aura testé tous modes de présentation : frais, congelés, vitrifiés.

L’endométriose m’a enlevé ma fertilité, l’adoption m’a apporté la maternité. Je savoure cela tous les jours et je suis encore émue en me remémorant nos premiers instants tous les 3. Attentive à la parentalité dite positive, je vous rassure je n’arrive pas à garder patience en toute occasion. Il est mignon le petit chaton mais il a aussi son caractère et la gestion des frustrations (il paraît que c’est de son âge) va être un long apprentissage. A la fin de ce parcours de PMA, je n’ai aucun regret. Il est là notre enfant.

Débat sur les lois de bioéthiques et de la PMA avec donneur

Je viens d’avoir le transfert de notre dixième embryon. Je dis « notre » mais il est issu d’un don d’ovocyte. Pour moi c’est clairement notre embryon car il évolue (j’espère encore) en moi. Nous avons bénéficié d’un don d’ovocytes ce que j’associe à un don de gamète, une don de cellule. En plein débat sur la bioéthique la médiatisation d’enfants issus de dons d’ovocytes ou de sperme à la recherche de leurs origines (origines génétiques ?) m’a troublée, m’a gênée et m’a fatiguée.
Pour moi il est très clair que si cet embryon veut bien d’accrocher, si cet enfant je le porte, j’en serai la mère biologique à part entière et sa maman.
On a fait notre demande de don avec les lois actuelles. Nous avons eu quatre entretiens avec le psychologue du CHU. Comme il nous l’a dit nous pourrions expliquer notre genèse commune à notre bébé avec les mots suivants :  » Une dame est venue à l’hôpital pour donner des graines qu’on a mélangées à celles de papa et après elle est partie. On les a mises dans le ventre de maman et elles ont grandi pour faire un joli bébé et ce bébé c’est toi ».

Un don ce n’est pas un contre don. Un don c’est sans rien attendre en retour. Un don c’est anonyme et  c’est gratuit en France. Un don d’ovocyte ou de sperme c’est l’envie d’aider un couple à avoir un enfant. Un don c’est tout de même un cadeau qu’on nous offre. Les dons du sang, les dons de moelle, les dons de cordon ombilical, les dons d’organe sauvent des vies. Les dons de gamètes permettent de la créer.

 

Lorsqu’on accède à une FIV avec don en France, en plus des protocoles des CHU, ils y a aussi des démarches légales notamment un passage devant le juge aux affaires familiales.  Elles visent à ce que « le tiers donneur » n’ait aucun lien avec l’enfant qui pourrait naître. Ça nous protège à tous. Pour moi la personne donneuse n’a rien à faire dans notre vie et n’attend rien de nous.
Cet homme médiatisé, Arthur, issu d’une FIV avec don de sperme, a eu apparemment accès à l’identité de son donneur via des tests effectués aux USA . Par regroupement ensuite il indique avoir retrouvé celui-ci qui au téléphone aurait répondu : « Je suis content de te parler ». Apparemment ils  auraient prévu de se rencontrer mais pour se dire quoi? Je suis assez dubitative. Lorsqu’on fait un don, on n’a pas de désir d’enfant associé alors pourquoi aller chercher des réponses d’ordre personnel chez cet inconnu(e) ?
Expliquer le processus du don et ne rien cacher à son enfant dès son bas âge est indispensable mais pour nous il n’y aura pas plus. On ne va pas créer un lien même imaginaire avec la donneuse, juste dire qu’elle a fait un geste pour nous.

Nous aussi on s’est questionné sur le don de sperme mais en aucun cas j’ai envie que quelqu’un sonne à notre porte dans des dizaines d’années en disant, « je suis ton fils ou ta fille » car non ce ne sera pas le cas.

C’est peut être en faisant le constat du manque de donneurs et donneuses que certains couples receveurs accepteraient que la loi change ? Au CHU d’ici, le temps d’attente pour un don d’ovocyte n’a pas changé, c’est un délai de 2 ans. La loi a aussi élargi les conditions de don pour les femmes en l’ouvrant aux femmes sans enfant. Alors vous en pensez quoi?

