Les petites graines qui ne germent pas

Nous essuyons notre 11 ieme échec de pma. Notre dernier embryon s’est décongelé, à été transféré mais il n’a pas grandi au creux de moi. Comme les 10 précédents, il n’a pas trouvé une terre fertile pour s’implanter. Je ne suis sûrement pas de celles qui peuvent être enceinte et pourtant … Ce petit dernier je l’ai dorloté.

Cette fois après le transfert j’ai pris du spasfon dès qu’un tiraillement apparaissait histoire d’éviter les contractions de l’utérus. Comme indiqué par le centre fiv je n’ai fait aucune activité physique durant 4 jours. Pour changer des 8 autres tentatives, j’ai tenté l’aspect naturel en enrichissant mon alimentation en vitamines E (déjà présente dans mon protocole médicamenteux). Huile d’avocat, de colza, sardines, graines de tournesol ont été mes alliées depuis un mois et demie. Ma chasse aux perturbateurs endocriniens est désormais un mode de vie tant dans les cosmétiques que dans mon jardin en permaculture et pourtant … La dernière graine ne s’est pas pour autant accrochée.

Niveau médication, mon protocole contenait 15 médicaments en lien avec le protocole Matricelab qui en 2013 révélait qu’au naturel, mon utérus avait une possible action toxique et de rejet lié une sur activité immunitaire. J’ai englouti beaucoup de progestérone, des anti-oxydants, de la cortisone, de l’acide folique, des œstrogènes et de l’aspirine. Pour tenter le tout pour le tout, j’ai respecté des prises à heures régulières. A 7h30, 13h et 19h30,  « l’alarme clairon » de mon téléphone nous mettait l’ambiance et pourtant … Niveau fertilité, je suis un peu un arbre sans fruit (nom du titre d’un documentaire sur l’infertilité en Afrique).

J’ai fait (et nous avons fait) plein de choses pour tenter que je sois enceinte : des fiv, des fiv avec don d’ovocytes, des transferts ensuite sous protocole personnalisé matricelab, de l’ostéopathie par voie interne et externe, plein de visualisations, de moments de méditation. J’ai essayé de vivre normalement, d’oublier l’enjeu ou bien de m’investir en parlant à l’embryon, en programmant la date de ma première échographie, et pourtant … Aucune deuxième ligne n’est jamais apparu sur un test de grossesse.

Dans les décisions les plus impactantes, je me suis faite opérer de l’endometriose il y a quelque mois et pourtant …

Les petites graines ne germent pas. 

Je suis plutôt habituée à ces résultats négatifs mais tout de même l’ accumulation chiffrée est là. 9 transferts, 11 embryons de 2 ou 3 jours implantés et aucune accroche. Pour relayer les infos sur les ratios réussite /échec, nous sommes ce couple sur 4 qui sort de la pma sans enfant. Jeudi, j’étais un peu triste de ce deuxième enfant qui n’arrivera sûrement (ou peut être ) jamais. Pour faire passer la pilule, j’ai tout cuisiné à base d’alcool. Le Man’ a dit on va pas prendre le champagne (sous entendu pour fêter ça). J’ai répondu « Si justement, j’ai plus besoin de faire attention, mais on se fait plutôt des mojitos ». Vendredi, j’y pensais encore mais en regardant les deux hommes de ma maison je me disais que notre bonheur était déjà là avec un quotidien bien heureux. Samedi, j’ai découvert que j’avais pris 3 kg en un mois et demie de prise de médicament. Mon ventre ressemble à une bonbonne en verre soufflé! Boostée par les hormones, les kilos ou peut être la rétention d’eau se sont fait plaisir. Du coup, je me suis demandée si j’allais encore poursuivre ou pas la pma. Une deuxième fiv avec don pourrait se faire mais cette fois il faut ouvrir son porte monnaie car nous avons bénéficié (en 10 ans) des 4 Fiv avec transferts remboursés par la sécurité sociale.  Faut-il croire que la prochaine tentative serait la bonne …

Si les petites grainent ne germent pas faut-il encore espérer qu’un fruit pousse un jour?

