Les petites graines qui ne germent pas

Nous essuyons notre 11 ieme échec de pma. Notre dernier embryon s’est décongelé, à été transféré mais il n’a pas grandi au creux de moi. Comme les 10 précédents, il n’a pas trouvé une terre fertile pour s’implanter. Je ne suis sûrement pas de celles qui peuvent être enceinte et pourtant … Ce petit dernier je l’ai dorloté.

Cette fois après le transfert j’ai pris du spasfon dès qu’un tiraillement apparaissait histoire d’éviter les contractions de l’utérus. Comme indiqué par le centre fiv je n’ai fait aucune activité physique durant 4 jours. Pour changer des 8 autres tentatives, j’ai tenté l’aspect naturel en enrichissant mon alimentation en vitamines E (déjà présente dans mon protocole médicamenteux). Huile d’avocat, de colza, sardines, graines de tournesol ont été mes alliées depuis un mois et demie. Ma chasse aux perturbateurs endocriniens est désormais un mode de vie tant dans les cosmétiques que dans mon jardin en permaculture et pourtant … La dernière graine ne s’est pas pour autant accrochée.

Niveau médication, mon protocole contenait 15 médicaments en lien avec le protocole Matricelab qui en 2013 révélait qu’au naturel, mon utérus avait une possible action toxique et de rejet lié une sur activité immunitaire. J’ai englouti beaucoup de progestérone, des anti-oxydants, de la cortisone, de l’acide folique, des œstrogènes et de l’aspirine. Pour tenter le tout pour le tout, j’ai respecté des prises à heures régulières. A 7h30, 13h et 19h30,  « l’alarme clairon » de mon téléphone nous mettait l’ambiance et pourtant … Niveau fertilité, je suis un peu un arbre sans fruit (nom du titre d’un documentaire sur l’infertilité en Afrique).

J’ai fait (et nous avons fait) plein de choses pour tenter que je sois enceinte : des fiv, des fiv avec don d’ovocytes, des transferts ensuite sous protocole personnalisé matricelab, de l’ostéopathie par voie interne et externe, plein de visualisations, de moments de méditation. J’ai essayé de vivre normalement, d’oublier l’enjeu ou bien de m’investir en parlant à l’embryon, en programmant la date de ma première échographie, et pourtant … Aucune deuxième ligne n’est jamais apparu sur un test de grossesse.

Dans les décisions les plus impactantes, je me suis faite opérer de l’endometriose il y a quelque mois et pourtant …

Les petites graines ne germent pas. 

Je suis plutôt habituée à ces résultats négatifs mais tout de même l’ accumulation chiffrée est là. 9 transferts, 11 embryons de 2 ou 3 jours implantés et aucune accroche. Pour relayer les infos sur les ratios réussite /échec, nous sommes ce couple sur 4 qui sort de la pma sans enfant. Jeudi, j’étais un peu triste de ce deuxième enfant qui n’arrivera sûrement (ou peut être ) jamais. Pour faire passer la pilule, j’ai tout cuisiné à base d’alcool. Le Man’ a dit on va pas prendre le champagne (sous entendu pour fêter ça). J’ai répondu « Si justement, j’ai plus besoin de faire attention, mais on se fait plutôt des mojitos ». Vendredi, j’y pensais encore mais en regardant les deux hommes de ma maison je me disais que notre bonheur était déjà là avec un quotidien bien heureux. Samedi, j’ai découvert que j’avais pris 3 kg en un mois et demie de prise de médicament. Mon ventre ressemble à une bonbonne en verre soufflé! Boostée par les hormones, les kilos ou peut être la rétention d’eau se sont fait plaisir. Du coup, je me suis demandée si j’allais encore poursuivre ou pas la pma. Une deuxième fiv avec don pourrait se faire mais cette fois il faut ouvrir son porte monnaie car nous avons bénéficié (en 10 ans) des 4 Fiv avec transferts remboursés par la sécurité sociale.  Faut-il croire que la prochaine tentative serait la bonne …

Si les petites grainent ne germent pas faut-il encore espérer qu’un fruit pousse un jour?