Pas encore de "Cerise sur le gâteau"

Nous avons tenté la « Cerise sur le gâteau » en transférant un de nos embryons congelés issus de la FIV avec don d’ovocyte dont nous avons bénéficié en France. Notre embryon baptisé « Cerise » s’est bien réveillé, dans le même état que deux ans avant son hibernation. Cette petite « Cerise » je l’ai symboliquement visualisée lors de mes cours de yoga, je l’ai symboliquement arrosée pour qu’elle prenne racine lors de mes douches mais le test de grossesse a révélé qu’elle ne s’était pas installée sur le gâteau. Aucune accroche, c’est un 9 ième échec, un 9ième embryon qui ne trouve pas son terrain de jeux en moi.
Ni une ni deux, on est reparti dans une nouvelle tentative car le Man’ a psychologiquement une date limite avec son horloge biologique.J’ai réfléchi sur un week-end et me voilà à la deuxième semaine de préparation de mon endomètre avec le protocole Matricelab prévu en cas de sur activité immunitaire. J’ingurgite de la cortisone, de l’acide folique et des anti-oxydants pour le moment. Les règles sont revenues après deux ans sous pilule en continu. Ça m’a rappelé comme ce n’était pas agréable. J’étais tenté de me dire on transfère nos deux embryons restants comme ça je suis ce protocole lourd une fois pour toute et si échec je subis un autre cycle de règles mais non, les jumeaux ne sont pas prévus (sait-on jamais mais vraiment jamais au regard de mon parcours) donc ce sera un par un.
C’est nettement plus facile de relativiser quant on a un enfant, c’est indéniable. On a trouvé un joli rythme de vie à 3 mais l’envie d’un deuxième enfant est là. Sur cette question, si le contexte de l’adoption était différent nous aurions tenter un deuxième agrément mais ce n’est pas le cas. Le contexte que je comprends et qui nous a permis de devenir parents c’est de réserver l’adoption de bébés pupilles de l’état à des couples sans enfant. De ce fait pour un deuxième agrément, les enfants du département confiés en vue de leur adoption sont dits à besoins spécifiques (grands, fratrie, porteurs d’un fort handicap physique ou psychologique, ou des bébés nés sous X très prématurément donc avec de possibles séquelles qui se clarifieront au fil du temps).Au niveau international les démarches peuvent être longues et sans fin parfois et ce combat de la parentalité adoptive nous l’avons déjà mené. Nous ne souhaitons pas en engager un autre.
Nous ne souhaitons pas non plus solliciter une nouvelle FIV avec don d’ovocyte en France. Si le transfert de 11 embryons ne donne rien, il faut se rendre à l’évidence sur cette impossibilité pour moi d’être enceinte. En 5 ans de PMA, nous avons tenté de changer différents paramètres : le lieu d’accueil  de l’embryon (l’utérus) avec une mise en repos de l’endométriose et le traitement Matricelab ainsi que la qualité des embryons avec de beaux J2 issus d’une FIV avec don d’ovocyte. D’ici quelques temps et si les échecs se poursuivent en 2018, nous laisserons aussi notre tour au CECOS car plein de couples attendent un don de gamètes.
Je fais cette nouvelle tentative assez légère et avec une bienveillance de ma hiérarchie.
Pour mon état d’esprit actuel , je reste sur ces citations qui me font du bien et permettent de relativiser en reprenant l’essentiel : « Carpe Diem » et « Plus tard, il sera trop tard, notre vie c’est maintenant ».