FIV DO en France avec protocole matricelab, rétrospective de la tentative …

Je ne vais pas vous faire une ellipse de ce moment. Cette tentative a été très différente des autres, assez zen, car il n’y avait plus en moi cette nécessité d’être enceinte, de vivre une grossesse pour devenir maman. 
Le début n’a pas été sous les meilleurs auspices. Psychologiquement nous faisions face à une annonce très dure pour l’une de nos plus proches. Physiquement le Man est arrivé à son jour « J », malade et fiévreux. Nous faisions « drap à part » depuis quelques jours pour éviter la contagion et mettre toutes les chances de notre côté.
Face aux circonstances, j’ai utilisé mes bases de yoga pour me détendre, me recentrer, et soulager la douleur des piqûres d’anticoagulant. Pour le petit clin d’œil, j’ai participé à des cours de yoga prénatal C’est instinctivement que j’ai eu envie dès mon réveil, le jour supposé du transfert d’embryon, de faire quelques postures pour préparer mon corps.

Nous avons stressés 5 minutes avant de savoir si nous avions des embryons, au lieu des 48 heures habituelles de cogitage intensif post ponction. Je crois que l’investissement psychique d’une tentative est pour moi corrélé aux douleurs des traitements. Nous savions que 6 ovocytes vitrifiés nous étaient destinés.
La biologiste a été émouvante quand elle nous a dit : « On est très content, on a obtenu 5 embryons qui ont deux jours. On les a filmés toute la nuit, on les a regardés et on ne leur a trouvé aucun défaut, . Ils sont parfaits. Vous avez toutes les chances de votre côté ». 
Deux embryons ont donc pris place, dans une salle emplie de musique relaxante agrémentée de chants d’oiseaux. On se serait cru chez « Nature et Découverte ».  On a été bluffé de toute cette douceur apportée dans un CHU. Durant quelques minutes je me suis laissée aller à mon imagination, me demandant ce qu’ils mettaient en place lors des accouchements. C’était mignon. 
Durant la période post transfert, j’ai couvé au mieux ces débuts de vie. C’est sûr qu’une fois qu’ils sont installés, on a envie de les garder et d’en prendre soin. Je me suis appliquée à respecter les conseils d’hygiène et de vie pour les femmes enceintes limitant les arachides pour le risque d’allergie, troquant l’alcool par un sirop de grenadine (là c’était quand même le minimum). 
J’ai voulu gérer moi-même les soins mais très rapidement je me suis mal piquée avec l’anticoagulant, créant un hématome important. Laissant à chacun son métier, j’ai trouvé réconfort et expérience auprès d’un infirmier qui chaque soir a pris le relais. Au bout de 15 jours, en le disant poétiquement, mon ventre créait des océans (il était douloureux, avec une dizaine de bleus de différentes tailles).

Le test de grossesse s’est révélé négatif. Bon, c’est bien parce que le supermarché à coté de chez moi vendait des test à 0,89 cents, que j’en ai fait deux, J’avais étudié le dosage des ui à J13 post transfert et j’avais vite compris que le ventre rond n’était pas pour cette fois. Il y a juste eu de la déception durant un jour. Du côté du physique par contre, j’ai été remuée. Mon corps a été soumis à rude épreuve.

Le résultat négatif a signé l‘arrêt de tout mon protocole médicamenteux qui devait durer encore deux mois en cas de grossesse! J’ai enchaîné rapidement malaises, vertiges, jambes en coton et un peu d’hypertension. C’était un effet de sevrage auquel je n’avais pas été sensibilisée. En comptabilisant, avec 10 médicaments par jour pour préparer l’endomètre et 16 médicaments ensuite pour favoriser la nidation, j’ai réalisé que j’avais absorbé 390 médicaments en un mois et tout arrêté brutalement .
Le deuxième effet « indésirable » a été un système immunitaire perturbé, boosté un dans un premier temps avec de la cortisone, des vitamines, puis sujet dès leur arrêt au premier virus. Là, c’était une bonne angine.
Le troisième effet « plus qu’indésirable » a été l’une des pires crises d’endométriose au retour de mon cycle. Mes antalgiques si efficaces depuis toujours, n’ont pas réussi à agir. A bout de force, j’ai appelé le médecin de garde en pleine nuit. Je m’en rappellerais de cette piqûre en intramusculaire à 5 heures du matin et du soulagement progressif de la douleur au bout de trois jours.