Coelioscopie de l’endométriose plus nécessaire que prévue

J’avais hésité à me faire opérer, j’avais toujours entendu qu’il valait mieux ne pas ouvrir tant que l’endométriose n’était pas douloureuse. Je crois que ce sont encore des discours erronés. La chirurgie a été plus nécessaire que prévue et j’ai bien fait d’écouter l’avis du Chir spécialiste de l’endométriose et qui créé un Pôle dans ma ville.

Je l’avais consulté sur un coup de tête après l’échec de nidation de « Flocon » notre embryon vitrifié de février. Je voulais savoir s’il y avait des choses à faire afin de favoriser une accroche après 10 échecs. Je viens de m’éviter des problèmes fonctionnels dans les mois ou les années à venir.

En plus de s’être occupée de ses lieux de prédilection : ovaire restant, les deux trompes, la partie externe de mon utérus, la membrane qui entoure l’intestin (le péritoine) et de s’être fixée en forme de kyste et de nodule, chacun de la taille d’un citron (pas vert mais jaune), l’endométriose commençait à s’en prendre à d’autres organes ou tissus.

J’écrivais en mars que l’endométriose attaquait dans des cas pas si rares le système digestif et la vessie. Je ne pensais pas être concernée par cela au regard de mes examens radiologiques plutôt rassurants. En ouvrant mon abdomen, le Chir a constaté que l’endométriose s’intéressait fortement à mon colon et mon système urinaire. Elle était accolée à mon tube digestif qui s’est pris un coup de rasoir et entourait mon uretère (conduit amenant l’urine du rein vers la vessie). Méticuleusement, le Chir est intervenu afin d’enlever les lésions mais heureusement que cela a été pris à temps!

48 heures après mon opération, je suis debout, je marche, je ne suis pas douloureuse. J’ai juste un ventre gonflé, endolori, 4 nouvelles cicatrices dont 2 avec des points mais toutes les sutures sont collées, petites et jolies. Encore une fois je me trouve chanceuse, chanceuse d’avoir consulté, chanceuse d’avoir été aiguillée vers ce praticien conseillée par Endofrance et notamment sa présidente Yasmine qui m’a indiqué lui faire entièrement confiance.

Ma voisine de couloir souffre de la même maladie. Elle est là depuis 15 jours. Je ne sais même plus si je peux dire encore cela car l’endométriose me surprend de plus en plus tant elle fait des dégâts.  « Dans des cas pas si rares en plus de s’attaquer aux organes génitaux, au péritoine, au système digestif et urinaire, l’endométriose migre parfois beaucoup plus haut, vers le système pulmonaire ». Ma voisine de couloir vient de se faire enlever un kyste d’endométriose au niveau de son diaphragme et elle a ensuite eu des complications respiratoires. Si moi j’ai eu de la chance et que je suis sur pied, à J+21 elle est toujours hospitalisée, elle est passée deux fois au bloc en 15 jours. Ses sutures du colon n’ont pas tenue, on lui a aussi posé une stomie (vous chercherez la définition) . Il est temps de rappeler que des femmes luttent et se bagarrent contre cette maladie avec acharnement, courage. C’est une maladie synonyme de souffrances parfois en continu. C’est une maladie invalidante voir handicapante.

Alors oui, arrêtons de réduire l’endométriose à une maladie touchant la fertilité, le désir d’enfant, c’est cela mais pas que. Est ce finalement une maladie si bénine au regard de toutes les atteintes et complications qu’elle engendre et qui peuvent emmener même exceptionnellement en service de réanimation?

C’est décidé l’année prochaine, qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige, je me mobiliserai pour faire partie de l’Endomarch. Je ne suis pas sûre d’en avoir finie dans les années à venir avec cette maladie. Nous allons tenter de transférer notre dernier embryon congelé à la rentrée, me laisser 3 mois sans pilule et si le bébé « couette miracle » (c’est quand même un challenge) n’arrive pas ce sera reprise de la pilule durant des années pour endiguer cette maladie. J’espère gagner contre elle. J’espère que la science et la recherche vont se pencher sur notre maladie pour que des jeunes filles, des jeunes femmes, de femmes, leur entourage, ne subissent pas d’aussi lourdes interventions et parfois à répétition.