FIV DO en France avec protocole matricelab, rétrospective de la tentative …

Je ne vais pas vous faire une ellipse de ce moment. Cette tentative a été très différente des autres, assez zen, car il n’y avait plus en moi cette nécessité d’être enceinte, de vivre une grossesse pour devenir maman. 
Le début n’a pas été sous les meilleurs auspices. Psychologiquement nous faisions face à une annonce très dure pour l’une de nos plus proches. Physiquement le Man est arrivé à son jour « J », malade et fiévreux. Nous faisions « drap à part » depuis quelques jours pour éviter la contagion et mettre toutes les chances de notre côté.
Face aux circonstances, j’ai utilisé mes bases de yoga pour me détendre, me recentrer, et soulager la douleur des piqûres d’anticoagulant. Pour le petit clin d’œil, j’ai participé à des cours de yoga prénatal C’est instinctivement que j’ai eu envie dès mon réveil, le jour supposé du transfert d’embryon, de faire quelques postures pour préparer mon corps.

Nous avons stressés 5 minutes avant de savoir si nous avions des embryons, au lieu des 48 heures habituelles de cogitage intensif post ponction. Je crois que l’investissement psychique d’une tentative est pour moi corrélé aux douleurs des traitements. Nous savions que 6 ovocytes vitrifiés nous étaient destinés.
La biologiste a été émouvante quand elle nous a dit : « On est très content, on a obtenu 5 embryons qui ont deux jours. On les a filmés toute la nuit, on les a regardés et on ne leur a trouvé aucun défaut, . Ils sont parfaits. Vous avez toutes les chances de votre côté ». 
Deux embryons ont donc pris place, dans une salle emplie de musique relaxante agrémentée de chants d’oiseaux. On se serait cru chez « Nature et Découverte ».  On a été bluffé de toute cette douceur apportée dans un CHU. Durant quelques minutes je me suis laissée aller à mon imagination, me demandant ce qu’ils mettaient en place lors des accouchements. C’était mignon. 
Durant la période post transfert, j’ai couvé au mieux ces débuts de vie. C’est sûr qu’une fois qu’ils sont installés, on a envie de les garder et d’en prendre soin. Je me suis appliquée à respecter les conseils d’hygiène et de vie pour les femmes enceintes limitant les arachides pour le risque d’allergie, troquant l’alcool par un sirop de grenadine (là c’était quand même le minimum). 
J’ai voulu gérer moi-même les soins mais très rapidement je me suis mal piquée avec l’anticoagulant, créant un hématome important. Laissant à chacun son métier, j’ai trouvé réconfort et expérience auprès d’un infirmier qui chaque soir a pris le relais. Au bout de 15 jours, en le disant poétiquement, mon ventre créait des océans (il était douloureux, avec une dizaine de bleus de différentes tailles).

Le test de grossesse s’est révélé négatif. Bon, c’est bien parce que le supermarché à coté de chez moi vendait des test à 0,89 cents, que j’en ai fait deux, J’avais étudié le dosage des ui à J13 post transfert et j’avais vite compris que le ventre rond n’était pas pour cette fois. Il y a juste eu de la déception durant un jour. Du côté du physique par contre, j’ai été remuée. Mon corps a été soumis à rude épreuve.

Le résultat négatif a signé l‘arrêt de tout mon protocole médicamenteux qui devait durer encore deux mois en cas de grossesse! J’ai enchaîné rapidement malaises, vertiges, jambes en coton et un peu d’hypertension. C’était un effet de sevrage auquel je n’avais pas été sensibilisée. En comptabilisant, avec 10 médicaments par jour pour préparer l’endomètre et 16 médicaments ensuite pour favoriser la nidation, j’ai réalisé que j’avais absorbé 390 médicaments en un mois et tout arrêté brutalement .
Le deuxième effet « indésirable » a été un système immunitaire perturbé, boosté un dans un premier temps avec de la cortisone, des vitamines, puis sujet dès leur arrêt au premier virus. Là, c’était une bonne angine.
Le troisième effet « plus qu’indésirable » a été l’une des pires crises d’endométriose au retour de mon cycle. Mes antalgiques si efficaces depuis toujours, n’ont pas réussi à agir. A bout de force, j’ai appelé le médecin de garde en pleine nuit. Je m’en rappellerais de cette piqûre en intramusculaire à 5 heures du matin et du soulagement progressif de la douleur au bout de trois jours.