Peu de temps après ma reprise du travail, nous avons reçu une lettre personnalisée de la part du mèdecin référent de notre FIV DO nous précisant que le CHU était à notre écoute si nous en éprouvions le besoin. Nous étions invités à penser dans les mois à venir au transfert de nos embryons restants.
A la lecture de ces lignes attentionnées, le cri du cœur est sorti :  » J’ai été sur les rotules ces derniers jours, je me remets juste, c’est hors de question de recommencer tout ça.  Sans moi ». Le soir même de la crise mémorable d’endométriose, j’avais repris illico presto la pilule pour ne pas connaître un nouvel épisode de la maladie.

La porte de la FIV avec don d’ovocyte est toujours entrouverte. Nous allons nous consacrer à notre bébé par adoption mais pourrions retenter un transfert d’embryon congelé en 2017 ou 2018 après nous être découverts et liés d’attachement déjà à 3. Je n’oublie pas le geste qu’une femme a fait pour nous. Par contre, le traitement sera allégé. Il est hors de question que je suive le protocole matricelab, même s’il a pour objet de corriger l’immunité de mon utérus. Cette tentative infructueuse a été trop éreintante.

FIV avec Don D’ovocytes en France : le jour de l’Appel

Il y a quelques semaines ….
Le financement de ma demande de formation universitaire a été acceptée. Au regard du délai d’attente qui s’est raccourci, pour l’arrivée de notre bébé pupille, j’informe ma DRH d’une demande de report expliquant que 2016 semble l’année possible de ma maternité adoptive. Je reçois un mail plein d’enthousiasme et de joie à notre égard. La référente RH me dit quelle est « heureuse pour nous après tant d’années et m’envoie ses félicitations ». Je suis très émue, « félicitations » est un mot si fort pour moi! Ce message me fait sentir que mon bébé adopté arrive. J »en ai les larmes aux yeux.
Je suis en salle d’entretien, avec des murs épais comme des feuilles de papier à cigarettes. Mes collègues sont à côté. Mon rendez-vous est annulé et mon téléphone portable sonne avec affichage d’un appel entrant du CHU.

« Bonjour c’est le docteur du CHU, je vous appelle car nous avons une donneuse pour vous ». 

J’ai du répondre « Ha oui » , façon très sobre.

C’est si soudain quand ça arrive! C’est un appel auquel on ne s’attend pas forcément et autant dire que je n’étais pas dans les conditions de concentration optimales.  Je m’étais imaginée que si en septembre on n’avait pas de nouvelle du CHU, on leur dirait qu’on mettait la FIV avec Don en stand bye, puisque l’adoption allait se concrétiser….
Le Man’, la FIV avec don, c’est le projet de parentalité qui lui donne des étoiles dans les yeux. Moi, je suis plus ambivalente car ce deuil de l’enfant porté, je l’ai fait, je dirais dans ma chair…

La Doc du CHU a du sentir que je n’étais pas en état d’euphorie,(j’étais vraiment dans l’émotion du mail juste reçu) car elle a précisé :« Vous êtes toujours partante pour un don d’ovocyte »? J’ai dit  » Bien sûr ». Peut être que d’autres couples crient , remercient, manifestent autre chose!
Elle fait des calculs : « Alors vous commencez à telle date pour une FIV avec Don en juillet. » 

A l’époque des « FIV normales », j’avais pu penser décaler des vacances pour permettre des tentatives. Là, ça a été le contraire. Je lui ai dit que nous partions en voyage à l’étranger. J’étais un peu embêtée, mais je trouve que c’est important de se ressourcer en dehors du travail surtout avec des frais de location engagés. Quand on compte le désir de parentalité en années, on n’est plus à 3 mois près.

Suite de la conversation :  » Mince alors, attendez, on va voir comment on peut faire ». 