Ma jeune voisine de couloir, je te souhaite un prompt rétablissement. Tu es une guerrière avec beaucoup de courage …

FIV DO en France avec protocole matricelab, rétrospective de la tentative …

Je ne vais pas vous faire une ellipse de ce moment. Cette tentative a été très différente des autres, assez zen, car il n’y avait plus en moi cette nécessité d’être enceinte, de vivre une grossesse pour devenir maman. 
Le début n’a pas été sous les meilleurs auspices. Psychologiquement nous faisions face à une annonce très dure pour l’une de nos plus proches. Physiquement le Man est arrivé à son jour « J », malade et fiévreux. Nous faisions « drap à part » depuis quelques jours pour éviter la contagion et mettre toutes les chances de notre côté.
Face aux circonstances, j’ai utilisé mes bases de yoga pour me détendre, me recentrer, et soulager la douleur des piqûres d’anticoagulant. Pour le petit clin d’œil, j’ai participé à des cours de yoga prénatal C’est instinctivement que j’ai eu envie dès mon réveil, le jour supposé du transfert d’embryon, de faire quelques postures pour préparer mon corps.

Nous avons stressés 5 minutes avant de savoir si nous avions des embryons, au lieu des 48 heures habituelles de cogitage intensif post ponction. Je crois que l’investissement psychique d’une tentative est pour moi corrélé aux douleurs des traitements. Nous savions que 6 ovocytes vitrifiés nous étaient destinés.
La biologiste a été émouvante quand elle nous a dit : « On est très content, on a obtenu 5 embryons qui ont deux jours. On les a filmés toute la nuit, on les a regardés et on ne leur a trouvé aucun défaut, . Ils sont parfaits. Vous avez toutes les chances de votre côté ». 
Deux embryons ont donc pris place, dans une salle emplie de musique relaxante agrémentée de chants d’oiseaux. On se serait cru chez « Nature et Découverte ».  On a été bluffé de toute cette douceur apportée dans un CHU. Durant quelques minutes je me suis laissée aller à mon imagination, me demandant ce qu’ils mettaient en place lors des accouchements. C’était mignon. 
Durant la période post transfert, j’ai couvé au mieux ces débuts de vie. C’est sûr qu’une fois qu’ils sont installés, on a envie de les garder et d’en prendre soin. Je me suis appliquée à respecter les conseils d’hygiène et de vie pour les femmes enceintes limitant les arachides pour le risque d’allergie, troquant l’alcool par un sirop de grenadine (là c’était quand même le minimum). 
J’ai voulu gérer moi-même les soins mais très rapidement je me suis mal piquée avec l’anticoagulant, créant un hématome important. Laissant à chacun son métier, j’ai trouvé réconfort et expérience auprès d’un infirmier qui chaque soir a pris le relais. Au bout de 15 jours, en le disant poétiquement, mon ventre créait des océans (il était douloureux, avec une dizaine de bleus de différentes tailles).

Le test de grossesse s’est révélé négatif. Bon, c’est bien parce que le supermarché à coté de chez moi vendait des test à 0,89 cents, que j’en ai fait deux, J’avais étudié le dosage des ui à J13 post transfert et j’avais vite compris que le ventre rond n’était pas pour cette fois. Il y a juste eu de la déception durant un jour. Du côté du physique par contre, j’ai été remuée. Mon corps a été soumis à rude épreuve.

Le résultat négatif a signé l‘arrêt de tout mon protocole médicamenteux qui devait durer encore deux mois en cas de grossesse! J’ai enchaîné rapidement malaises, vertiges, jambes en coton et un peu d’hypertension. C’était un effet de sevrage auquel je n’avais pas été sensibilisée. En comptabilisant, avec 10 médicaments par jour pour préparer l’endomètre et 16 médicaments ensuite pour favoriser la nidation, j’ai réalisé que j’avais absorbé 390 médicaments en un mois et tout arrêté brutalement .
Le deuxième effet « indésirable » a été un système immunitaire perturbé, boosté un dans un premier temps avec de la cortisone, des vitamines, puis sujet dès leur arrêt au premier virus. Là, c’était une bonne angine.
Le troisième effet « plus qu’indésirable » a été l’une des pires crises d’endométriose au retour de mon cycle. Mes antalgiques si efficaces depuis toujours, n’ont pas réussi à agir. A bout de force, j’ai appelé le médecin de garde en pleine nuit. Je m’en rappellerais de cette piqûre en intramusculaire à 5 heures du matin et du soulagement progressif de la douleur au bout de trois jours.