Peu de temps après ma reprise du travail, nous avons reçu une lettre personnalisée de la part du mèdecin référent de notre FIV DO nous précisant que le CHU était à notre écoute si nous en éprouvions le besoin. Nous étions invités à penser dans les mois à venir au transfert de nos embryons restants.
A la lecture de ces lignes attentionnées, le cri du cœur est sorti :  » J’ai été sur les rotules ces derniers jours, je me remets juste, c’est hors de question de recommencer tout ça.  Sans moi ». Le soir même de la crise mémorable d’endométriose, j’avais repris illico presto la pilule pour ne pas connaître un nouvel épisode de la maladie.

La porte de la FIV avec don d’ovocyte est toujours entrouverte. Nous allons nous consacrer à notre bébé par adoption mais pourrions retenter un transfert d’embryon congelé en 2017 ou 2018 après nous être découverts et liés d’attachement déjà à 3. Je n’oublie pas le geste qu’une femme a fait pour nous. Par contre, le traitement sera allégé. Il est hors de question que je suive le protocole matricelab, même s’il a pour objet de corriger l’immunité de mon utérus. Cette tentative infructueuse a été trop éreintante.

FIV avec Don D’ovocytes en France : le jour de l’Appel

Il y a quelques semaines ….
Le financement de ma demande de formation universitaire a été acceptée. Au regard du délai d’attente qui s’est raccourci, pour l’arrivée de notre bébé pupille, j’informe ma DRH d’une demande de report expliquant que 2016 semble l’année possible de ma maternité adoptive. Je reçois un mail plein d’enthousiasme et de joie à notre égard. La référente RH me dit quelle est « heureuse pour nous après tant d’années et m’envoie ses félicitations ». Je suis très émue, « félicitations » est un mot si fort pour moi! Ce message me fait sentir que mon bébé adopté arrive. J »en ai les larmes aux yeux.
Je suis en salle d’entretien, avec des murs épais comme des feuilles de papier à cigarettes. Mes collègues sont à côté. Mon rendez-vous est annulé et mon téléphone portable sonne avec affichage d’un appel entrant du CHU.

« Bonjour c’est le docteur du CHU, je vous appelle car nous avons une donneuse pour vous ». 

J’ai du répondre « Ha oui » , façon très sobre.

C’est si soudain quand ça arrive! C’est un appel auquel on ne s’attend pas forcément et autant dire que je n’étais pas dans les conditions de concentration optimales.  Je m’étais imaginée que si en septembre on n’avait pas de nouvelle du CHU, on leur dirait qu’on mettait la FIV avec Don en stand bye, puisque l’adoption allait se concrétiser….
Le Man’, la FIV avec don, c’est le projet de parentalité qui lui donne des étoiles dans les yeux. Moi, je suis plus ambivalente car ce deuil de l’enfant porté, je l’ai fait, je dirais dans ma chair…

La Doc du CHU a du sentir que je n’étais pas en état d’euphorie,(j’étais vraiment dans l’émotion du mail juste reçu) car elle a précisé :« Vous êtes toujours partante pour un don d’ovocyte »? J’ai dit  » Bien sûr ». Peut être que d’autres couples crient , remercient, manifestent autre chose!
Elle fait des calculs : « Alors vous commencez à telle date pour une FIV avec Don en juillet. » 

A l’époque des « FIV normales », j’avais pu penser décaler des vacances pour permettre des tentatives. Là, ça a été le contraire. Je lui ai dit que nous partions en voyage à l’étranger. J’étais un peu embêtée, mais je trouve que c’est important de se ressourcer en dehors du travail surtout avec des frais de location engagés. Quand on compte le désir de parentalité en années, on n’est plus à 3 mois près.