Je me dis qu’on va passer notre tour et je suis honteusement, un peu soulagée. Actuellement, suite à la réunion avec le service adoption, je me suis énormément projetée sur l’arrivée d’un bébé pupille. Je compare les types de poussettes sans nécessité de nacelle, j’ai mis de côté les habits de moins de 3 mois que l’on m’a donnés. Ce bébé dans mon ventre, il est hypothétique et pour le moment, je crois que je ne peux l’imaginer. Je sais que plein de couples feraient une danse de la joie s’ils vivaient cet instant de l’Appel. Pour moi, le temps parfois ne paraît plus aussi long quand l’arrivée d’un enfant approche

Nous calons les dates pour le protocole médicamenteux qui inclut les recommandations du Laboratoire Matricelab suite aux résultats de ma biopsie de l’endomètre. J’ai réussi à ne pas dire ou répéter le mot « règles » dans mon bureau de travail avec les collègues à côté ce qui a été un exercice de jonglage verbal ! 

J’appelle le Man’ après avoir raccroché avec le CHU. Je suis toute retournée, un peu perdue. J’ai besoin de l’entendre. . Il était super content. A sa voix, c’était une évidence . Je crois qu’il ne croyait pas que cette FIV avec Don serait possible. C’est vrai, on est toujours dans l’expectative dans ces parcours si longs pour devenir parents et d’un coup, un appel change tout ce qu’on avait pu imaginer.

Le Man’ sait trouver les mots : « Ce que nous allons vivre ne sera que du bonheur après les souffrances que nous avons endurées à travers nos 6 échecs de FIV » .
Deux possibilités s’offrent à nous pour devenir parents, c’est vrai, c’est quand même génial, mais il me faut quelques heures pour l’entendre. Dans les jours suivants, je le réalise. Oui, nous sommes chanceux de voir se réaliser cette FIV avec Don D’ovocyte. Trois ans et demie après un article que j’avais intitulé « Un demie coup de massue », le don d’ovocyte devient réel grâce à la solidarité d’autres couples. 

Je devrais passer une fin d’été en mode « pile électrique » vu ce que je vais ingurgiter pour réguler les problèmes immunitaires de mon utérus. Avec le protocole matricelab et notamment la prise de cortisone, les mots « sommeil », « sel » et « sucre » ne vont plus faire partie de mon quotidien. 

Si je suis enceinte et donne naissance à ce bébé, la roue tournera, le Man’ sera surement donneur à son tour (à moins que l’on change d’idées mais ça m’étonnerait). Les hommes peuvent être donneurs jusqu’à 45 ans.

Nous nous préparons à l’arrivée d’un bébé, d’un enfant, finalement peu importe la façon. Nous sommes ouverts à la vie, en route vers le Bonheur en 2016. On aura attendu mais alors concrétisation de l’adoption ou de la FIV avec Don d’ovocyte et maison, tout cela va arriver quasiment simultanément.

J’me voyais déjà en haut de la liste

« Je me voyais déjà, en haut de la liste

Pour une FIV avec don d’ovocyte, on espère avant cet été

Nous avons vu la biologiste

Qui nous a confirmé cette possibilité peut être quelques temps après juillet


Nous sommes optimistes 

Bientôt notre téléphone va sonner.

Depuis 3 ans et demie notre démarche a été engagée

Avec des dons d’ami(e)s qui nous ont aidés

A raccourcir tous les délais. »

(Vous pouvez pousser la chansonnette à la façon de la chanson d’Aznavour) car c’est avec de petites étoiles dans les yeux que nous poursuivons nos rendez-vous au CHU.

Pour éviter le stress le jour de la FIV avec Don d’ovocyte, les paillettes de mon Man’ ont été congelées. On n’a pas eu connaissance de la qualité du « recueil ».

Avant l’Appel qui nous dira « Nous avons une donneuse, vous commencez votre traitement de préparation pour un transfert », nous avons un troisième rendez-vous avec le psychologue du CHU et un avec la médecin référente de notre dossier, pour, j’imagine, prescrire mon traitement.

Je vais insister pour obtenir l’ordonnance du protocole matricelab testé et approuvé par mon corps il y a un an et demie.