Peu de temps après ma reprise du travail, nous avons reçu une lettre personnalisée de la part du mèdecin référent de notre FIV DO nous précisant que le CHU était à notre écoute si nous en éprouvions le besoin. Nous étions invités à penser dans les mois à venir au transfert de nos embryons restants.
A la lecture de ces lignes attentionnées, le cri du cœur est sorti :  » J’ai été sur les rotules ces derniers jours, je me remets juste, c’est hors de question de recommencer tout ça.  Sans moi ». Le soir même de la crise mémorable d’endométriose, j’avais repris illico presto la pilule pour ne pas connaître un nouvel épisode de la maladie.

La porte de la FIV avec don d’ovocyte est toujours entrouverte. Nous allons nous consacrer à notre bébé par adoption mais pourrions retenter un transfert d’embryon congelé en 2017 ou 2018 après nous être découverts et liés d’attachement déjà à 3. Je n’oublie pas le geste qu’une femme a fait pour nous. Par contre, le traitement sera allégé. Il est hors de question que je suive le protocole matricelab, même s’il a pour objet de corriger l’immunité de mon utérus. Cette tentative infructueuse a été trop éreintante.

FIV avec Don D’ovocytes en France : le jour de l’Appel

Il y a quelques semaines ….
Le financement de ma demande de formation universitaire a été acceptée. Au regard du délai d’attente qui s’est raccourci, pour l’arrivée de notre bébé pupille, j’informe ma DRH d’une demande de report expliquant que 2016 semble l’année possible de ma maternité adoptive. Je reçois un mail plein d’enthousiasme et de joie à notre égard. La référente RH me dit quelle est « heureuse pour nous après tant d’années et m’envoie ses félicitations ». Je suis très émue, « félicitations » est un mot si fort pour moi! Ce message me fait sentir que mon bébé adopté arrive. J »en ai les larmes aux yeux.
Je suis en salle d’entretien, avec des murs épais comme des feuilles de papier à cigarettes. Mes collègues sont à côté. Mon rendez-vous est annulé et mon téléphone portable sonne avec affichage d’un appel entrant du CHU.

« Bonjour c’est le docteur du CHU, je vous appelle car nous avons une donneuse pour vous ». 

J’ai du répondre « Ha oui » , façon très sobre.

C’est si soudain quand ça arrive! C’est un appel auquel on ne s’attend pas forcément et autant dire que je n’étais pas dans les conditions de concentration optimales.  Je m’étais imaginée que si en septembre on n’avait pas de nouvelle du CHU, on leur dirait qu’on mettait la FIV avec Don en stand bye, puisque l’adoption allait se concrétiser….
Le Man’, la FIV avec don, c’est le projet de parentalité qui lui donne des étoiles dans les yeux. Moi, je suis plus ambivalente car ce deuil de l’enfant porté, je l’ai fait, je dirais dans ma chair…

La Doc du CHU a du sentir que je n’étais pas en état d’euphorie,(j’étais vraiment dans l’émotion du mail juste reçu) car elle a précisé :« Vous êtes toujours partante pour un don d’ovocyte »? J’ai dit  » Bien sûr ». Peut être que d’autres couples crient , remercient, manifestent autre chose!
Elle fait des calculs : « Alors vous commencez à telle date pour une FIV avec Don en juillet. » 

A l’époque des « FIV normales », j’avais pu penser décaler des vacances pour permettre des tentatives. Là, ça a été le contraire. Je lui ai dit que nous partions en voyage à l’étranger. J’étais un peu embêtée, mais je trouve que c’est important de se ressourcer en dehors du travail surtout avec des frais de location engagés. Quand on compte le désir de parentalité en années, on n’est plus à 3 mois près.

Suite de la conversation :  » Mince alors, attendez, on va voir comment on peut faire ». 