Suite de la conversation :  » Mince alors, attendez, on va voir comment on peut faire ». 

Je me dis qu’on va passer notre tour et je suis honteusement, un peu soulagée. Actuellement, suite à la réunion avec le service adoption, je me suis énormément projetée sur l’arrivée d’un bébé pupille. Je compare les types de poussettes sans nécessité de nacelle, j’ai mis de côté les habits de moins de 3 mois que l’on m’a donnés. Ce bébé dans mon ventre, il est hypothétique et pour le moment, je crois que je ne peux l’imaginer. Je sais que plein de couples feraient une danse de la joie s’ils vivaient cet instant de l’Appel. Pour moi, le temps parfois ne paraît plus aussi long quand l’arrivée d’un enfant approche

Nous calons les dates pour le protocole médicamenteux qui inclut les recommandations du Laboratoire Matricelab suite aux résultats de ma biopsie de l’endomètre. J’ai réussi à ne pas dire ou répéter le mot « règles » dans mon bureau de travail avec les collègues à côté ce qui a été un exercice de jonglage verbal ! 

J’appelle le Man’ après avoir raccroché avec le CHU. Je suis toute retournée, un peu perdue. J’ai besoin de l’entendre. . Il était super content. A sa voix, c’était une évidence . Je crois qu’il ne croyait pas que cette FIV avec Don serait possible. C’est vrai, on est toujours dans l’expectative dans ces parcours si longs pour devenir parents et d’un coup, un appel change tout ce qu’on avait pu imaginer.

Le Man’ sait trouver les mots : « Ce que nous allons vivre ne sera que du bonheur après les souffrances que nous avons endurées à travers nos 6 échecs de FIV » .
Deux possibilités s’offrent à nous pour devenir parents, c’est vrai, c’est quand même génial, mais il me faut quelques heures pour l’entendre. Dans les jours suivants, je le réalise. Oui, nous sommes chanceux de voir se réaliser cette FIV avec Don D’ovocyte. Trois ans et demie après un article que j’avais intitulé « Un demie coup de massue », le don d’ovocyte devient réel grâce à la solidarité d’autres couples. 

Je devrais passer une fin d’été en mode « pile électrique » vu ce que je vais ingurgiter pour réguler les problèmes immunitaires de mon utérus. Avec le protocole matricelab et notamment la prise de cortisone, les mots « sommeil », « sel » et « sucre » ne vont plus faire partie de mon quotidien. 

Si je suis enceinte et donne naissance à ce bébé, la roue tournera, le Man’ sera surement donneur à son tour (à moins que l’on change d’idées mais ça m’étonnerait). Les hommes peuvent être donneurs jusqu’à 45 ans.

Nous nous préparons à l’arrivée d’un bébé, d’un enfant, finalement peu importe la façon. Nous sommes ouverts à la vie, en route vers le Bonheur en 2016. On aura attendu mais alors concrétisation de l’adoption ou de la FIV avec Don d’ovocyte et maison, tout cela va arriver quasiment simultanément.

J’me voyais déjà en haut de la liste

« Je me voyais déjà, en haut de la liste

Pour une FIV avec don d’ovocyte, on espère avant cet été

Nous avons vu la biologiste

Qui nous a confirmé cette possibilité peut être quelques temps après juillet


Nous sommes optimistes 

Bientôt notre téléphone va sonner.

Depuis 3 ans et demie notre démarche a été engagée

Avec des dons d’ami(e)s qui nous ont aidés

A raccourcir tous les délais. »

(Vous pouvez pousser la chansonnette à la façon de la chanson d’Aznavour) car c’est avec de petites étoiles dans les yeux que nous poursuivons nos rendez-vous au CHU.

Pour éviter le stress le jour de la FIV avec Don d’ovocyte, les paillettes de mon Man’ ont été congelées. On n’a pas eu connaissance de la qualité du « recueil ».