Il faut être motivé pour cette FIV avec don d’ovocyte car si on récapitule, nous arrivons en haut de la liste des couples en attente (sur deux ans et demie de procédure active) grâce à 2 donneurs et après :
– 3 rendez-vous avec un psychologue, idem avec le médecin référent
– 1 rendez-vous avec un biologiste
– Multiples examens gynéco et prises de sang
– Un traitement d’essai pour l’endomètre sur un mois (mais sans stimulation des ovaires)
– Des démarches auprès du Juge aux Affaires Familiales

On a de la chance qu’aujourd’hui cette possibilité existe au sein de notre département. En Région Parisienne, les délais d’attente peuvent être supérieurs à 5 ans ….

On le sait, la réussite n’est pas assurée. On verra si les petites étoiles dans les yeux peuvent s’agrandir en 2015.

Retour de la biopsie de l’endomètre (uterus) , deuxième

Il va falloir reprendre le fil du blog car je n’ai pas écrit depuis longtemps….
Début 2013, les résultats de la première biopsie de l’endomètre indiquaient clairement un terrain hostile pour déposer des embryons mais un protocole expérimental pour rendre mon utérus plus réceptif immunitairement.

Ce protocole était à tester ou à essayer sur la prochaine FIV. Nous avons choisi d’avancer à petits pas en choisissant la voie de l’assurance et donc du test, histoire de rien regretter,  même si cela a un coût que nous assumons en connaissance de cause.
Mon problème était je cite  : « une activation immunitaire excessive aggravée par des cellules utérines hyper active créant une activité locale trop intense pouvant participer aux échecs d’implantation ». Il était dit que cela pouvait dès lors avoir une « action toxique et de rejet envers des embryons ».
Bref, il ressort qu’après avoir  :
Commencé à J22 à :
– Ingurgiter des cachets de cortisone le matin (20 mg)
ce qui impliquait un régime limitant sel et sucre. Hum la viande rouge ou les féculents sans sel.
– Pulvériser des gouttes de Synarel dans une seule narine le matin et le soir à heure fixe
Ajouté à compter de J2 du cycle d’après :
– Du provames (petits cachets ronds) 3 fois par jour
Eu un contrôle échographique avec dopller au centre FIV à J10 pour poursuivre avec :
– une piqure de Lovenox faite par l’infirmière que je suis devenue (le soir)
– et (bonheur) 6, je dis bien 6 ovules de Progestan (soit 2ovules trois fois par jour)
Passé une nouvelle biopsie
avec un Doc du centre FIV , pas au courant de notre situation, qui m’a reçue comme un numéro ou un dossier avec 1h30 de retard en ne gérant même pas le récapitulatif à envoyer à Paris (que j’ai donc rédigé moi- même alors que je devais reprendre mon travail).
nous avons eu la joie (heu là, j’ai l’impression de rédiger un faire part) d’apprendre que le protocole corrigeait ma réceptivité utérine. 
Mon utérus, cet endroit de mon corps qui me fait jusqu’alors souffrir est apparu au moins momentanément, sur un mois, un lieu d’activation immunitaire normale en fenêtre d’implantation embryonnaire.

C’est un problème qui a donc trouvé sa solution après, reste à savoir si cela permettra de contribuer à une grossesse biologique un jour. Pour le moment, le monde de la PMA est en pause et peut être pour un long moment.

Et moi, il faut quand même que je fasse le frottis du dépistage du cancer du col de l’utérus car ça, c’est pas en PMA qu’on s’en occupe. Ô joie, je vais faire un tour chez mon gynéco dont la spécialité est l’obstétrique!

Edit d’Avril 2014 : 
Pour moi cet examen a été beaucoup moins douloureux que les hystérosalpingographie ou hystérosonographie ou encore ma cautérisation de l’uterus.
Je n’ai pris aucun médicament, ni avant, ni après et j’ai eu quelques contractions utérines, comme lorsque on a un frottis mais c’est allé vite.
Bon, au cas où, ma maman m’avait accompagnée pour que je ne fasse pas le trajet en voiture.
Mais rapidement il m’a fallu retrouver mon poste de travail.
Ni vu ni connu, la petite pause entre midi et deux, je l’ai consacré à la biopsie pour Matricelab.