Je me dis qu’on va passer notre tour et je suis honteusement, un peu soulagée. Actuellement, suite à la réunion avec le service adoption, je me suis énormément projetée sur l’arrivée d’un bébé pupille. Je compare les types de poussettes sans nécessité de nacelle, j’ai mis de côté les habits de moins de 3 mois que l’on m’a donnés. Ce bébé dans mon ventre, il est hypothétique et pour le moment, je crois que je ne peux l’imaginer. Je sais que plein de couples feraient une danse de la joie s’ils vivaient cet instant de l’Appel. Pour moi, le temps parfois ne paraît plus aussi long quand l’arrivée d’un enfant approche

Nous calons les dates pour le protocole médicamenteux qui inclut les recommandations du Laboratoire Matricelab suite aux résultats de ma biopsie de l’endomètre. J’ai réussi à ne pas dire ou répéter le mot « règles » dans mon bureau de travail avec les collègues à côté ce qui a été un exercice de jonglage verbal ! 

J’appelle le Man’ après avoir raccroché avec le CHU. Je suis toute retournée, un peu perdue. J’ai besoin de l’entendre. . Il était super content. A sa voix, c’était une évidence . Je crois qu’il ne croyait pas que cette FIV avec Don serait possible. C’est vrai, on est toujours dans l’expectative dans ces parcours si longs pour devenir parents et d’un coup, un appel change tout ce qu’on avait pu imaginer.

Le Man’ sait trouver les mots : « Ce que nous allons vivre ne sera que du bonheur après les souffrances que nous avons endurées à travers nos 6 échecs de FIV » .
Deux possibilités s’offrent à nous pour devenir parents, c’est vrai, c’est quand même génial, mais il me faut quelques heures pour l’entendre. Dans les jours suivants, je le réalise. Oui, nous sommes chanceux de voir se réaliser cette FIV avec Don D’ovocyte. Trois ans et demie après un article que j’avais intitulé « Un demie coup de massue », le don d’ovocyte devient réel grâce à la solidarité d’autres couples. 

Je devrais passer une fin d’été en mode « pile électrique » vu ce que je vais ingurgiter pour réguler les problèmes immunitaires de mon utérus. Avec le protocole matricelab et notamment la prise de cortisone, les mots « sommeil », « sel » et « sucre » ne vont plus faire partie de mon quotidien. 

Si je suis enceinte et donne naissance à ce bébé, la roue tournera, le Man’ sera surement donneur à son tour (à moins que l’on change d’idées mais ça m’étonnerait). Les hommes peuvent être donneurs jusqu’à 45 ans.

Nous nous préparons à l’arrivée d’un bébé, d’un enfant, finalement peu importe la façon. Nous sommes ouverts à la vie, en route vers le Bonheur en 2016. On aura attendu mais alors concrétisation de l’adoption ou de la FIV avec Don d’ovocyte et maison, tout cela va arriver quasiment simultanément.

J’me voyais déjà en haut de la liste

« Je me voyais déjà, en haut de la liste

Pour une FIV avec don d’ovocyte, on espère avant cet été

Nous avons vu la biologiste

Qui nous a confirmé cette possibilité peut être quelques temps après juillet


Nous sommes optimistes 

Bientôt notre téléphone va sonner.

Depuis 3 ans et demie notre démarche a été engagée

Avec des dons d’ami(e)s qui nous ont aidés

A raccourcir tous les délais. »

(Vous pouvez pousser la chansonnette à la façon de la chanson d’Aznavour) car c’est avec de petites étoiles dans les yeux que nous poursuivons nos rendez-vous au CHU.

Pour éviter le stress le jour de la FIV avec Don d’ovocyte, les paillettes de mon Man’ ont été congelées. On n’a pas eu connaissance de la qualité du « recueil ».

Avant l’Appel qui nous dira « Nous avons une donneuse, vous commencez votre traitement de préparation pour un transfert », nous avons un troisième rendez-vous avec le psychologue du CHU et un avec la médecin référente de notre dossier, pour, j’imagine, prescrire mon traitement.

Je vais insister pour obtenir l’ordonnance du protocole matricelab testé et approuvé par mon corps il y a un an et demie.

Il faut être motivé pour cette FIV avec don d’ovocyte car si on récapitule, nous arrivons en haut de la liste des couples en attente (sur deux ans et demie de procédure active) grâce à 2 donneurs et après :
– 3 rendez-vous avec un psychologue, idem avec le médecin référent
– 1 rendez-vous avec un biologiste
– Multiples examens gynéco et prises de sang
– Un traitement d’essai pour l’endomètre sur un mois (mais sans stimulation des ovaires)
– Des démarches auprès du Juge aux Affaires Familiales

On a de la chance qu’aujourd’hui cette possibilité existe au sein de notre département. En Région Parisienne, les délais d’attente peuvent être supérieurs à 5 ans ….