Avant l’Appel qui nous dira « Nous avons une donneuse, vous commencez votre traitement de préparation pour un transfert », nous avons un troisième rendez-vous avec le psychologue du CHU et un avec la médecin référente de notre dossier, pour, j’imagine, prescrire mon traitement.

Je vais insister pour obtenir l’ordonnance du protocole matricelab testé et approuvé par mon corps il y a un an et demie.

Il faut être motivé pour cette FIV avec don d’ovocyte car si on récapitule, nous arrivons en haut de la liste des couples en attente (sur deux ans et demie de procédure active) grâce à 2 donneurs et après :
– 3 rendez-vous avec un psychologue, idem avec le médecin référent
– 1 rendez-vous avec un biologiste
– Multiples examens gynéco et prises de sang
– Un traitement d’essai pour l’endomètre sur un mois (mais sans stimulation des ovaires)
– Des démarches auprès du Juge aux Affaires Familiales

On a de la chance qu’aujourd’hui cette possibilité existe au sein de notre département. En Région Parisienne, les délais d’attente peuvent être supérieurs à 5 ans ….

On le sait, la réussite n’est pas assurée. On verra si les petites étoiles dans les yeux peuvent s’agrandir en 2015.

Merci de vos mots de réconfort

Après les mauvaises nouvelles liées à  ce retour d’IRM, j’ai juste envoyé un mail au CECOS pour expliquer la situation. Il m’a semblé que la réponse par voie électronique ne suscitait pas d’affolement donc je me suis apaisée en continuant notre protocole d’essai pour la FIV DO : 
– Goutte dans le nez de Synarel, matin et soir (le fameus « pschitt » qui fait effet sur les ovaires et me laisse toujours autant dubitative)
– et Début du Provames (petit comprimé rond de la taille de la pilule) au début de ce cycle, deux comprimés par jour – je passe à trois la semaine prochaine.
Au 14ième jour échographie pelvienne pour connaitre l’état de l’endomètre qui doit être de compétition. On demande à l’échographiste de donner des précisions auxquels tous ne semblent pas habitués. Déjà au premier abord, avoir un jour fixe pour une écho ils ne comprennent pas car je ne suis pas enceinte alors quand je dis l’objet, plusieurs secrétaires ont été perdues :  « Une mesure d’endomètre pour une FIV avec don d’ovocyte mais il faut quoi exactement? ». A la lecture du cahier des charges demandés par le CECOS j’ai eu droit à « On ne connait pas ça, le médecin échographiste n’est pas formé ». Enfin, je crois que c’est bon, j’ai réservé mon rendez-vous et j’ai eu des adresses de cabinets compétents.
Je tenais à vraiment vous remercier pour vos mots de réconfort face à mes résultats, à vos retours d’expériences et aux fins heureuses pour certaines d’entre vous dans la même situation ou avec une endométriose plus importante. Je pense qu’après tout le protocole d’essai en cours, destiné à connaitre la réaction du futur nid à embryon, nous allons revoir la doc du CECOS et évoquer avec elle, les différentes options possibles avant une FIV DO.
Peut être que nous pourrons quand même passer en commission pour demande de FIV DO avec un protocole au préalable. Je ne pense pas que la case chirurgie soit la plus bénéfique dans mon cas mais les traitements assez lourds (ménopause artificielle) ou plus légers (pilule ou lutényl) peuvent réduire mon inflammation et peut être diminuer ce gros kyste (de la taille d’un citron). J’ai retenu qu’en plus, il y avait la possibilité de libérer mon ovaire de l’endométriose par une ponction et c’est vrai qu’en y accédant précédemment pour ponctionner les follicules, la gynéco en avait profité pour me délester de certains endométriomes.
En résumé, je ne m’affole pas. La FIV DO n’est pas annulée pour le moment. La Doc du CECOS a juste dit qu’on n’opérait pas les endométriomes. J’ai pris plein de notes en fonction de vos messages et je poserais beaucoup de questions à la prochaine consultation médicale.