Pistes de compréhension des échecs de FIV : retour de la biopsie de l’endomètre

Enfin une explication des échecs de FIV. Jusqu’alors on savait que l’endométriose avait gêné la production des ovocytes lors de certaines stimulations de fiv. On a trouvé le moyen de la combattre grâce à plusieurs mois de ménopause artificielle avant chaque nouvelle tentative.
Ensuite il a été supposé que les embryons n’étaient pas de si bonne qualité puisqu’ils ne s’implantaient pas, rien n’ayant démontré le contraire.
Et pourtant, en cherchant ailleurs, dans des pistes scientifiques peu explorées, on est désormais sûrs grâce à la biopsie de mon endomètre, faite en période d’implantation d’un embryon (soit 6 à 9 jours après l’ovulation) que des problèmes immunitaires existent. Ils peuvent expliquer à eux seuls les échecs de nidation des embryons.
Merci à la recherche de se pencher sur de nouvelles pistes pour les couples suivis en pma (pour la somme non remboursée de 389 €, la recherche étant encore expérimentale). Au moins, cela permet de mieux comprendre. Je peux avec de tels résultats d’examen, considérer mon infertilité comme une maladie et non comme quelque chose lié à la psychologie ,à  un blocage ou autre. C’est vrai qu’après plusieurs traitements et échecs, la cause psychologique on se questionne dessus. Allez hop, je vais essayer d’oublier toutes ces pensées négatives et inconsciemment culpabilisantes.
Alors, pour en revenir à mon état d’endomètre il a, je cite, une » activation immunitaire excessive aggravée par des cellules utérines (je vous passe leurs noms) hyper actives. Ceci créé une activité locale trop intense et peut participer aux échecs d’implantation ».
En regardant les taux testés et les normes, je suis toujours au dessus des indices mais, au moins je me suis dit que tout allait dans l’excès, signe d’une certaine homogénéité non?
L’avantage même si elle est expérimentale encore, c’est qu’une stratégie médicamenteuse est préconisée. Nous restons la tête froide, rien n’est gagné mais nous avons pu trouver plusieurs problèmes immunitaires et maintenant nous allons tenter de les traiter.
Alors d’après vous, combien de médicaments pour améliorer mon futur nid à embryons? Pas de suspens : une petite dizaine!  J’ai rigolé en voyant qu’il y avait 14 lignes d’explication sur la posologie à suivre. Alors il faut quand même modérer mes propos, ils ne sont pas tous à prendre en même temps! Mais il est possible que certains soient à heure fixe quand même et plusieurs fois par jour, ça c’est sûr.
Heu première idée qui m’est venue à l’esprit : « y’a du boulot, on n’est pas sorti de l’auberge »
Deuxième idée : « il va vraiment falloir être organisés et envisager un tableau croisé avec le nom des médicaments et moment d’administration »
Troisième idée : « Ça va être de nouveau un sacré investissement il falloir trouver l’énergie pour espérer encore un enfant biologique ».

En pause

Ça a peut être un côté rassurant d’être suivi en PMA. On enchaîne les tests, les traitements, et tous les 3 ou 4 mois, hop, on rebondit sur de nouveaux protocoles ou stimulations hormonale liés à une tentative de FIV ou de TEC.

Là, nous faisons le choix de différer dans le temps, examens et tentatives, pour nous aérer avec nos proches  ou partir en voyage, sans nous soucier de mon cycle menstruel. De plus, après avoir échangé avec une collègue du Grand Doc, on a décidé de consulter un Grand Professeur dans une autre région. Ce sera un deuxième avis après celui-ci. J’espère que cette fois nous n’en ressortirons pas avec un coup de massue. J’espère au contraire un coup d’audace.

Alors que le deuxième avis avait été sollicité en off, cette fois nous avons saisi les suggestions de la collègue du Grand Doc. Elle nous a indiqué qu’elle pouvait nous faire une lettre de recommandation, on joue donc en toute transparence. Elle nous avait parlé de deux endroits en France et un en Espagne.L’ idée de l’Espagne a été mise de côté. Nous avons préféré le sandwich jambon beurre parisien aux tapas de Valence. Nous n’avons pas fait de choix en nous basant sur le climat, Valence aurait gagné. Nous avons la chance d’avoir encore une possibilité de FIV remboursable, une bonne mutuelle et le Grand Professeur nous a été de multiples fois recommandés.