On le sait, la réussite n’est pas assurée. On verra si les petites étoiles dans les yeux peuvent s’agrandir en 2015.

Le premier spot de l’association Lili H pour faire connaître l’endométriose

Pour casser le « tabou », voici le premier spot d’une campagne sur l’endométriose.
Je ne me reconnais pas forcément dans le message tenu mais l’association souhaite faire sortir l’endométriose du seul cercle de ceux qui la côtoient et c’est à ce premier pas que je participe en relayant leur vidéo. Ce sont les textes et la voix off de la fin, sur le quotidien de la maladie, qui m’ont parlé.
L’endométriose est en effet une « maladie chronique inflammatoire sans réel traitement »*. C’est la vérité mais avant cet automne et une conférence de l’association Endofrance, bizarrement, je ne l’avais jamais réalisé. Je pense que c’est le statut de malade que je rejette. A la découverte de mon premier kyste, les « Oh ma pauvre » répétés de ma première gynéco ont été insupportables.
Concernant mon avis sur ce court métrage, je trouve que la douleur parfois à la limite des vomissements et de l’évanouissement est bien retransmise. Ma chance est de la connaître en moyenne une fois par an.
Pour le temps du diagnostic, je pense avoir ma première crise à 21 ans, juste une alerte alors je serais dans cette moyenne des 7 ans pour la découvrir.
Je déplore le happy end que je trouve trop facile. La grossesse est une des étapes de vie que peut connaître une endogirl mais le combat n’est pas gagné (si on parle en terme guerrier). Parler de victoire sur la maladie est peut être restrictif. 
Donner naissance est une victoire face à l’infertilité mais l’endométriose peut encore progresser.
Les statistiques disent que « la maladie a 98 % de chances de s’arrêter à la ménopause »*. Il me  reste 15 ans à tout faire pour la stabiliser. Actuellement ce n’est pas vraiment le cas. Mon essai de pilule en continu a été un échec, j’avais des saignements tout le temps, l’anémie me guettait alors en sachant que la FIV avec don pouvait arriver, deux mois après la reprise de la pilule, j’ai arrêté la pilule! Mais si la tentative de FIV avec don ne fonctionne pas en 2015, je passerais au stérilet hormonal qui lui aussi stoppe normalement les règles.
« Avec de l’endométriose, il faut se préparer à une prise en charge sur le long terme, l’évolution est imprévisible (dans le bon et le mauvais sens) et il n’y a pas de conseil thérapeutique. Le choix du traitement change d’une femme à l’autre »*.
C’est aussi difficile de se limiter à ce happy end car la grossesse et donner naissance ne nous concerne pas toutes. Pour autant nous sommes aussi happy en tant que femmes, épouses ou futures mamans par adoption. Si la grossesse est une victoire, difficile de se dire qu’en miroir ne pas la vivre est un échec. Je sais que ce n’est pas le message mais ça peut être un ressenti qui apparaît en filigrane.
Enfin, je dois avoir des amis extra ordinaires et des collègues empathiques car jamais au grand jamais je ne me suis sentie incomprise ou jugée. J’ai fait quelques malaises au travail et vue la montée en flèche de la douleur en quelques minutes, c’est SOS Médecin qu’ils ont appelé. Ils m’ont fait une sorte de lit avec des fauteuils de récup pour créer un lieu de consultation à la va vite, ils m’ont chouchoutée pour mieux supporter les spasmes, et ça m’a fait du bien.

* en italique, propos tenus par des Grands Professeurs spécialisés en endométriose, conférence Endofrance, automne 2014