De l’inattendu : Une FIV avec don d’ovocyte en France pour 2014?

On est allé au CHU pour se renseigner sur la procédure de FIV avec don d’ovocyte. J’étais franchement pas motivée, pensant à l’adoption de façon très régulière. Enfin, ce rendez-vous était positionné depuis longue date, alors on s’est quelque peu forcé.

Et bien, une réponse un peu venue de l’espace … Ce serait possible de faire une FIV DO (Don d’Ovocyte) en 2014 dans le CECOS de notre région. Grosse surprise pour nous !

Même si notre demande initiale auprès du CECOS datait de plus de deux ans, même si nous avions bénéficié de 2 parrainages (geste de dons de deux ami(e)s) ce qui permettait initialement de réduire le temps d’attente d’un an (6 mois par don parrainé) sur 2 ans annoncés au départ, un appel au CECOS nous avait laissés dans un gros doute.

Au téléphone, la secrétaire n’avait pas semblé « habitée » par notre dossier et ça avait été communicatif : 
La secrétaire :  » Je ne trouve pas de dossier à votre nom » (ça partait bien). Ah si mais rien n’est à jour, aucune démarche n’est engagée pour nous, on ne vous connaît pas vraiment » 
Moi : « C’est étonnant, on a bénéficié de deux parrainages et il y a un an, par téléphone, le Doc qui nous avait reçus, nous avait explicité qu’il n’y aurait plus de délai d’attente pour nous. C’était quand nous voulions »
La secrétaire :  » Ça ne fonctionne plus comme ça, les procédures ont changé et de toutes les façons on n’a pas beaucoup de donneuses ».
Moi :  « Mais comment on fait alors? »
La secrétaire : « Je vous donne un rendez-vous dans 6 mois et vous verrez durant votre consultation avec un nouveau Doc ».

Ce jour arrive.  Quand le Nouveau Doc me regarde attentivement pour noter mes caractéristiques physiques (taille, poids, couleur des yeux, des cheveux, du teint, rhésus), on comprend que finalement, la FIV DO est dans les cartons.

Dans un premier temps, pour que la commission du CECOS examine notre demande, nous devons actualiser nos bilans sanguins, rencontrer le psychologue (je crois qu’à force, on aura fait tous les services psy en lien avec le désir de parentalité ) et connaitre l’état de l’endométriose par une IRM pelvienne. C’est avec une certaine fierté, qu’ avec un petit argumentaire, j’échappe à une nouvelle hystéroscopie. Cet examen me fait un mal de chien!

On est de suite plongé dans la dynamique. J’essaie le traitement de préparation d’endomètre à partir de J21. Je regarde l’appli de mon Smart Phone pour savoir où j’en suis dans mon cycle. Je suis vraiment loin de tout ça. 
Le spray Synarel redevient donc mon compagnon matin et soir. Une pulvérisation dans la narine droite le matin et une dans la narine gauche le soir, toutes les 12 heures. Pourquoi changer de narine, je ne sais pas!

Ce qui est primordial c’est la  préservation de ma santé. Sans piqûre ni stimulation ( il n’y a pas besoin que je sois féconde, mes gamètes ne rentrent pas dans cette équation de vie), il n’y a pas de risque d’enflammer mon endométriose. 

En sortant du rendez-vous je me dit : C’est fait, la page d’un enfant génétiquement mien est belle et bien tournée.

J’ai quand même l’impression de « trahir » cet enfant pupille qui peut nous être attribué dans quelques années. J’ai été sincère et authentique dans notre projet d’adoption en parlant du deuil de l’enfant biologique.

Après quelques heures, je trouve que cet effet de surprise que nous vivons ressemble à celui de l’arrivée d’une grossesse naturelle en cours de démarche d’adoption. La FIV DO est un détour inattendu en cours de parcours d’adoption. C’est un chemin différent vers la parentalité, ni mieux, ni moins bien, juste différent.