Comme depuis un an, nous sommes acteurs de notre parcours, nous avons pris le temps de la réflexion  Ce n’était pas un choix cornélien. Pour une dernière tentative avec nos gamètes, autant aller dans un centre que je qualifierais de pointe, avec un Grand Professeur informé des recherches scientifiques et familier des couples aux situations complexes.

Par contre la contrepartie à essayer de gérer, c’est l’attente et les mois qui s’égrainent. Je n’y suis pas habituée et cela me déstabilise de façon cyclique. Notre escapade à Paris sera pour mai. Cela laisse à penser qu’il n’y aura pas de nouvelle tentative avant cet été.
Nous pensons aussi suspendre la PMA pour nous consacrer à la démarche d’adoption une fois les entretiens des services sociaux débutés donc cela repousse encore plus loin…

La pause est longue mais nous l’espérons profitable à moyen terme.

La biopsie attendra mars

Comment réussir à trouver son ovulation?
Vous me direz facile, on se munie des test couplés à la prise de température le matin à la même heure et le tour est joué.
Hé bien ça, c’était la théorie. A J25, il m’a semblé avoir vu deux fois les deux barres signifiant que les tests d’ovulation étaient positifs mais la courbe de température elle, n’a pas suivie. Le 36,5°C ou 36,6°C est là depuis plus d’une semaine après, donc j’en déduis que mon corps est un peu perdu et déglingué. C’est normal je n’ai eu que 2 cycles naturels en 2012 (le reste du temps c’était ménopause artificielle ou stimulation).
La biopsie devait se faire 6 à 9 jours après l’ovulation. A J25, date supposée de celle-ci d’après les tests, j’étais super contente, depuis 10 jours que je guettais les couleurs de mes petites bandelettes! La température ne confirmant rien, je me suis retrouvée perdue assez rapidement.
Sachant que le test matricelab coûte plus de 300€
Sachant qu’il doit être à un moment précis
Sachant que la biopsie est un peu douloureuse 
J’ai décidé de ne pas avoir mal pour rien sachant que n’étais pas sûre de la supposée date d’ovulation et donc de la période de la « fenêtre de nidation ».
C’est contente que je pars en vacances au ski comme prévu, sans repousser d’un jour.
J’avais envie de légèreté, simplicité, c’est ce que je vais trouver.
Au revoir bandelettes, thermomètre, biopsie
Bienvenue skis, bonnet et détente.

Un "vieux tacot" mais souriant

Parfois, de façon cyclique, j’ai l’impression d’être « un vieux tacot ». 

Mon corps est un peu rouillé, il ne fonctionne pas bien,. Il est clair que que je  n’ai pas tiré la carte « fertilité » après le mariage. Les protocoles de stimulation permettent maintenant qu’il arrive à faire des ovules de bonne qualité …… mais peu, qui donnent de beaux embryons…. mais qui ne tiennent pas (ou pas encore). Je me rends bien compte que cela est un moindre mal par rapport à des femmes de mon âge qui vivent des moments hautement plus difficiles mais ça n’est pas simple de faire le deuil d’une grossesse. 

Dans les phases de ce processus je dois être entre la résignation et l’acceptation et de temps en temps encore dans la tristesse.

J’ai de façon cyclique une image assez négative de mon corps, de ses capacités.  La consultation en vue de matricelab et de la biopsie de l’endométre m’a appris qu’en plus d’être rétroversé, mon utérus était rétrofléchi c’est à dire replié sur lui-même un peu comme la forme du « C ». Ça m’a fait l’effet d’un endroit un peu hostile, peu accessible à la vie. 

J’essaie de m’enlever cette idée puisque je continue l’osthéopathie, que la gynéco et l’osthéo sont d’accord sur une mobilité retrouvée de cette partie de mon corps. J’y crois, j’y crois aussi en une vie possible en moi. J’ y crois au graal de la grossesse naturelle mais au fur et à mesure, je construis un autre projet d’avenir pour notre couple à travers l’adoption. Ce projet n’est pas par défaut, il prend du sens au fil des jours. Si je fais du lien, il est possible que la vision négative de mon corps me permette de mieux me détacher de l’idée d’être enceinte.