Happy clap de fin

J’ai rencontré ma nouvelle gynéco vendredi dernier, conseillée par le CHU en tant que connaisseuse de l’endométriose. Une salle d’attente avec des airs de salon de thé, des femmes en talons aiguilles venues entre midi et deux, ça m’a changée de l’univers aseptisé des établissements hospitaliers.
L’examen gynécologique est rassurant, il n’y a même pas un caillot sur mon ovaire, rien, il est gros, plein d’endométriose mais c’est tout et au toucher : « C’est loin d’être la cata ». 
C’est mieux que ce que je pensais et c’est le 4 ième avis dans le même sens. C’est bon, la frayeur est définitivement derrière nous. Mon ovaire est sain et je le garde pour préserver ses fonctions hormonales. Happy clap de fin! 
Je vais reprendre la pilule en continue, Cérazette, pour ne plus avoir de cycles. C’est un moyen de contenir avec une méthode douce, l’endométriose et ses douleurs (qui chez moi sont rares). J’y pensais depuis notre démarche d’adoption car je n’espère plus de grossesse naturelle, ma priorité est ma santé. Depuis il y a eu le projet de FIV avec don donc je ne savais plus mais voilà, c’est très simple, c’est compatible. La pilule est stoppée avant le traitement pour la FIV DO.
J’avais arrêté à l’époque (oui, c’est loin), Diane 35 car je ne voulais plus d’hormones. Des années après, avec un désir d’enfant (pas forcément de grossesse), me voilà à retourner à la pharmacie acheter une plaquette. Ça fait drôle!
Vous avez des retours sur cette pilule? Je sais qu’il y a des procès en cours contre des pilules de 3ième génération mais la gynéco m’a dit que celle-ci ne représentait pas de risques pour moi car il n’y a aucun antécédent de problèmes veineux dans ma famille, que je ne fume pas, que ma tension est normale… 

Merci de vos mots de réconfort

Après les mauvaises nouvelles liées à  ce retour d’IRM, j’ai juste envoyé un mail au CECOS pour expliquer la situation. Il m’a semblé que la réponse par voie électronique ne suscitait pas d’affolement donc je me suis apaisée en continuant notre protocole d’essai pour la FIV DO : 
– Goutte dans le nez de Synarel, matin et soir (le fameus « pschitt » qui fait effet sur les ovaires et me laisse toujours autant dubitative)
– et Début du Provames (petit comprimé rond de la taille de la pilule) au début de ce cycle, deux comprimés par jour – je passe à trois la semaine prochaine.
Au 14ième jour échographie pelvienne pour connaitre l’état de l’endomètre qui doit être de compétition. On demande à l’échographiste de donner des précisions auxquels tous ne semblent pas habitués. Déjà au premier abord, avoir un jour fixe pour une écho ils ne comprennent pas car je ne suis pas enceinte alors quand je dis l’objet, plusieurs secrétaires ont été perdues :  « Une mesure d’endomètre pour une FIV avec don d’ovocyte mais il faut quoi exactement? ». A la lecture du cahier des charges demandés par le CECOS j’ai eu droit à « On ne connait pas ça, le médecin échographiste n’est pas formé ». Enfin, je crois que c’est bon, j’ai réservé mon rendez-vous et j’ai eu des adresses de cabinets compétents.
Je tenais à vraiment vous remercier pour vos mots de réconfort face à mes résultats, à vos retours d’expériences et aux fins heureuses pour certaines d’entre vous dans la même situation ou avec une endométriose plus importante. Je pense qu’après tout le protocole d’essai en cours, destiné à connaitre la réaction du futur nid à embryon, nous allons revoir la doc du CECOS et évoquer avec elle, les différentes options possibles avant une FIV DO.
Peut être que nous pourrons quand même passer en commission pour demande de FIV DO avec un protocole au préalable. Je ne pense pas que la case chirurgie soit la plus bénéfique dans mon cas mais les traitements assez lourds (ménopause artificielle) ou plus légers (pilule ou lutényl) peuvent réduire mon inflammation et peut être diminuer ce gros kyste (de la taille d’un citron). J’ai retenu qu’en plus, il y avait la possibilité de libérer mon ovaire de l’endométriose par une ponction et c’est vrai qu’en y accédant précédemment pour ponctionner les follicules, la gynéco en avait profité pour me délester de certains endométriomes.
En résumé, je ne m’affole pas. La FIV DO n’est pas annulée pour le moment. La Doc du CECOS a juste dit qu’on n’opérait pas les endométriomes. J’ai pris plein de notes en fonction de vos messages et je poserais beaucoup de questions à la prochaine consultation médicale.

De l’inattendu : Une FIV avec don d’ovocyte en France pour 2014?