Je n’ai pas spécialement envie d’être enceinte mais si je le suis, je serai très heureuse, j’en suis certaine.
Si je ne le suis pas, je sais qu’on sera parents d’ici quelques années et je serai très heureuse même si triste surement dans l’après coup, j’en suis certaine aussi.
   
J’avais entendu cette phrase « Entamer une procédure d aide médicale à la procréation, c’est pouvoir assumer un échec ». On est prêt à affronter cet échec de FIV avec don s’il existe. On sera parent de toutes les façons et ce sera chouette.

Renoncer encore et lâcher prise

J’ai vraiment traversé des moments difficiles en avril. Je me suis sentie retournée, bouleversée, chamboulée, plus qu’à fleur de peau, un peu sur la pente de la tristesse qui ne remontait pas.
Ça a commencé après le rendez-vous avec la collègue du Grand Doc, j’ai posé cette question toute bête au vus de mes examens sur les réponses immunitaires de mon utérus :  » D’après vous, il y aurait une chance pour une grossesse naturelle? » J’ai compris que c’était peu probable et dès lors le lendemain a été compliqué. 
Une journée où je ne travaillais pas, une journée à ressasser mon entretien médical. Une journée de larmes, de peur, de deuil je crois. Une journée un peu « à côté de la plaque » et à me dire que j’étais très peu fertile. Je le sais depuis longtemps mais ça m’a semblé encore plus clair qu’avant. 
Depuis trois mois j’avais été obligée de faire des tests d’ovulation et depuis je continuais, ayant même décidé d’acheter une magnifique machine à allumer tous les matins, le nec plus ultra des tests de fertilité. Je pensais que vraiment ça allait nous aider. A détecter le pic ovulatoire peut être, mais à faire en sorte que mes ovules soient de bonne qualité et en plus à ce que mon utérus soit accueillant, c’était juste une illusion.
Il faut vraiment que je me le dise : Je suis très peu fertile. Je n’ai pas les mêmes chances de conception que la moyenne des femmes. Moi, je grève les statistiques de fécondité des femmes françaises, premières en Europe pour le nombre de naissances par an et par habitant.
Le week-end, je me suis répétée que je n’étais pas toute puissante, que je ne pouvais pas changer la nature, qu’il fallait composer avec mon potentiel pour une prochaine FIV peut être ou encore le don d’ovocyte. 
La puissance se trouve peut être du côté de la science, mais pas de moi-même. Le renoncement m’est nécessaire pour avancer, je l’avais un peu fait et puis je suis repartie en arrière.
J’ai mis au placard ma petite machine, je vais juste l’utiliser pour compter la durée de mes cycles en l’allumant le premier et le dernier jour. Il n’y aura plus de recherche des moments sensés être les plus fertiles. Je ne  veux plus savoir si je suis à J12 ou J16, je veux oublier ce diktat que je me suis imposée, qui ne me convient pas, dans lequel je me perds. Je ne veux pas envisager de booster ma fertilité avec des comprimés à base d’huile ou des graines de plantes. Je veux juste arriver à lâcher prise.

Suite de la FIV 6 : Perspectives

Après la douleur et son point culminant cette semaine, est très vite venue la recherche de perspectives encourageantes nous permettant de nous projeter sur un avenir à trois ou quatre. Non, nous n’allons pas acheter d’animaux, nous imaginons les suite possibles à notre parcours (je commence à ajouter « du combattant ») vers un enfant.

Une chose est sûre nous ne pouvons pas concevoir de ne pas avoir un enfant. Nous avons ce projet de vie. Nous ne nous voyons pas nous accomplir et trouver un sens à notre vie de couple sans cet ingrédient dans notre quotidien.

Du coup, plusieurs idées et décisions se sont dessinées dès mercredi.
Elles concernent la suite du parcours PMA ainsi qu’une démarche qui fait lentement sa place, celle de l’adoption