Des tests avant d’ imaginer une FIV 7

L’échec de la dernière FIV a produit un abattement dans les premiers jours.

Nous attaquerons, oui, on y est, notre dernière FIV peut être en 2013. Face à une possible fin de parcours en PMA, les phrases toutes faites ou pseudos réconfortantes du style « c’était pas le bon embryon » ou « il en suffit d’un » ou encore « on fera mieux la prochaine fois en changeant … » ne sont plus suffisantes.

Comme nous nous engageons sur un parcours long d’accès à la parentalité, il nous est apparu indispensable de reprendre un peu notre histoire d’infertilité et de faire une sorte de discussion à « bâton rompu » ou « brainstorming » sur les chemins et approches possibles en PMA.

Dans les jours post échecs, j’ai eu envie d’un second souffle, d’une autre approche, d’une autre vision. Se retrouver dans le bureau du Grand Doc trois ans quasiment après et sans enfant en voie de conception, c’est un constat qui m’était difficile. Finalement après une semaine et demie, j’ai retrouvé cette envie d’aller de l’avant et nous sommes allés au RDV avec le Grand Doc avec plusieurs demandes : savoir si on pouvait comprendre les échecs d’implantation et ensuite être informés des techniques encore possible de pma. 
C’est vrai, une 7ieme FIV avec déjà 6 protocoles différents, c’est à se demander si la PMA peut encore nous apporter quelque chose de nouveau.

Concernant les tests, j’ai sortie la liste de ceux effectués par une clinique barcelonaises lorsqu’il y a des échecs d’implantation (information issue d’Internet). Le Grand Doc n’a pas été étonné de cela. J’étais rassurée de cet accueil car pas très à l’aise quand même avec ma petite feuille de recommandations qui auraient pu être perçue comme « je vous apprends votre métier ». 

En y regardant bien, il nous reste (seulement) à explorer la piste de cellules attaquant les embryons. La technique pour les connaisseuses s’appelle une biopsie de l’endomètre (le laboratoire parisien s’en occupant est MATRICELAB, elle en est encore à sa phase d’expérimentation. Le Grand Doc n’était pas forcément chaud car une fois le problème identifié il n’y a pas encore assez de recul scientifique pour savoir si les recommandations sont fiables et permettent aux femmes de porter des embryons. 

Honnêtement, pour nous, savoir s’il y a des causes utérines à l’échec de la nidification est très important donc pour 340 euros non remboursés par la sécurité sociale, nous avons donner notre aval à cet examen. Il faut bien des pionniers même en PMA et si on se projette sur le don d’ovocyte cette information nous est essentielle. 

Nous avons demandés ensuite si les petits soldats du Man pouvait être passés au peigne très fin et ainsi faire des TESTS PRE IMSI. Actuellement nous faisons des FIV ICSI c’est à dire avec une injection dans l’ovule, d’un spermatozoide choisi par le laboratoire. Ce choix de spermatozoïde se fait via un microscope. L’IMSI permet d’utiliser un microscope encore plus puissant de façon à détecter des anomalies non visibles autrement.

Pour le Grand Doc la réponse est non, le laboratoire n’ayant pas fait cette recommandation car nos embryons ne sont pas fragmentés. Que voulez vous, nous avons des embryons qui n’ont rien de particulier. J’avoue que j’étais déçue… Beaucoup même car je me disais que cela valait le coût de vraiment tout vérifier… Des copinautes m’ont dit que seules les IMSI avaient détecté un souci du côté de leur mari.

C’est une sensation bizarre de se dire de nouveau que la PMA avec nos gamètes sera peut être bientôt finie pour nous. Ce que nous ne voulons pas c’est avoir des regrets alors si certaines ont des retours d’expériences sur ces deux examens j’avoue que je suis preneuse. Si l’IMSI vous a été proposée malgré de beaux embryons je pourrais peut être en reparler au Grand Doc.