On est allé au CHU pour se renseigner sur la procédure de FIV avec don d’ovocyte. J’étais franchement pas motivée, pensant à l’adoption de façon très régulière. Enfin, ce rendez-vous était positionné depuis longue date, alors on s’est quelque peu forcé.

Et bien, une réponse un peu venue de l’espace … Ce serait possible de faire une FIV DO (Don d’Ovocyte) en 2014 dans le CECOS de notre région. Grosse surprise pour nous !

Même si notre demande initiale auprès du CECOS datait de plus de deux ans, même si nous avions bénéficié de 2 parrainages (geste de dons de deux ami(e)s) ce qui permettait initialement de réduire le temps d’attente d’un an (6 mois par don parrainé) sur 2 ans annoncés au départ, un appel au CECOS nous avait laissés dans un gros doute.

Au téléphone, la secrétaire n’avait pas semblé « habitée » par notre dossier et ça avait été communicatif : 
La secrétaire :  » Je ne trouve pas de dossier à votre nom » (ça partait bien). Ah si mais rien n’est à jour, aucune démarche n’est engagée pour nous, on ne vous connaît pas vraiment » 
Moi : « C’est étonnant, on a bénéficié de deux parrainages et il y a un an, par téléphone, le Doc qui nous avait reçus, nous avait explicité qu’il n’y aurait plus de délai d’attente pour nous. C’était quand nous voulions »
La secrétaire :  » Ça ne fonctionne plus comme ça, les procédures ont changé et de toutes les façons on n’a pas beaucoup de donneuses ».
Moi :  « Mais comment on fait alors? »
La secrétaire : « Je vous donne un rendez-vous dans 6 mois et vous verrez durant votre consultation avec un nouveau Doc ».

Ce jour arrive.  Quand le Nouveau Doc me regarde attentivement pour noter mes caractéristiques physiques (taille, poids, couleur des yeux, des cheveux, du teint, rhésus), on comprend que finalement, la FIV DO est dans les cartons.

Dans un premier temps, pour que la commission du CECOS examine notre demande, nous devons actualiser nos bilans sanguins, rencontrer le psychologue (je crois qu’à force, on aura fait tous les services psy en lien avec le désir de parentalité ) et connaitre l’état de l’endométriose par une IRM pelvienne. C’est avec une certaine fierté, qu’ avec un petit argumentaire, j’échappe à une nouvelle hystéroscopie. Cet examen me fait un mal de chien!

On est de suite plongé dans la dynamique. J’essaie le traitement de préparation d’endomètre à partir de J21. Je regarde l’appli de mon Smart Phone pour savoir où j’en suis dans mon cycle. Je suis vraiment loin de tout ça. 
Le spray Synarel redevient donc mon compagnon matin et soir. Une pulvérisation dans la narine droite le matin et une dans la narine gauche le soir, toutes les 12 heures. Pourquoi changer de narine, je ne sais pas!

Ce qui est primordial c’est la  préservation de ma santé. Sans piqûre ni stimulation ( il n’y a pas besoin que je sois féconde, mes gamètes ne rentrent pas dans cette équation de vie), il n’y a pas de risque d’enflammer mon endométriose. 

En sortant du rendez-vous je me dit : C’est fait, la page d’un enfant génétiquement mien est belle et bien tournée.

J’ai quand même l’impression de « trahir » cet enfant pupille qui peut nous être attribué dans quelques années. J’ai été sincère et authentique dans notre projet d’adoption en parlant du deuil de l’enfant biologique.

Après quelques heures, je trouve que cet effet de surprise que nous vivons ressemble à celui de l’arrivée d’une grossesse naturelle en cours de démarche d’adoption. La FIV DO est un détour inattendu en cours de parcours d’adoption. C’est un chemin différent vers la parentalité, ni mieux, ni moins bien, juste différent.

Je n’ai pas spécialement envie d’être enceinte mais si je le suis, je serai très heureuse, j’en suis certaine.
Si je ne le suis pas, je sais qu’on sera parents d’ici quelques années et je serai très heureuse même si triste surement dans l’après coup, j’en suis certaine aussi.
   
J’avais entendu cette phrase « Entamer une procédure d aide médicale à la procréation, c’est pouvoir assumer un échec ». On est prêt à affronter cet échec de FIV avec don s’il existe. On sera parent de toutes les façons et ce sera chouette.